I1OO
41 ans.
Construction du temple.
21* dynastie (130 ans).
20* dynastie (178 ans).
Ranisès hik pen.
|ll486
Sortie d'Egypte.
Séthos, 4* année.
19» dynastie (i09 ans).
Naissance de Moyse.
Acherrès,10»an.(?).
Rex nocus. Persécution.
Successeur d'Hoirus.
Acherpès(?).
Mort de Joseph.
Aménotp 111,13* (?)•
Venue de Jacob.
Anies.sès et Thoutmôs 1".
Élévation de Joseph.
A messes et Ihoutmes I".
18* dynastie (263 plus 25, Africain).
Ahmès, 1" année.
son anneau et un grand collier d'honneur, et nous voyons la même scène représentée à Thèbes dans le tombeau de Poéri. La parfaite tranquillité qu'exigent ses grands travaux d'approvisionnement, ainsi que les changements qu'il introduit dans la propriété, sont également incompatibles avec le régime de troubles et d'incursions propre à la souveraineté des Pasteurs. Joseph est enfin salué par le roi du titre tout égyptien de sauoeur du monde à toujours^ Lorsque
1. Voyez V excellente dissertation du père Ungarelli, sur le titre •!;ov7ojtç«vy,x> ^ans Ics Annalcs de Philosophie^ t. VII, p. 340 (3' série).
164 EXAMEN DE l'oUVRAGE
ce ministre se sert de raversion qu'inspirait aux Égyptiens les pasteurs de brebis, pour obtenir ii sa famille un domaine séparé dans la terre de Goschen, il est évident qu'il parle à des Égyptiens, chez qui saigne encore la plaie récente des Pasteurs. Tous ces faits donnent une limite supérieure, qui ne permet pas de placer l'administration de Joseph avant les premiers rois de la XVIIP dynastie. Il en résulte encore un enseignement bien précieux quant à l'évaluation des erreurs que nous avons pu commettre; c'est que nous ne pouvons pas avoir exagéré la longueur de l'histoire égyptienne pour ces douze dernières dynasties, puisque nous avons employé un minimum pour la date de l'Exode, et que, néanmoins, cette date recule encore l'administration de Joseph jusqu'au règne de Thoutmès P'.
Toute erreur considérable consistera donc nécessairement dans un chiffre trop restreint pour les XIX®, XX* ou XXI* dynasties. Joseph mort, le respect de sa mémoire protège les Juifs tant que la famille des Thoutmès et des Aménotp a conservé le trône, mais les révolutions qui accompagnent et suivent le règne d'Horus amènent des souverains d'une autre race; le roi nouveau qui ne connaissait pas Joseph, et qui commence la persécution, serait-il précisément le superstitieux Bekhenaten ? Son nom propre (Aménophis) aurait encore aidé à augmenter la confusion dans le récit de Josèphe.
Avec de pareils éléments de calcul, nous admirons la confiance de ceux qui ont cru pouvoir reconnaître dans les listes égyptiennes si le Pharaon qui poursuivait Moyse avait succombé dans la catastrophe, mais nous ne la partageons pas. Si l'indication de la Bible était plus positive à cet égard, nous penserions que la défaite dans la mer Rouge doit appartenir au roi qui précéda Ramsès I«', c'est-à-dire qu'elle aurait eu lieu environ 6 ans avant l'époque indiquée par nos chiffres.
Il nous serait sans doute très facile, en choisissant à propos
parmi les chiffres des différents textes, d'arriver à faire cadrer exactement ces événements avec d'autres périodes de l'histoire égyptienne. Rien n'est plus aisé, par exemple, que d'amener la Sortie des Juifs en concordance avec V Expulsion des Pasteurs, comme le pensait Africain, en choisissant un calcul plus long pour la série des Juges d'Israël. On peut, au contraire, amener la sortie d'Egypte sous Ménéphthah, fils du grand Ramsès, en prenant des chiffres plus larges pour les XIX«, XX® et XXP dynasties ; cette dernière concordance satisfait, en effet, parfaitement à l'histoire sacrée comme à l'histoire égyptienne et nous ne nions pas qu'elle ne puisse être la véritable \
1. En plaçant l'Exode à la 10* année de Ménéphtah, on aurait la série suivante :
J. 1485 av. J.-C.
Sortie d'Egypte.
Retour de Moyse après un long règne.
(80) Naissance de Moyse.
Roi nouveau. Persécution.
(65 ans) Mort de Joseph.
(78 ans) Venue de Jacob.
Ménéphtah.
Ramsès II (66 ans).
Sétbos.
Ramsès I" (?).
Temps des troubles Horus.
10* année.
51* année.
