‹ Œuvres diversesChapitre 172 sur 218 · Bansen, Mgyptcns S telle etc., t. III · texte numérisé non relu

Bansen, Mgyptcns S telle etc., t. III

(AMÉNOPHIS m (Memnon)

Bekhenalemm > ( Bekhenatenn Horas. AnlOlltottonkh^ Tôti, femme de

NofïéTêti. S ^ AménophisIV. | Bénéter imèsi

Celle-ci «mît régné seule après .--w/^^-- LeSkhalde

la mort de son époax, en prenant Ramsès I". Champollion

son prénom loyal. et le prêtre

Achéreî, suivanlla lecture de M. Prisse.

Permettez-moîde VOUS dire, Monsieur, que rien n'est plus embarrassant pour un lecteur un peu scep tîq ue, — et qui ne le serait en pareille matière? — que cette méthode de publier des résultats et des tableaux sans discuter ni même citer les documents qui les établissent ; quelque valeur qu'ait la signature du savant Prussien, encore voudriez- vous lire ces papiers de famille des Ramsès qui viendraient si à propos débrouiller l'histoire. On voit à quel point nous devons désirer que M. Lepsîus publie enfin les riches matériaux recueillis dans son voyage et les curieux enseignements que son esprit pénétrant saura sans nul doute en faire sortir.

Vous vous rappelez, Monsieur, que Manéthon place, suivant ses différents échos, trois, quatre ou même cinq règnes entre Horus et le premier Ramsès.

On n'avait voulu voir dans ce renseignement qu'une altération des textes, parce que la table d'Aby dos ne mentionne pas ces rois. Ce tableau donnerait gain de cause complet à Manéthon ; remarquons qu'indépendamment des preuves de cette généalo^e que nous ne connaissons pas encore, trois souverains demandent imnérieusement une place vers cette

1. Je crains que tout n an «-'enn® pas à M. Lepsios dans cette géné&logîe ; car le tableau reoiv^ - ici l'e'^'*^ ^® Leemans sur un Raneb- Afa, petit-fils ^l'Aménophis r^ * M- I>®I^^'^^ * corrigé lui-même cette eirear sur la planche oui w^» - à, éclaircir rinscription des lions du

mont Barkal. ^ ^ * ^^^'*

SUR l'article de m. prisse 187

époque. Amentouonkh est le frère d'Horus, comme nous Tavons vu sur les lions du mont Barkal ; Aménophîs-Bekhenatenra est rattaché à cette famille par son nom lui-même, et quant au roi Achéreï (Skhaî), dont la place a donné lieu à tant d'appréciations diverses, les raisons que la minutieuse observation des monuments avait suggérées à M. Prisse pour le comparer au roi Achérès de Manéthon, viennent corroborer le tableau de M. Lepsius. Il suffirait de sa légende si pompeuse et si longue* pour lui donner un air de famille avec la XVIII® dynastie, quand même la place des débris qui portent son nom ne rendrait pas ce rapprochement inutile. On sait que les cartouches de ces princes ont été martelés avec soin même sur les stèles. Amentouonkh a subi cet affront de la part de son frère Horus, s'il est vrai que ce dernier roi ait employé dans son pylône à Karnak des matériaux marqués de ce cartouche mutilé. Mais qui avait effacé avec tant de soin les noms du roi Achéreï (le Skhaî de Champollion) ? Si nous le reconnaissons comme le père de Ramsès P', nous n'aurons échappé à une difficulté que pour en rencontrer de bien plus graves. Comment, en effet, Ramsès le Grand aurait-il omis sur la table d'Abydos le premier roi de sa famille? On ne peut pas prétendre que l'autorité d' Achéreï n'ait pas été suffisamment reconnue ; la construction de son tombeau prouve qu'il régnait tranquillement à Thèbes ; la série de ses titres renferme le domaine entier des Pharaons, y compris la Libye; il s'attribue même des succès militaires contre les étrangers (voyez dans Leemans le commencement d'une stèle reproduite sur la 29® planche des Monuments du Musée de Leyde). Il devient tout aussi difficile de comprendre qui apu marteler ses cartouches, car on ne peut attribuer cette violence à des princes de sa

