‹ Œuvres diversesChapitre 195 sur 218 · Voy, Reeue archéologique, octobre 1845, pi. 37 bis · texte numérisé non relu

Voy, Reeue archéologique, octobre 1845, pi. 37 bis

ractère men (n* 63, pi. 96) dans le nom antique de Memphis, Mennou/i (n^ 64), et nous retrouverons cette syllabe dans l'écriture de différents mots. M. Brugsch en indique une variante (n* 65) très employée dans l'écriture des radicaux. Sa valeur men est incontestable; car, suivie d'un simple t (n* 66), elle suffisait pour écrire le mot mont (n® 67), qui est, suivant toute apparence, le nom démotique du

dieu Mont ou Mantou ^^^Jj- Cette valeur se trouve

établie par le nom propre (n" 68) Nekhtmonlh du Papyrus Casati que l'antigraphe grec écrit Ne^OfAtivOriC, et dont nous avons déjà étudié la première partie. Je dois remarquer. Monsieur, que ChampoUion, et, après lui, Salvolini, en lisant sment le mot (n"" 69) qui, dans l'inscription de Rosette, exprime les idées établi, rétablir, avaient déjà transcrit exactement notre signe men (n*^65). Vous n'aviez pas admis cette lecture, et, en effet, on n'en apportait aucune preuve ; la démonstration en appartient donc encore à M. Brugsch. J'ai rangé ces deux signes dans la classe des signes syllabiques ; le second n'est probablement que l'abrégé dû premier. Il serait facile encore de ne voir dans l'un et l'autre cas que la liaison des consonnes m eX n (n^»» 70 et 71) ; car nous verrons que ces liaisons occupent une place très importante dans l'écriture démotique. En tout cas, il est certain que ces signes remplacent partout le caractère r»^ dont le rôle est constamment syllabique. Mais, comme ils ne rappellent point sa forme hiératique (n® 71 bis), je suis bien plus porté à les considérer comme composés des deux lettres m et n. Je ne dois pas oublier. Monsieur, qu'en examinant la lecture du groupe sment, à la page 78 de votre Analyse, vous avez signalé les graves complications qu'entraînait cette lecture, et vous disiez : Donc, 1^ le signe initial {ûP 69) est un s et, dans le même mot, un signe imprononçable ; 2P le second signe, qui est un p dans le nom de Ptolémée^ devient ici un m, etc. ; de sorte que vous faisiez remarquer que des signes tout à fait identiques venant à

BlBL. éOYPT., T. XXI. 17

lUL. EGYl^T., T. XXI

Planche IïI (96)

st. ^. / f,^

que l'œil ne pouvait plus confondre avec aucun autre ; en sorte que, sous ces traits de plume qui nous paraissent si confus, l'écriture démotique avait néanmoins réussi à conserver, dans une certaine mesure, le caractère exquis de l'écriture sacrée, dans laquelle Thiérogrammate pouvait fnipper tout à la fois les yeux et les oreilles du lecteur, peindre en même temps et parler sa pensée, pour la reproduire plus complètement à Tintelligence.

Sans vouloir faire ici une nomenclature des caractères syllabiqucs démo tiques, étudions encore l'expression du verbe otou être, qui revient dans une si grande quantité de phrases. Champollion avait remarqué que, dans le texte démotique de Rosette, un même signe (n° 72 bis) revenait constamment aux endroits où, d'après le sens des phrases, le copte eût exigé le verbe otou être. Il retrouva ce verbe dans les hiéroglyphes, exprimé particulièrement par le lièvre .^a. Cet animal n'est pas un symbole du verbe être, c'est un pur caractère syllabique ; quelle que soit d'ailleurs l'origine de sa valeur, il sert à écrire la syllabe oun dans des mots parfaitement indépendants les uns des autres,

tels que ^^ , oTton, ouvrir, •^^m, orocin, lumière,

^^, oTionai, un loup, fi ^^'^^ « 2), hounnou, jeune, etc. En

jetant un coup d'oeil sur le cjiractère hiératique correspondant au lièvre (n^ 73), le rôle du signe démotique (n*> 72) se dévoilera tout aussitôt. Dans l'écriture de certains contrats *

1. C*est ici le cas de remarquer, une fois pour toutes, que la pierre de Rosette, très médiocre en général pour le type et pour l'exécution, est encore plus particulièrement mauvaise dans le texte démotique. En effet, cette écriture est une véritable tachygraphie obtenue par Tusage constant de la plume. La pierre ne se prête qu'avec une grande difficulté à la reproduction d*une écriture aussi profondément cursive. Aussi, sur ce monument, les traits sont devenus anguleux et ont perdu beaucoup de leur physionomie ; enfin plusieurs caractères, voisins par la forme, mais très distincts dans leur emploi, ae confondent à l'œil sur la pierre de Rosette, ce qui a hérissé l'étude de ce monument de difficultés sans nombre.

j^^^ar, A M. DE SAt3I.CY

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