INTITULÉ
L'ouvrage que nous nous proposons d'analyser ici était attendu avec impatience, non seulement par les trop rares disciples de CbampoUion, mais encore par tous les hommes instruits qui comprennent les lumières répandues sur notre histoire primitive par chaque progrès des études égyptiennes. Les brillants débuts de M. Lepsius dans ses travaux philologiques sur les langues antiques des peuples d'Italie, la rectitude de coup d'œil qu'il a montrée dans l'appréciation des écritures égyptiennes % enfin les immenses matériaux recueillis pendant l'exploration complète de la vallée du Nil que lui a facilitée la munificence de son souverain, ce sont là les motifs d'une grande et légitime espérance. La conclusion doit être digne des prémisses et l'Europe savante . est en droit de demander beaucoup à M. Lepsius.
Nous ne voulons pas rappeler ici les tentatives des divers savants qui ont essayé de grouper en un système complet
1. Pablié dans la Reçue archéologique^ 1849, t. VI, p. 525-539, 660-668.
2. Voy. Lettre à Rosellini dans les Annales de V Institut archéologique^ 1837.
EXAMEN DE l'ouvrage DE LEPSIUS
^logie lôs faits de Thistoire égyptienDe, en réunis- ^^ souvenirs historiques conservés dans les auteurs ^^ la série bien plus considérable fournie par l'étude ^ t\\J^^^^^' ^^ P^ut le dire sans crainte, et sans ^^ de ^ jugement le dernier ouvrage de M. de ?*^ toutes ces synthèses sont ou mauvaises dans leur 5^^' Q\x extrêmement incomplètes, parce que les fruits '^ t 'v'^ niûrs et les moyens de préparation trop insuf- ^^^^ xq chanapion, pour cette fois, est armé de toutes ^^^ - 1 a P^^^ ^® temps nécessaire pour coordonner les faits ^^^ ' otititï^^^*® étudiés dans son voyage, à l'aide d'une ^^^ r>lus complète des inscriptions, et cette sage lenteur *^éîà. d'un bon augure.
^^ ^ d'entrer dans l'histoire et la chronologie propre- ^T^dites, M. Lepsius a voulu prouver que les conditions '^ ^- elles de ce grand problème avaient été suffisamment *'®^ ises, que s^^ immense sujet était envisagé par lui ^^crainte, comme sans préjugé trop favorable, et qu'enfin ^ ieux pharaons n'étaient à ses yeux que des hommes t il s'agissait de remettre au jour et de coordonner les Mais, dans ce travail de reconstruction aux prétentions enlevées, les hardiesses de la science moderne pourronten même temps satisfaire la froide raison du critique? Quelles sont les conditions d'une chronologie historique et ig sont les moyens d'en tracer une avec une exactitude ^s ou moins rigoureuse? 2« Jusqu'à quelle limite, dans ^ tiquité, ces moyens accompagnent-ils Thistoire égyp- ^ ^^ ? L'étude de ces deux questions remplit le premier ' j^e que vient de publier M. Lepsius et cette vue d'en-
lyle servira d'introduction à son grand ouvrage.
p^jidant que les travaux de la critique moderne rédui-
• la* ^^ temps mesurés par chronologie chez les peuples
j dentaux à des proportions très modestes^ il se produisait
f ii,it qui semble au premier coup d'œil bien anormal.
^^ les premiers pas que Von put faire dans la connaissance
des écritures égyptiennes, on eut aussitôt l'espoir de coordonner les faits et d'obtenir une chronologie, jusqu'à une très haute antiquité. La raison de ce contraste est facile à expliquer. En effet, la véritable histoire d'un peuple ne commence qu'à l'instant où les récits sortent enfin de la tradition populaire pour être gravés sur des monuments ou consignés dans les annales. Ceci ne veut pas dire que la tradition perpétuée d'âge en âge ne suffise pas pour attester un fait historique; mais quant à cet enchaînement logique qui peut produire une chronologie, ce n'est que par Tétude et la discussion d'annales antiques ou de monuments originaux qu'un esprit difficile à contenter espérera de l'obtenir. Les peuples occidentaux sont d'une désastreuse pauvreté quant aux preuves de leurs histoires primitives ; nous ne suivrons pas M. Lepsius dans le triste inventaire qu'il en dresse. Les anciens empires de l'Asie étaient bien mieux partagés sous le rapport des chroniques, mais le contrôle des monuments manque partout à la période primitive.
