DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ XXVU
dans d'autres articles, qui, malheureusement, ne parurent jamais. Dans celui-ci, il appuyait surtout sur les mérites incontestables de l'auteur, sur sa connaissance approfondie des sources classiques et égyptiennes, sur la restitution qu'il avait tentée du tableau des décans et sur l'explication qu'il apportait du rôle de ces personnages, sur les planètes du ciel égyptien. Il eût été difficile de mieux faire ressortir les qualités de l'œuvre dans le même temps qu'on en dévoilait les défauts.
L'article n'était pas imprimé complètement, que Lepsius eut l'occasion de marquer à l'auteur combien il appréciait sa courtoisie. Tout en rédigeant sa Notice des monuments conservés au Louvre', Rougé avait dû s'avouer souvent que la tâche lui aurait été moins lourde si les autres musées d*Europe lui avaient été familiers, et il avait demandé au Ministère de l'Intérieur une mission à l'effet d'explorer les collections publiques de Londres, de Leyde et de Berlin ; ses instructions lui commandaient de diriger principalement son attention sur tout ce qui pouvait lui servir à classer et à expliquer nos monuments égyptiens*. Il partit en septembre 1849, et il fut reçu partout comme il méritait de l'être. A Berlin, pourtant, il ne trouva point toutes les facilités de travail qu'il eût souhaité obtenir ; la rivalité qui existait entre Lepsius et le vieux Passalacqua, conservateur en titre, en fut la cause. Lepsius, qui l'avait d'abord accueilli chaleureusement, se refroidit à son égard, lorsqu'il le vit intime avec Passalacqua et avec Brugsch ; il ne put pas examiner les papyrus historiques qui étaient encore entre les mains de Lepsius*, mais, en revanche, le Musée lui fut largement ouvert, et Alexandre de Humboldt, le protecteur de Brugsch,