çpe, en copte, nourriture
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de l'année solaire. En calculant la valeur de l'année solaire à cette époque, M. Biot établit que 1506 de œs années vagues équivalaient presque exactement à 1505 années solaires, ce qui forme un grand cycle, au bout duquel la notation sacrée des divisions du temps se retrouve en coïncidence exacte avec la succession des phénomènes naturels qui forment en Egypte les trois saisons d'une année solaire. Il en résulte qu'en connaissant la date du mois et du jour où a eu lieu un solstice ou un équinoxe dans une année égyptienne vague, on pourrait, par un calcul rétrograde, savoir à quelle distance cette année était placée par rapport à l'année de coïncidence. Réciproquement, Vannée de coïncidence se place en 275 avant Jésus-Christ, par un calcul très simple.
On sait que l'empereur Auguste troubla l'ordre sacré du calendrier égyptien, en fixant l'année vague, l'an 25 avant Jésus-Christ. Le premier Thoth vague répondait, à ce moment, au 29 Août julien. Cet écart du premier Thoth, mesuré sur la table de concordance, prouve qu'il s'était écoulé 250 ans depuis l'année de coïncidence; c'était donc en 275 que le premier Pachons avait réellement coïncidé avec le premier jour de l'inondation, et puis, en remontant dans le cours des âges, la même rencontre avait eu lieu dans les années 1780 et 3285, si l'année de 365 jours remontait jusqu'à cette antiquité. Il suffirait donc de trouver la date vague du jour et du mois d'un phénomène naturel, pour en déduire celle de Tannée où il a eu lieu. On sent qu'un pareil secours serait inestimable au milieu des incertitudes qui nous accompagnent depuis la XXIP dynastie. Dans cette importante méthode repose pour nous tout l'espoir de voir un point fixe des portions antiques de l'histoire égyptienne déterminé à l'aide des inscriptions monumentales. Sans une semblable vérification, une portion quelconque, quelque complet que puisse être son enchaînement (comme celui de la XII* dynastie), n'en reste pas moins soumise, quant à sa date absolue.
à la masse des erreurs accumulées dans les époques intermédiaires.
La méthode est rigoureuse et doit donner des résultats certains, à condition toutefois que l'on ait reconnu avec certitude le phénomène que Ton veut prendre pour base de son calcul. Malheureusement aucune indication précise de ce genre n'a été publiée jusqu'ici, et nous sommes obligés de combattre l'application que M. Biot a faite de cette méthode à la Cérémonie de Médinet-Habou. Le raisonnement de ce savant peut se résumer ainsi : « Cette cérémonie est datée » du premier jour de Pachons, or le détail des rites qui l'ac- » compagnent prouve qu'elle a dû avoir lieu à l'équinoxe » du printemps, donc ce phénomène tombait cette annéo- » là le premier Pachons, ce qui eut lieu, suivant les tables » de concordance, l'an 1395 avant Jésus-Christ. » La conséquence est rigoureuse^ mais les deux prémisses sont contestables. La cérémonie est intitulée Panégyrie d'Ammon générateur, et cette fête, par ses circonstances, paraît à M. Biot liée à l'équinoxe du printemps, au lieu d'être une fête vague comme la plupart des autres; de plus, la prise du Pschent aurait été fixée à ce même équinoxe. Ces deux points sont révoqués en doute par M. Letronne, et nous sondmes certains de voir ces questions, ainsi attaquées, recevoir une solution définitive. Nous nous contenterons de faire une remarque sur la date même de la cérémonie.
11 est vrai que Champollion, dans ses Lettres écrites d'Egypte, qui sont seulement de précieuses notes de voyage et que l'auteur n'a malheureusement pu revoir, a traduit cette date : î^^ Jour de Pachons (page 258), et M. Biot a dû suivre cette indication. Mais l'inscription, copiée par Champollion lui-même avec le soin extrême qu'il y apportait
toujours, porte seulement : mois i" de l'inondation
panégyrie d'Ammon générateur \ en laissant une petite
1. Champollion, Notices manuscrites de Médinet-Haffou. Dans la
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lacune à l'endroit où devait se trouver Tindication Au jour. Toute l'inscription est très fruste, comme on le voit dans les copies de Champollion et de sir G. Wîlkînson, mais peutêtre ou un estampage ferait retrouver les traces du jour; il serait curieux de voir si ce jour ne serait pas précisément le 26 de Pochons, que le calendrier de Médinet-Hahou donne pour un des jours de fête consacrés au roi Ramsès Hikpen' (Meiamoun de Champollion). Il est évident que, faute de renseignements précis sur la date de la cérémonie, la méthode proposée par M. Biot ne peut avoir ici ime application chronologique.