Cette concordance explique à merveille les événements qui précèdent la sortie d'Egypte, mais on conçoit moins bien que le pouvoir de Joseph se soit exercé à l'époque pleine de troubles qui accompagne et suit le roi Horus. Elle exigerait une correction de 130 ans dans les chiffres d'Africain pour les XIX', XX* et XXI* dynasties. Elle répond, a-ton dit, à une grave difficulté : Moyse n'a pas parlé des grandes expéditions de Ramsès II et de Sétbos, parce qu'elles se sont passées avant la sortie d'Egypte et n'ont pu incommoder les Hébreux, mais la même question se présente pour les campagnes de Ramsès III hik pen. Or, dans tous les cas, les Hébreux étaient partis avant ce dernier roi. Cette question s'éclaircit en considérant l'état du peuple hébreu à son premier pas dans la
■^"" EXAMEN DE l'OUVRAGE
^ Nous disons seulement que les bases sur lesquelles on l'avait fondée jusqu'ici n'étaient pas acceptables, puisque, en reconnaissant Ramsès IH Hikpen pour chef de la XIX« dynastie, au lieu de le placer en tête de la XX«, les noms donnés par les monuments contredisaient ceux des listes historiques avec une persévérance qui rendait toute confrontation impossible. Nous nous sommes contentés de poser dans chaque série les chiffres que la discussion nous a indiqués, sans nous permettre aucune correction arbitraire. Cette méthode est loin de trancher toutes les difficultés, mais elle amène 1 Exode vers l'époque môme où la tradition manéthonienne plaçait l'expulsion des impurs.
Le doute raisonné est 1© premier pas de la science, et nous
croyons qu'on en est encore là, par rapport à l'enchaînement
chronologique des faits si nombreux que nous possédons
entre le règne d'Ahmès et celui de Scheschenk ^^ Cette
réserve plaira moins peut-être à beaucoup de lecteurs que
les résultats des diverses chronologies égyptiennes qui se
sont succédé depuis 20 ans, et qu'il faut changer chaque fois
qu'un nom mieux lu ou un fait mieux étudié vient déranger
les hypothèses adoptées ; ï^aî» l'étude de l'histoire présente
bien d'autres parties où il ^*^* accepter de longues séries
de faits importants sans le secours d'une chronologie exacte
et satisfaisante.
Frappés des vices inhérents à la méthode des additions successives, les esprits les plus distingués se sont depuis longtemps appliquas à, chercher l'indication de quelque
l'alestine. Les ordres de Dieu 1® conduisent à Torient du Jourdain, et ses conquêtes sont d'abord assez restreintes. Les rivages de la Méditerranée étaient occupés p^^ ^^ hellianen^es peuplades sur qui tombait Teffort aes armées ^«yptîennes et le monument de Beyrout montre quelle était jeur marche pour envahir l'A»!®- ^® "'®^* qu'après les victoires de ^avid que le i^yaua,e des Jui^» ®® ^^^^* ^^ contact nécessaire avec WQB les conquérants éi?vnfî.t^ • ^^^^ ^^ première expédition après les fois Wnéantsamena^t^fi I prise de Jérusalem par Scheschenk \".
phénomène céleste qui servît à mesurer un des grands pas du temps, pour vérifier ensuite les appréciations partielles. La première épreuve fut faite sur les zodiaques. Nous ne reviendrons pas sur leur histoire : Terreur avait pris dans leur interprétation des proportions tellement colossales, que l'on n'est plus tenté d'y lire une date des monuments qu'ils décorent, ce qui d'ailleurs ne serait d'aucun secours, puisqu'ils sont tous de l'époque romaine. Deux autres tentatives reposent sur des bases plus sérieuses et doivent être étudiées avec soin.
La première est celle que le savant M. Biot a faite, pour déterminer l'époque précise d'une cérémonie retracée sur les murailles du palais de Médinet-Habou. Le raisonnement repose sur la nature de Vannée vague égyptienne^ si précieuse pour les calculs par la constance avec laquelle elle fut employée. On sait que ce peuple admettait une année vague de 365 jours sans aucune correction ni intercallation, de sorte que chaque jour de cette année, et chaque fête religieuse qui y était attachée, retardant incessamment sur l'année solaire, éprouvait un déplacement d'environ un Jour en quatre ans. Il en était de même des trois saisons égyptiennes
de la végétation T»T>T , de la récolte b=5^ * et de l'inondation
ç^;:;^;^^^] de sorte que, par exemple, le premier jour du mois
de Pachons, qui indiquait le premier jour de Vtnondation, ne concordait réellement avec ce phénomène que pendant 4 ans, après lesquels le déplacement successif de l'année vague le faisait passer peu à peu par toutes les phases des trois saisons. Pachons ne cessait pas pour cela de s'écrire
• ç:;:;^ ou mois premier de l'inondation, quoiqu'il arrivât
I A/WV>A
dans la végétation ou dans la récolte. Les prêtres égyptiens expliquaient l'adoption de leur année vague en disant que chaque fête sanctifiait ainsi, successivement, tous les jours