L'Inde n'offre des inscriptions originales que jusque vers le V« siècle avant notre ère ; on prétend que la construction de ses temples n'a commencé qu'avec le Bouddhisme, aussi la date des Védas se dérobe à la précision des calculs.
Babylone devait être un terrain plus solide pour la chronologie. L'astronomie chaldéenne put fournir des points de repère solides aux annalistes. Les monuments accompagnaient les annales depuis l'origine de l'empire assyrien et le fragment de Bérose fait comprendre quel pouvait être le prix de ces annales. Les inscriptions cunéiformes laissent entrevoir la possibilité d'y suppléer, mais peut-être doiventelles épuiser les efforts de plusieurs générations de savants avant de nous livrer les secrets historiques de l'Assyrie.
La Chine a conservé un renseignement d'un prix inestimable, c'est-à-dire un système d'écriture contemporain des premiers faits historiques. Aussi les chroniques remontentelles jusqu'à la première apparition du peuple chinois et le
premier chapitre du Chou-King contient déjà de l'histoire; mais il n'en faut pas moins reconnaître qu'au VHP siècle (avant J.-C.) seulement comnaencent et les observations suivies et les monuments contemporains qui contrôlent les récits historiques et prouvent la sérieuse existence d'un grand peuple.
Les annales hébraïques se présentent avec le caractère d'intégrité et d'authenticité tout spécial que leur assure la vénération continue du peuple juif et des nations chrétiennes. Considérées au point de vue scientifique, nous pensons avec M. Lepsius qu'on a souvent demandé au texte de la Genèse un sens strictement chronologique complètement en désaccord aussi bien avec la teneur du récit qu'avec les circonstances de la tradition qui l'avait conservé dans la famille de Jacob.
D'accord avec M. Lepsius sur ce point pour les temps iintérieurs à Jacob, il nous serait néanmoins impossible de le suivre plus loin dans cette voie; est-il croyable, par exemple, que Salomon, le roi savant, en rapports habituels î,,vec Tyr, l'Egypte et l'Assyrie, trois pays pourvus d'ani:iales régulières, n'ait pas dû naturellement songer à fixer l ordre des temps dans l'histoire hébraïque? M. Lepsius remarque lui-même qu'à, partir de cette époque les annales poives présentent une série régulièrement enchaînée et que les erreurs de détail n'ont plus rien de désespérant pour la
critique. Il me semble dono r^i,^ i« j , , . ^. .,^ . X ^J^A v. j ,"^ que la date de la sortie d Egypte,
xsiée a l'époque de la frinH«*- j ^ i . i» *
^r.r.4- T ' J ^^iiclation du temple, si 1 on s en
-a^pporte au Lwre des 7?r^,-« a -x \. x- i
;érieuse que celle que lufl^' TT. T ""'"^ ^ f Lnnonce qu'il résulta des '^ ^^ ^^' T
'ienne un temps plus reTtre^^r'^^f ^^'' ^^'T^ ^^' ;« l'avait pensé jusq u'I^^^"' *' ^^^^ ^^ '^"^ ^"^ J^^' ^" "^ jiscuter cette question im^*^"^^ attendrons des preuves pour
Après une appréciation *^''*^°*®* , ^•
-Il peu superficielle des ^r^ sommaire et, il faut le dire,
sources historiques de la primitive
Asie, M. Lepsius fait ressortir les difFérences bien tranchées que présente TÉgypte sous le rapport des notions générales qui sont le domaine commun des nations asiatiques. C'est ainsi que la tradition du déluge ne s'est pas retrouvée en Egypte. Ce pays comptait les jours par décades et les années par des périodes entièrement différentes des cycles usités en Asie. Menés offre de même un contraste profond avec les rois chefs de race, ou premiers hommes des traditions asiatiques : Menés est réduit aux proportions purement humaines, il n'apparaît qu'à la suite d'autres générations et ne se trouve mêlé à aucun événement miraculeux. Ces contrastes sont d'autant plus remarquables que, d'un autre côté, la langue égyptienne, le plus ancien et le plus fidèle témoin, qui n'a cessé de vivre avec ce peuple jusqu'à sa décadence, atteste d'une manière irréfragable une origine asiatique.