L'autre tentative est fondée sur un passage de Tastronome Théon, mis en lumière par Larcher, et qui a eu le privilège d'occuper souvent la science. Les anciens Égyptiens n'ont pas dû connaître la durée de l'année solaire avec une exactitude suflfisante pour se faire une idée juste de la période de 1 .505 ans ; mais, en admettant, comme cela est vraisemblable, (lu'ils supposassent la durée de Vannée solaire exactement égale à 365 jours 1/4, ils devaient penser que Vannée de rotncidence revenait après un laps de 1.461 années vagues.
planche de cette cérémonie donnée par Wilkinson dans son livre des Manners and Customs, etc., la date est tont & fait illisible. On a omis cette partie de V inscription dans la planche du grand oucragc de Champollion, peut-être à cause des nombreuses lacunes qui en rendent l'intelligence très difficile.
1. Voir Champollion, Notices de Médinct-Habou, calendrier. Si réquinoxe du printemps correspondait réellement au 26* Pachons, la première année de Ramsès Hikpen (Meiamoun de Champollion), son avènement, se placerait vers l'année 1288, car Téquinoxe aurait subi un nouveau déplacement de 26 jours qui, k raison de 120 ans par 29 jours ou de 30 ans par 7 jours un quart, donnerait une différence de 107 ans sur la même date calculée dans l'hypothèse du 1" Pachons. Or, la discussion des listes nous a fait placer cet avènement de la XIX' dynastie Tan 1281 ; c'est toutefois une coïncidence dont nous ne tirerons aucune conséquence, puisque les bases du calcul sont encore hypothétiques (voir M. Bîot, Recherches sur l'année caguedes Êgyptiens).
Or, il se trouve qu'un autre phénomène très célèbre dans les croyances égyptiennes se reproduisait exactement dans les périodes de 365 jours 1/4, ce qui lui faisait accomplir sa révolution complète, pour revenir à un même jour de Tannée vague égyptienne, en 1.461 années vagues. Ce phénomène est le lever héliaque de Sirius, que les Égyptiens appelaient Sothis.
On donnait le nom de jour de son lever héliaque au jour où cette brillante étoile, apparaissant le matin à Tlidrizon oriental, commençait à devenir visible à l'œil nu, le soleil étant suffisamment abaissé au-dessous de ce même horizon pour permettre à un homme doué d'une vue ordinaire d'apercevoir l'étoile. Quoique l'observation de ce phénomène ne soit pas susceptible de précision, il n'en avait pas moins une grande importance aux yeux des astronomes et astrologues égyptiens. La période de l'évolution complète du phénomène est, comme nous l'avons dit, de 1.461 ans vagues, la même que les Égyptiens devaient attribuer au jeu de Tannée vague dans Tannée solaire. Or, la discussion du passage de Théon apprend, d'une part, que la coïncidence du lever héliaque de Sothis avec le 1*' Thoth, c'est-à-dire le 1®' jour de Tannée vague égyptienne, était rapportée au 22 juillet de Tan 1322 avant Jésus-Christ, et, de l'autre, que cette époque s'appelait l'ère de Ménophrès. C'est le seul document antique où Ton trouve ce nom ainsi appliqué.
