Monuments du Musée de Leyde, pi. XI
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surtout lorsque le groupe est en partie symbolique; or, c'est bien ici le cas et la barque fait avec le rameur un véritable pléonasme.
On pourrait dire aussi que le pronom, le céraste, est déplacé pour la régularité du dessin et que Timage royale (n** 5) est le détermînatif du mot khent, car il serait ainsi
très analogue au groupe \^ ra (sixième ligne de Tins-
crîption de Rosette) que Salvolini, d'après son illustre maître, traduit : une statue, une image; et en effet il ne peut répondre qu'au mot grec elxova. Champollion avait mis en regard, provisoirement sans doute, le mot copte ^«i^ion, image, et Salvolini en tire, pour le premier caractère, la valeur t, quoiqu'il ait lui-même bien prouvé la lecture kh, par la variante que nous avons citée plus haut : sans nous arrêter à cette lecture complètement arbitraire, prononçons ce groupe khent comme celui de notre monument, et voyons à quel thème copte peut se rapporter le khent avec le sens certain de statue ou d'image. Champollion n'a pas manqué de remarquer que dans l'inscription hiéroglyphique deux groupes différents et, dans le texte grec, deux termes particuliers, elxova et îoavov. désignaient des modes de représentation fort divers : l'un se rapporte à l'image du roi qui doit être figuré au fond du sanctuaire ; l'autre, à la statue votive qui sera portée dans les processions. M. Letronne a fait observer que la première image, celle à qui le dieu offrait la harpe, ou tout autre emblème du pouvoir suprême, devait être représentée debout, j'ajouterai et dans l'attitude de la marche \ comme on peut le voir sur tous les monuments. Or, c'est précisément ce que signifie le mot khent, avancer, s'approcher, comme nous l'avons vu plus haut. Il
1. D*une marche paisible, car il y a un autre type hiératique très distinct, du roi s'avançant à grands pas vers le dieu pour lui faire une consécration ou une offrande, type que Champollion fait souvent remarquer dans ses Notices,
me semble donc que le mot khent était le nom d'une image représentant le roi debout, s'acançani vers le dieu pour en recevoir le don emblématique du pouvoir suprême. Cette attitude hiératique avait frappé les anciens à cause de l'analogie qu'elle présentait avec le type archaïque d' ApoUon. La statue assise, au contraire, paraît répondre, dans plusieurs textes, à un mot as, qui signifie, en copte, antique'. Il résulte de ceci, ce me semble, que la statue assise n'est point ici le déterminatif du mot khent, et qu'elle n'y figure que comme suite emphatique du pronom lui, le roi, chef du monde.
Quelle est maintenant la circonstance indiquée par cette trop laconique inscription? Est-il question d'une expédition, d'un voyage, ou peut-on croire que le mot khent dans un sens plus restreint signifiait à lui seul l'accession au trône? Je ne hasarde cette conjecture que parce qu'elle se coordonne avec le nom du double diadème pskhent; la prise du skhent c'était Tintronisation. Le nom de cet emblème ne serait-il que le thème khent modifié par Vs initiale ? Malheureusement les autres inscriptions qui eussent pu donner des indications plus précises sont détruites ou mutilées. La petite inscription qui décore la crinière de l'autre lion a souffert également, et, de plus, elle contient des mots inexpliqués jusqu'ici et dont l'examen dépasserait les bornes de cette lettre. Disons seulement qu'on y remarque après le nom du même roi les mots A 1^ ' ^^ ^^ en ensou, qui peuvent signifier ou amené de'^sapart ou lu venue de lui, le f'oi ; ce qui confirme l'interprétation de la première phrase.
I. M. de Saulcy, dans son beau travail sur rinscription de Rosette,
iitie groupe correspondant Ha ^^^ démotique aag, en donnant au
dernier caractère la valeur d ini(t. Mais j'avoue que la dernière lettre
de ce mot, dans les trois ex ^ ^les cités par le savant auteur, me paraît
avoir une physionomie ton f^^ afférente des autres sima qu'il a constatés
dans l'inscription, et onî lient évidemment la forme hiératique
de la coupe. ^^* rappen®"^" ^
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La première inscription se termine par ces mots : Seigneur de la Nubie, comme monument de la demeure d'Aménophis, c'est ce qu'a fait le vivificateur ; le palais est ici désigné par
la devise : le dominant en justice ^^c] . C'est une nouvelle
preuve de l'utilité des noms d'enseigne analogues aux devises ou cris de guerre du blason, et qui suffisaient ainsi tout seuls à désigner un roi. Nous sommes donc certains maintenant que ces lions avaient été destinés par Aménophis- Memnon à l'ornement d'un palais. M. Prisse a donné la deuxième inscription qui a trait aux embellissements faits par le roi Amentouonkh aux édifices qu'annonçaient ces magnifiques gardiens. Vous remarquerez, Monsieur, qu'elle ne parle plus de la demeure d'Aménophis. Nous avons maintenant un monument érigé en l'honneur d'Ammon ; si nous étions à Thèbes et sur la rive funéraire, ces deux renseignements désigneraient peut-être un seul et même édifice tout à la fois temple et palais, cénotaphe splendide et lieu de réunion pour les assemblées, tel enfin que le Ramesséum ; mais nous ne pouvons guère supposer un pareil Memnonium au mont Barkal. Je crois donc que les lions placés par Aménophis devant un palais furent transportés par son fils devant le temple d'Ammon-Ra, et ce fut là sans doute un des embellissements dont il se vante. Déplacés peut-être encore une fois par l'Éthiopien Amonasro, qui y fit apposer son cartouche d'une manière si peu artistique, ils auront enfin terminé dans le Musée Britannique une carrière un peu agitée pour des lioijs de granit.
La filiation du roi Amentouonkh est ici bien constatée; mais, comme toute cette partie de la XVIII® dynastie est restée fort embrouillée, peut-être sera-t-il utile de transcrire ici la généalogie de cette famille telle que M. Lepsius l'a dressée au témoignage de M. de Bunsen \