Il faut encore noter un caractère très heureux de la nation égyptienne, c'est que son histoire, depuis Menés, ne confond pas un instant les rois avec des personnages héroïques ou des demi-dieux à la manière grecque ou indoue. L'apothéose accordée à un grand roi ne fait nulle part dégénérer le récit de manière à produire l'incertitude ou la confusion, en sorte qu'il faut reconnaître chez le peuple égyptien un véritable sens historique développé dès les premières dynasties.
Mais la grande supériorité de l'Egypte pour la conservation des matériaux historiques est due avant tout aux bienfaits d'un climat sous lequel les monuments ne périssent que de mort violente. Le sol d'Asie, au contraire, pénétré tour à tour d'une chaleur et d'une humidité excessives, a dévoré des villes immenses avec une effrayante rapidité. Dans le Delta égyptien qui reproduit une partie des mêmes conditions atmosphériques, une foule de monuments ont disparu, le granit seul a triomphé de tout. L'abondance des plus magnifiques matériaux est encore un don tout particulier à l'Egypte, et le papyrus a de son côté
304 EXAMEN DE l'oUVRAGE DE LEF*SIUS
fourni aux annalistes un papier aussi incorruptible que le
granit •
Les annales purent commencer avec la monarchie ellemème ; en effet le volume de papyrus apparaît sur les plus anciennes sculptures. On remarque avec étonnement que le système hiéroglyphique semble ne pas avoir eu d'enfance : les théories du développement progressif ne sont pas jusqu'ici confirmées par les monuments les plus anciens; l'écriture égyptienne y montre un système déjà complet dans toutes ses parties, et toutes les modifications q u 'on y peut remarquer, dans la longue série des monuments, seraient diflScilement reconnues pour des améliorations. Dès l'époque des pyramides, cette écriture n'est pas restreinte aux usages ^p'^és, mais déjà, sous la forme de caractères cursifs, appliquée aux usages de la vie civile. Son emploi sur les mo- ""Dîents est encore plus curieux comme fournissant des ressources à l'Jiîstorien. A l'opposé du laconisme obligé du sty|e lapidaire g^^^ ®* romain, elle s'empare des édifices entiers et pénètre tous leurs détails. Elle commente tous les tableaux, nott^^^ ^®s personnages et court au devant de la curiosité du spectateur. Chaque partie d'un temple porte sa dédicace et ch^^"® réparation le nom du prince qui l'a ordonnée. Les t^rî^^^^®^^^""^®"^®®' ®* quelquefois les pierres sur leur surface intérieure, sont marquées au nom du souverain contempor^^^'
Les peintures ^ei^*^®^* l'usage des livres dès les premières dynasties et 'nr>Ui^ possédons encore des fragments considérables de plus£?ir^ ^^^""^^ historiques et originaux. La plupart sont datés di P wi^^^^^"^ ^^P^^^^^^^^^^^^^^'^^PP^^^^'^^ï^ent très probahl rt* ^ ^^"^ immense bibliothèque dont parle Diodore ei, iT'^-V^^* ^^ tombeau d'Osymandias. M. Lepsius indique les ? i^^^^ ^® ^^"^ bibliothécaires du monument de Ramsès n f^^* remarquer que ces dépôts littéraires
devaient et ^^ ^^^ nombreux, puisque les dieux tutélaires des bibliof K^^ ^^ reconnus par Champollion, se rencontrent ^^^que^^
assez fréquemment sur les monuments. Malgré les pertes que ces trésors littéraires subirent à l'invasion de Cambyse, on compreiid maintenant comment Ptolémée-Philadelphe put réunir en peu d'années quatre cent mille volumes. Ainsi s'expliquent également les vingt mille livres hermétiques, qui ne pouvaient être autre chose qu'une encyclopédie égyptienne. La réputation des Égyptiens comme gardiens fidèles du dépôt des sciences était bien ancienne en Grèce, puisqu'on faisait honneur à ce peuple des lumières répandues à Argos par Danaûs. Les poètes du cycle orphique étaient censés avoir rapporté- des bords du Nil la pratique des mystères, Dédale les principes de l'art, Lycurgue la sagesse de ses lois, et Solon l'usage du cadastre dont il dota le territoire athénien. La fausseté même d'une partie de ces opinions prouve la généralité de cette tradition populaire qu'en Egypte était le dépôt de toute science et de toute sagesse. Strabon visita les chambres où Platon et Eudoxe avaient mené la vie d'étudiants à Héliopolis. On se sent invinciblement entraîné à penser que c'étaient de réelles et solides connaissances que de pareils hommes allaient chercher dans les sanctuaires égyptiens.