M. Biot pense que cette date a été calculée par rétrogradation d'après les théories de Ptolémée, que TÉgypte antique ne Ta employée nulle part comme ère chronologique, et il propose, comme une conjecture vraisemblable, que le mot Ménofrès ne serait autre chose que Men nofré, nom égyptien de Memphis, sous le parallèle de laquelle la coïncidence rapportée par Théon a réellement eu lieu au jour indiqué. Cependant, comme les autres ères dans les mêmes calculs portent toutes le nom d'un prince et non celui d'une ville, comme en Egypte spécialement c'était un privilège
dont le prince se montrait jaloux que de fixer par son nom la date des années, il était naturel de voir un roi dans Ménophrès, et de penser que Théon avait connu quelque tradition égyptienne portant que, sous ce prince, le lever héliaque de Sothis avait eu lieu le !•' jour du mois de Thoth. Aussi M. ChampoUion-Figeac appliqua ce passage au roi Aménephthès, le troisième de la XIX* dynastie. M. de Bunsen, dans un chapitre intitulé : Uère de Ménophthali retrouvée, fait remarquer que son calcul amène en 1322 la première année du roi Maîenphthah, fils du grand Ramsès, qui correspond au même Aménephthès d'Africain. Mais, comme ce rapprochement se fonde, chez M. de Bunsen, tant sur un changement considérable dans le mot Ménophrès que sur un remaniement tout à fait arbitraire des chiffres des XIX* et XX* dynasties, nous ne voyons pas que ses raisonnements aient rien ajouté aux recherches faites avant lui sur Tère de Ménophrès, considérée comme historique. Nous ne connaissons donc pas, dans Tétat actuel de la science, le moyen de trancher nos doutes sur la véritable année qui vit commencer la XVIII* dynastie ; nous avons cependant constaté, par Tadministration de Joseph, que nous pouvions être en deçà mais non au delà de la vérité d'une manière notable, en posant notre chiffre de 1778 avant l'ère chrétienne, et qu'ainsi nous avions plutôt atténué qu'agrandi les dimensions de l'histoire égyptienne.
En remontant au delà, une confrontation suivie devient impossible, mais, à défaut de chiffres exacts, le fond des assertions de Manéthon est toujours justifié. Les Pasteure ont laissé trop de traces de leurs ravages pour qu'on puisse nier leur longue domination. En remontant depuis ces barbares jusqu'à la XII* dynastie, Manéthon place 136 rois et 6 ou 8 siècles. Le papyrus et la table de Karnak en conservent 80 noms, et leurs monuments se succèdent dans le même pays ; il n'est donc plus permis à personne de biffer leur existence et de nier les siècles qu'elle exige. Ici je ne
calcule plus, parce que ce n'est pas calculer que de grouper des chiffres qu'on ne peut plus contrôler, mais je reconnais que bien des siècles ont séparé Ahmèsdu premier Sésostris\ et que les Grecs ont eu raison de le placer très longtemps avant Minos.
L'esprit se repose à la XIP dynastie sur une portion d'histoire bien complète malgré son immense éloignement, mais nous retombons ensuite jusqu'à Menés dans le même défaut de vérification suivie. Les tombeaux de Nitocris, de Menkérès et de Souphis apparaissent néanmoins en bon ordre pour rendre hommage à la véracité de Manéthon. Remarquons ici que nous sommes arrivés à la XIP dynastie avant de rencontrer un des hôtes de ces immenses tombeaux au sommet desquels Napoléon voyait reposer la majesté des siècles. On connaît 29 grandes pyramides et les emplacements de plusieurs autres. Estimez le temps et les efforts
1. Si l'on veut savoir à queUe époque la tradition égyptienne faisait remonter le règne de Sésostris, le moyen le plus satisfaisant consiste à ajouter, à la première année de la XX' dynastie, le total du deuxième volume de Manéthon (2.121 ans dans Eusèbe, comme dans Africain). La première année de la Xir dynastie serait alors la 3402* avant l'ère chrétienne, et le règne de Sésostris aurait commencé en 3281. Quatre ans avant cette date aurait eu lieu, suivant les calculs de M. Biot, la coïncidence si remarquable de Tannée 3285 où le lever héliaque de Sirius eut lieu en Egypte le jour du solstice d'été, tandis que la notation des mois correspondait exactement avec les états des saisons naturelles. Ces indices porteraient à fixer à cette époque Tadoption de la forme définitive du calendrier égyptien. Cette opinion prendrait encore plus de consistance, s'il se confirmait que la pyramide de Daschour est bien le tombeau de Sésourtësen III. En effet, M. Perring ainsi que M. de Bunsen y reconnaissaient la célèbre pyramide en briques qu'Hérodote attribue au roi Asychis. Diodore, qui le nomme Sasycliis, dit que ce fut un sage législateur, et il lui attribue des règlements pour les rites religieux ainsi que des travaux de géométrie et d'astronomie : y aurait-il rien de plus naturel que de lui attribuer aussi la réforme du calendrier et Taddition des 5 jours épagomènes, que toutefois les Égyptiens disaient tenir de Thoth lui-même ?
