DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ XXV
dèrent rapparitîon de cet ouvrage ; il ne fut publié qu'en 1851, deux ans après la lecture S et ce fut certes la première des raisons qui décidèrent Rouge à ne pas pousser plus loin l'étude du document. La seconde fait grand honneur à sa sagacité et elle montre à quel degré de sûreté il en était parvenu dans les questions de déchiffrement. Deux des colonnes d'hiéroglyphes qu'il lisait au milieu de l'inscription ne se raccordaient pas, et il lui semblait bien qu'il manquait quelque chose entre elles, mais aucune des copies disponibles n'indiquait de lacune en cet endroit : il n'osa pas déclarer publiquement ce dont il était convaincu, qu'il y avait là un oubli soit du graveur ancien, soit du copiste moderne, et il interrompit son travail. C'est en 1864 seulement que, visitant enfin le tombeau de Pahiri, il constata que « la colonne » placée à la suite de celle à laquelle il avait dû arrêter sa » traduction avait bien été tracée sur la muraille, mais était » restée vide et non ciselée par le graveur' ». Les trois autres mémoires n'eurent pas à souffrir des mômes retards ni des mêmes mésaventures : la Revue archéologique accorda son hospitalité à deux d'entre eux, une Lettre à M. Leemans, directeur du Musée d'Antiquités des Pays-Bas, sur une stèle égyptienne de ce Musée*, et un Examen de l ouvrage de M. Lepsius, intitulé Introduction à la Chronologie des Égyptiens*. Dans la lettre àLeemans, Rougé, utilisant une stèle du Musée de Leyde, prouvait que les rois nommés Antouf et Mentouhotep avaient précédé la XII* dynastie, et que, par conséquent, il fallait les ranger dans cette XI® dynastie dont Manéthon nous fournissait la durée totale sans y adjoindre le détail des souverains qui la composaient ;