Les écrits historiques formaient certainement une des parties les plus riches de la littérature égyptienne, et nous pouvons encore nous en convaincre à l'aide de quelques débris ; M. Lepsius nous fournit sur ce point d'intéressants détails qui augmentent l'espoir que l'on peut fonder sur de nouvelles découvertes. La fameuse collection des Papyrus Sallier donna l'éveil sur ce genre de compositions en écriture hiératique. ChampoUion annonça que l'un des manuscrits de Sallier contenait la campagne de Ramsès II contre les Chétas sous forme de récit poétique; et la traduction de quelques lignes de ce livre fut publiée par Salvolini sur un fragment dérobé à ChampoUion.
Le British Muséum s'est enrichi des Papyrus Sallier ainsi que de la précieuse collection d'Anastasy. L'ensemble de ce
BiBu teYPT., T. XXI. leo
306 EXAMEN DE l'OUVRAGE DE LEPSIUS
riche dépôt comprend des compositions historiques de diverses éooaues La plupart se rapportent aux règnes de trSireXes su^esseurs ; r un ^'-^re «ux néanmo-
1 ^^; T^n^kenen que M. Lepsius reconnaît pour le
nomme le roi HosKeru^f*' 4^^ v^frxT^ j 4.-^i iv^r t^t^
AAA A* AVim^s chef de la XVIIl^ dynastie . M. 1-ep-
prédécesseur a Aatnes, ouoi ^x • „^ ^^^nrwfp^
sius indique au Musée de Tunn un V^Vyr^x^^y^ ^^^^^ aux événements du règne ^^^bontmes III c^t-à-dire à
l'époque culminante de la puissance ^l^^^""'^ ^^f^'^^;, Notre savant auteur a acquis, pour le Musée de Berhn un autre écrit qui porte les noms des deux premiers rois de a XII. dynastie, Amenemhé 1" et S^sourtasen P^ Son stj^e graphique annonce une très haute antiquité. M. Leps^s possède lui-même un papyrus où les noms des ro^ Chou fou et Snéfrou se trouvent joints à ceux de trois autres rois du temps des pyramides de Memphis. A^u,„néis
A cette énumération des écrits ^^^ratiques échappes comme par miracle à tant de destructions, M^^epsms aurait pu ajouter le précieux papyrus douné Par Da. à notre Bibliothèque Nationale. Cet écrit hiératique porte les noms des rois Assa et Snéfrou, contemporai^ des pyramides. La largeur et la forme rude et Jjr^^^e ^ écriture en font un monument à part et «^°^ f
le comparant avec les écritures élégantes de ^^^ . . /^j^^g tie, on en reportera sans hésitation la ^°^lP?;%°,",teurs. ranaen empire, e'est-à-dire avant Vinvasioud^ P^^ Nous ne pouvons nous empêcher de faire ici ^edou
réflexion : pendant que les musées d'Europe e^^^ a 1 envi de ces manuscrits, les plus anciens du mo^« la Fmnce semblait seule dédaigner les "^^^^J^ement révélées le génie d'un de st» fils- EUelaissait successive
rectifliaUon'lTa^'''^*" *^« rappeler ici que j'ai pro^^^^,,, , «.me de M. de Bunsel". ^^l'^^ ** «^^veloppé la preuve en r^ «^^^ ,846-4n; etp- 113 .SQQ d« ^' annales de PhUosophte chrit^'
** présent volume].
échapper de ses mains tous ces trésors; le Musée égyptien semblait déchu avec le vieux roi qui lui avait donné son nom, et peut-être qu'une révolution était seule capable de faire sortir des ciives et des magasins du Louvre les grands monuments historiques qu'on avait condamnés à l'oubli dans la patrie deChampollion.