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prodigieux qu'a dû employer la façon de ces formidables joyaux enchâssés dans la chaîne Libyque, depuis la pyramide de Fayoum, où reposait Mares, jusqu'aux ruines d'Abou- Roêsch, au nord du Caire, et vous comprendrez les siècles (lu'ont demandés ces témoins du premier empire égyptien. Les règles de la vie des peuples ne sont pas précises comme celles que le génie de Cuvier a constatées dans Torganisation animale. Nous ne pouvons pas, à Taide de ces grands débris, reconstruire le squelette entier du géant, mais laissons de côté les membres inconnus ou douteux : apprécions seulement par la pensée la grandeur de cette tête chargée de trente pyramides, rapprochons-la des deux siècles où le cœur de l'histoire égyp^^^^^^ ^^^ marqué par le règne de Sésostris et la merveille du labyrinthe, réduisons autant que possible les 150 rois qui les suivent et la domination des étrangers ; remarquons alors qu'il nous faut élever cet énorme tronc sur une base de dix-huit siècles parfaitement certaine, à partir de Joseph et d'Ahmès, et nous douterons ensuite si les bornes que l'on assigne généralement à l'existence historique des peuples peuvent se concilier avec ces dimensions gigantesques. Les efforts de M. de Bunsen seraient la meilleure preuve du contraire • après avoir, sans égard pour l'histoire et les monuments supp^^^ ^®® règnes constamment collatéraux, trois dynasties * ^^ ^^^^ ^* ^^^* ^^ ^^^ ^^^^ simultanés pendant la moitié des douze premières dynasties, il n'en fixe pas DQoins le règne de Menés à Tan 3643 av. J.-C. L'obstiné fils de Chanaan mutilé a^®^ acharnement pendant trois volumes, se relève etif^^ ^^ ^ ^^* ^® Procuste où l'avait étendu son critique impit^^y*'^^^' et Ton s'aperçoit alors qu'il dépasse encore de plusieurs siècles les mesures qu'on lui avait imposées au ^^^ ^^^ calculs que la chronologie ordinaire avait fondées sur la généalogie d'Abraham.
Nous avoQs cru 'îl était nécessaire d'exposer l'état de cette difficile q^ ?.^^ aux lecteurs si éclairés des Annales de f'fiilosoh'^ c/*^^^^^^^^^ ' ^^ sincère amour de la
vérité nous a guidés dans cette recherche. Les rapports de la science avec la foi et les limites respectives de leurs domaines ont constamment préoccupé les rédacteurs des Annales; ce plan d'études, si conforme aux travaux des premiers docteurs chrétiens, présente de grands avantages mêlés à de grands écueils, qu'il faut savoir éviter. Nous voulons parler ici de l'habitude prise par beaucoup d'auteurs d'imposer à la science certaines directions ou certaines limites, d'après les idées que leur a inspirées la lecture de la Bible, et souvent sans examiner si ce livre contient sur les points en litige des notions claires et données comme enseignement, ou des phrases sans but direct qui constatent seulement les notions du temps et Tordre d'idées dans lequel vivait l'écrivain sacré. C'est en raisonnant ainsi qu'on avait voulu faire une astronomie de la Bible, à propos du récit de Josué.
Nous avouons franchement que les efforts des premiers chronologues pour dégager cette éternelle inconnue, l'âge du monde, ne nous paraissent pas marqués au coin d'une critique plus sévère ; et c'est im doute que nous voulons soumettre à ceux de nos savants lecteurs qui consacrent spécialement leurs veilles à l'étude de l'Écriture sainte.
On convient bien qu'entre les deux principaux textes de la Bible, les Septante et la Vulgate, nous n'avons pas un chiffre certain pour la création ni pour le déluge, mais l'addition des chiffres partiels de l'édition des Septante compose-t-elle un maximum qu'on ne puisse franchir, et la généalogie d* Abraham fournit-elle les éléments d'une chronologie ?
Telle est la véritable question.
L'excellent et savant Sylvestre de Sacy ne le pensait pas, et nous pourrions joindre à son autorité celle de plusieurs savants chrétiens de notre époque. Il remarquait que Moyse ne fixe nulle part une date du déluge ; la seule période que l'historien sacré apprécie avec quelque ensemble est celle
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qui s'écoula entre la promesse divine et la délivrance d'Israël.
