‹ Œuvres diversesChapitre 122 sur 218 · Annales de VlnstUut archéologique · texte numérisé non relu

Annales de VlnstUut archéologique

44 EXAMEN DE l'oUVRAGE

Tableau de l'ancien alphabet égyptien comparé à l'alphabet

hébreu et copte^

Égyptien

ou ^ f] a

CH ® n F>, j6

{dur)

scH ^ w ng, ig

1. Les Annales ont déjà publié deux alphabets égyptiens : 1' celai que ChampoUion inséra dans son Précis du système hiéroglyphique (voir notre tome II, p. 430), et celui que M. Champollion-Figeac a publié dans son Histoire de VÊgypte (voir notre tome I, p. 299, 3' série).

Hébreu

Copte

Ot, oip

fi

Ces caractères seuls, d'après M. de Bunsen, auraient été employés dans le plus ancien style comme de simples lettres ; tous les autres caractères employés alphabétiquement dans les époques postérieures auraient dû avoir une valeur idéale ou syllabique. Nous avons ajouté à l'alphabet primitif égyptien de M. de Bunsen les articulations correspondantes dans les alphabets copte et hébreu.

Ce tableau fournirait matière à de nombreuses observations. Et d'abord, cette division, assez séduisante en ce qu'elle réduirait de beaucoup le nombre des signes alphabétiques, peut bien être acceptée comme faisant connaître les signes les plus usités, mais non pas certainement comme une règle absolue de Técriture antique ; les exceptions seraient trop nombreuses. M. de Bunsen n'admet, comme on le voit, que quinze articulations distinctes. Ce système ne pourrait avoir une grande valeur que s'il résultait de l'étude complète des racines et des caractères employés habituellement comme homophones. Il nous a paru, au contraire, découler de principes généraux qui peuvent être utiles, quand on veut rechercher les phénomènes qui ont présidé à la formation des langues, mais qui doivent céder la place aux faits, lorsqu'il s'agit de déterminer les articulations dont se composait une langue arrivée à un certain degré de son développement, et telle qu'elle nous est parvenue. N'est-il pas bien prématuré, par exemple, d'affirmer qu'une seule articulation a toujours correspondu à toutes les voyelles vagues, lorsqu'on sait déjà que V aigle initial répond souvent à une aspiration plus prononcée? La division absolue des sons voyelles en a, t, om, est une supposition du même genre : c'est un fait incontestable que l'écriture sacrée s'écrivait aux temps historiques avec des voyelles vagues, et l'on ne voit pas trop comment, avec son immobilité de langue sacrée, une pareille innovation aurait pu s'y intro-

46 EXAMEN DE l'OUVRAGE

duîre. Nous croyons pouvoir signaler une lacune encore plus importante :

On remarque que les lettres copte « et ^ sont confondues avec d'autres articulations ; ces deux lettres correspondent ordinairement dans les mots au même élément, « pour le dialecte memphitique et <^ dans le dialecte thébain.

M. Schwartze, qui a publié un travail très étendu sur les affinités de la langue copte \ a joint à l'ouvrage de M. de Bunsen un appendice très remarquable, où il prouve d'une manière très satisfaisante que ces deux lettres sont dans la langue copte le produit de l'altération des deux consonnes primitives k et t, ou plutôt d'une articulation voisine du t et de Vs. Les hiéroglyphes prouvent cette double affinité, car, d'une part, dans une quantité de racines coptes, les lettres « et ^ correspondent aux lettres z et '^izp*

k des hiéroglyphes, et, de l'autre, le caractère ^^ , qui

répond toujours au oi dans les mots égyptiens, a la valeur de la lettre t dans les noms propres étrangers : mais il ne s'ensuit pas que l'ancienne articulation qui correspondait au I fût exactement un t, comme le veut M. de Bunsen.

Il est à remarquer que toutes les langues sémitiques possèdent des consonnes qui répondent aux sons t eA» d plus ou moins intenses ou nuancés par l'articulation sifflante ; en hébreu, à côté du d et du n, nous trouvons le t ^ et le

ac ts. La langue arabe nous offre le 3 - et le i analogue au th anglais et puis encore cinq autres nuances distinctes i;, J^, j,^ ^, •!». Il ne parait pas probable que l'idiome égyptien, qp^ * *^^* d'analogies grammaticales avec la souche séiïiî*^^^^' ®° ^^* ^*^ complètement privé ; le nom de la ville de Ta^^îs semble en offrir la preuve. Le nom copte est ««.tii, Tjani. Les Grecs ont rendu la première consonne par un t, ne pouvant en approcher davantage. Les Juifs, au

Page 1