1. Voy. Leemans, pi. XXIX de la Lettre à Saholini sur les monuments^ etc.

On y remarquera qu'il se vante de sa domination sur la Libye, et que par conséquent il a possédé au grand complet Tempiredes Pharaons.

famille, comme Ramsès !•' et Séti (Ménéphtah). Il est vrai que deux autres renseignements nous indiquent une dernière révolution vers le règne de Ramsès P'. Africain, dont les monuments confirment chaque jour l'exactitude, place à la fin de la XVIII® dynastie, et comme prédécesseur de Séthos, un nouvel Aménophath ou Aménophis. Joseph, de son côté [contre Appion, liv. I«', ch. xxvi), raconte assez longuement, d'après Manéthon, une seconde invasion d'étrangers qui eut lieu sous un Aménophis, régnant également avant Séthosis, laquelle força ce futur conquérant à réfugier son enfance en Ethiopie. Je sais qu'on a voulu voir ici les premières années du grand Ramsès, en attribuant à ce prince la légende qui, dans Manéthon, accompagne le nom de Séthos. Mais comment croire, à priori, que le roi Séti /«' (ou Ménéphtah), le grand guerrier, que les monuments nous montrent jusque dans sa vieillesse au comble de la puissance, n'ait pu se défendre d'une pareille invasion, et n'ait laissé pour héritage à son fils qu'une couronne à reconquérir? Les monuments de Ramsès II donnent d'ailleurs à. cette supposition un éclatant démenti. Pour ne citer qu'une stèle qui fait partie du choix de monuments publié en ce moment par M. Prisse, le jeune roi, à la troisième année de son règne, trône à Thèbes, et se vante déjà de ses conquêtes. Le Séthosis, qui revient du fond de l'Ethiopie avec le secours du prince ami de son enfance, serait donc plutôt le roi Séti, fils d'un Ramsès, comme le dit Joseph, et le Séthos, chef de la XIX® dynastie dans Africain.

Mais nous cherchons vainement sur les monuments ce dernier Aménophis de Joseph et d'Africain qui doit venir après Ramsès I®', et sans doute le rival de sa maison ; on serait naturellement porté à reconnaître ici le prince au profil si étrange, qui porta d'abord le nom d'Aménophis, et puis, un peu plus tard, celui de Bekh-en-Aten-Ra, qu'il a substitué lui-même au premier, sur ses propres cartouches. En effet, un fragment publié par sir G. Wilkinson (Modem

SUR l'article de m. prisse 189

Egypt and Thebes, t. II, p. 73) prouve que Tinnovation introduite par ce roi dans le culte du dieu Phrè, et que l'on avait crue si antique, suit d'assez près le règne de Thoutmès IV. Mais la place qu'occupent à Karnak les débris qui portent son nom, mutilés, mais non usés, semblerait prouver que le culte d'Aten-Ra précéda Aménophis-Memnon, et que c'est ce prince qui en renversa les monuments. Si l'observation minutieuse des pylônes et du petit temple d'Aménophis III démontre que ces fragments n'ont pu être ainsi placés dans une restauration ou un travail d'achèvement quelque peu postérieur, faudra-t-il croire que Manéthon ait supprimé Aménophis-Bekh-en-Aienra, et son successeur (le soleil vivant des mondes) qui suivit le même culte et vient après lui dans les tombeaux de Tel-el-Amarna ? Je penserais plutôt que ces rois répondent aux deux Akenkérès dont les noms auraient subi quelque déplacement dans les listes, car comment concevoir que Manéthon ait pu chronologiquement supprimer un règne dont les monuments s'étendent depuis Thèbes jusqu'à Memphis ? Toutefois, sans pouvoir maintenant fixer l'ordre précis de ces révolutions, le témoignage irréfragable des monuments nous force d'admettre à cette époque l'existence, non seulement de rois compétiteurs et contemporains d'Aménophis III, d'Horus et de Ramsès I^', mais encore de souverains dont la domination s'exerça dans tout le pays pendant plusieurs années, tels que Bekh-en-Aten-Ra et la reine Nofré-Titi, qui, suivant M. Lepsius, aurait encore régné seule après la mort de son époux, couple dévot qui nous a laissé les traces de son pouvoir en même temps que son culte depuis les ruines de Karnak jusqu'aux portes de Memphis ; tels encore que le roi Achéréï, qui se vante d'avoir vaincu les étrangers, tout en se qualifiant souverain de la Libye. Puisque ces noms ne se trouvent pas sur la table d'Abydos, comment pourrait- on nier qu'il n'y ait sur ce monument au moins deux lacunes chronologiques dans la seule série qui s'étend depuis Thout-