En suivant l'histoire biblique nous trouvons un fait mémorable, la fondation du temple que le savant roi Salomon parait avoir voulu fixer avec précision ; or, ce grand événement n'est comparé par lui qu'à la date de l'Exode. Ceci ne donne pas à penser que Salomon ou Moyse aient voulu fixer l'année du déluge, par un enchaînement certain et continu. Nous ne considérons pas comme une chose si simple de réunir par une addition les chiffres que Moyse n'a point réunis, et de poser un total qu'il n'a pas posé.
Pour faire une chronologie en rassemblant ces éléments généalogiques, il faudrait être certain que tous les degrés y sont compris ; or, le nom de Cainan, qui n'est point dans la Genèse et fut admis néanmoins dans la généalogie du Christ, prouve que des personnages secondaires y pouvaient être omis. Bien d'autres incertitudes s'attachent aux généalogies hébraïques, lorsqu'on veut les employer comme éléments chronologiques. Celles de Jésus-Christ en fournissent un notable exemple : l'une supprime plusieurs degrés connus par l'histoire pour arriver à un nombre mystique de 14 générations 3 fois répété, en employant néanmoins le verbe genuit; l'autre suit la parenté d'adoption, et sans aucune indication qui prévienne le lecteur. Si ces généalogies contenaient, comme celle d'Abraham, la date de naissance de chaque personnage, on voit où aurait été conduit un chronologue qui eût voulu en calculer le total. La préoccupation généalogique se montre à chaque instant dans la Bible, et s'explique aisément par le prix attaché à la précieuse race d'où devait naître le Réparateur promis, mais l'idée d'un calcul de l'époque du déluge nous parait comparativement toute moderne.
Lorsque Moyse conserve à son peuple les souvenirs de son origine première, il consacre, par la puissante autorité de sa parole, la solution, traditionnelle dans la famille de Jacob,
des grands mystères de la destinée humaine, la création, la déchéance et la promesse d'un Sauveur. Le caractère de ces faits et leur portée morale et philosophique sont étrangers à leur date, et vingt siècles de plus ou de moins ne changent rien à leurs conséquences. Les apôtres ne s'occupent pas plus que Moyse de la date de la création et du déluge; ils ne pensent qu'à faire reconnaître au monde païen sa déchéance et à lui faire accepter le nom de son divin Réparateur.
Après les apôtres viennent les docteurs, après le dogme et son entraînante autorité vient l'exégèse, escortée de toutes ses incertitudes. Les premiers savants chrétiens veulent faire tourner au profit de la science les renseignements contenus dans ces vieilles annales juives, que le monde grec et romain a peu connues et si mal appréciées ; de là, ces nombreuses tentatives pour faire une chronologie du déluge. Elles ont donné des résultats si divergents suivant les différentes écoles, qu'il est moins embarrassant de n'en adopter aucun que d'avoir à choisir entre eux\
Ce n'est point un adieu que nous disons à M. de Bunsen. Si l'Egypte et la Judée sont intimement liées dans cette première partie de son ouvrage, elles n'ont pas des rapports moins évidents avec la seconde partie, où doivent être étudiés les détails de l'histoire, de la géographie et de la religion. On peut déjà pressentir que la Bible seule fournira des matériaux assez anciens pour reconnaître les peuples nommés sur les monuments thébains, et, d'un autre côté, la géographie de la Judée tout entière est peut-être enfouie sous les décombres du Pylône de Scheschenk I*'. Nous
1. Dans Técole juive, Tidée d'une chronologie est également très récente; la preuve en est fournie par la différence que présentent les calculs des rabbins faits depuis, sur le texte hébreu actuel, avec ceux de Josèphe> qui n'eût jamais osé s'etn écarter s'ils eussent eu, de son temps, quelque autorité traditionnelle. Cette idée est probablement née chez eux au contact de Técole grecque d'Alexandrie, ou tout au plus en Assyrie pendant la captivité.
BiBL. éOYPT. T. XXI. 13
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aimerons à retrouver M. de Bunsen sur ce terrain, où ses vastes connaissances dans Tantiquité, ainsi que le coup d'œil élevé qu'il apporte à l'étude de l'histoire, dégagé des entraves qu'il s'était imposées au nom ôJÉratosihène, nous promet une ample moisson de ces faits curieux qu'il sait si bien mettre en lumière.