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mes rV jusqu'à Séti (Méuéphtah), père de Ramsès le Grand. Constater ces deux premières lacunes, c'est enlever à la table d'Abydos le caractère de suite exactement chronologique et continue des souverains prédécesseurs de Ramsès ; c'est indiquer que son auteur a fait un choix, suivant des prédilections dont l'étude des monuments finira sans doute par nous livrer tous les secrets.

Je reviens, Monsieur, au roi Amentouonkh, ou plutôt à la reine son épouse, dont M. Prisse a donné le nom. Il peut servir à éclaircir quelques noms d'une forme analogue, et entre autres celui de la reine, fille de Psamméticus. La lecture la plus naturelle de ces noms me paraît, pour le premier, Onlih s en A mon, sa vie (vient) d'Amon, ou, elle vit de par Amon ; pour le second, sa vie (vient) de Ra nqfré het (Psamméticus). Celui-ci contient évidemment l'ordre de la prononciation, le nom divin est déplacé dans le premier comme dans le nom historique écrit Meiaraounpar Joseph. On a lu ordinairement le second cartouche : Onkhnas, en négligeant ou en séparant la seconde partie ; mais c'est bien le cas d'appliquer les règles qui ont donné de si beaux résultats à M. Letronne dans l'étude des noms propres grecs ; Onkh nos seul signifierait : elle a vécu, et composerait un nom fort absurde. Onkh s en Amon ne rappelle qu'un sentiment de reconnaissance envers les dieux, analogue à celui qui a produit les noms propres Théodore, Mithridate, Nathaniêl et tant d'autres.

Onkh s en ra nqfré het me parait au contraire né d'une pensée toute politique. On a voulu rappeler par ce nom la gloire de Psammétik et l'illustre sang de la princesse. La mention de sa royale origine me parait, passez-moi le mot, une véritable réclame en faveur de son époux ; c'était là son nom de souveraine, et le véritable nom propre de la princesse était certainement représenté par d'autres caractères

SUR l'article de m. prisse 191

(]ue Ton voit dans les variantes plus compliquées de son cartouche ^ .

Le cercueil de Sôter nous transporte dans cette époque désespérante pour l'étude où les hiérogrammates se plaisent à multiplier les concetti et les variantes inutiles. Il semble que ce soit une gageure de leur part, tant ils montrent sous ce rapport une fécondité de mauvais goût. Ainsi le nom du dieu Haké est inscrit sur le temple d'Esné de plus de vingt manières différentes; Tinscription de Rosette elle-même nous montre le nom de l'Egypte rendu chaque fois par une nouvelle variante. Salvolini a bien montré comment on se permettait alors de donner aux caractères de nouvelles valeurs phonétiques, prises soit du sens propre, soit du sens figuré de chaque hiéroglyphe ; il faut donc être extrêmement réservé dans l'usage que l'on peut faire de pareilles variantes en les appliquant au déchiffrement des anciens textes; quelques-unes cependant méritent l'attention, et celles qu'a citées M. Prisse sont des plus intéressantes. Vous avez remarqué, Monsieur, cette orthographe singulière du

nom de la déesse Hathor tS . Sans nous arrêtera chercher la

pointe que cache peut-être cette bizarrerie, voyons comment les éléments phonétiques h t hr peuvent être contenus dans ce groupe. Nous reconnaîtrons facilement h v dans le caractère qui représente un chemin (ou un canal), car on trouve souvent

le groupe j^* h r avec un double déterminatif (le

chemin et les jambes en marche), qui se compare naturellement au copte ^ip hir (platea, viens, angiportus, suivant Peyron). De là sans doute son emploi fréquent pour le nom d'Horus. Il reste donc certain que le premier caractère vaut h L Je suis persuadé qu il manque ici le signe ^ t, car si le caractère en question est purement phonétique, il ne peut représenter que le hôri, Zy et s'il est figuratif, il devrait encore

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