Les Egyptiens possédèrent donc, dès le commencement, les moyens les plus puissants pour conserver la mémoire des faits dans les annales et sur les monuments ; mais quelle notion avaient-ils de cette appréciation exacte de l'ordre des temps que nous appelons la chronologie? La première chose à examiner pour répondre à cette question, c'est de savoir avec quelle exactitude ils avaient su observer et mesurer les divisions du temps, science intimement liée avec les pratiques astronomiques.
L'étude des connaissances que les Égyptiens possédaient en astronomie a été l'objet des plus savantes controverses. M. Lepsius semble s*être attaché plutôt à réunir qu'à discuter les principaux témoignages des auteurs qui leur attribuent de grandes connaissances en cette matière. Un fait capital était invoqué contre la science égyptienne : Hipparque et après lui Ptolémée n'ont employé que des observations astronomiques chaldéennes, comment auraientils négligé celles que les sanctuaires égyptiens auraient pu leur fournir ? M.. Lepsius suit ici sagement l'opinion de M. Biot; il conclut seulement de ce silence que les circonstances politiques avaient pu amener dans ces observations diverses périodes d'interruption forcée, en sorte qu'on ne pouvait plus les enchaîner en une série continue qui permît à ces astronomes de s'en servir comme de celles de Babylone. Mais inférer de ce silence que les Égyptiens ne faisaient aucune observation régulière des astres, ce serait contredire une quantité de témoignages les plus formels.
Il faut néanmoins reconnaître comme un fait, jusqu'ici sans exception, qu'aucune observation purement astrono-
308 EXAMEN DE l'OUVRAGE DE LEPSIUS
mîque ou scientifique n'a encore été retrouvée sur les monuments ; ce qui n'empêche pas que, dans la construction et rornementation des monuments, on n'ait employé de véritables éléments astronomiques.
Quoique appartenant à une époque bien récente de Fart égyptien, les zodiaques sont devenus très célèbres dans les annales scientifiques. L'ouvrage de M. Lepsius contient sur ce sujet des détails du plus grand intérêt. D'après les observations de notre savant auteur, tous les personnages du zodiaque de Dendérah sont des étoiles ou des constellations, et l'on retrouve ces personnages avec une signification analogue dans les représentations du ciel de l'époque pharaonique. La matière première du planisphère est donc bien réellement astronomique, sans que ce mot entraîne nécessairement l'idée d'un tracé mathématique. Ce sujet mérite que nous le traitions avec quelque développement.
La première ligne des figures qui frappent l'attention sur ce monument, c'est le zodiaque lui-même, c'est-à-dire les douze signes grecs dont la série n'apparaît en Egypte que sur les monuments de la dernière époque. La seconde suite de personnages occupe le bord intérieur du cercle. Champollion affirma tout d'abord que ces personnages étaient les décans astrologiques distribués sous les divers signes du Zodiaque auxquels on les rapportait. Cette idée fut rejetée par M. Lepsius, par la raison que ChampoUion n'avait pu toii* d abord identifier que trois des noms égyptiens avec la liste des décans astrologiques. Lorsque notre célèbre professeur fit sa dernière lecture i l'Académie des Inscriptions, je lui fis part de mes objections et je lui fis voir, sur le monument, que quinze noms de la série de Dendérah s'icJentifiaient parfaitement et dans un ordre excellent avec les décans dans la liste d'Hépbsestion. M. Lepsius a retrouvé les mêmes noms sur ni iisie^^^ tableaux de l'ancienne époque et, par l'étude comr; tive de ces différents textes, il est arrivé à retrouver la ^ ^^^^^ A'HèpliaBstion dans
la série des personnages égyptiens. Ce résultat est obtenu à l'aide de légères corrections que justifient les variantes des manuscrits et le son de ces mots étrangers à l'oreille des copistes. C'est ainsi qu'en substituant au mot yovx le mot
bien égyptien phent (<povx ?) rm^ on obtient l'identification de quatre nouveaux décans. Il en est de même de la syllabe itct) qui remplace quatre fois le mot ape ou, avec l'article féminin, tape, tête ®. Ce sont là des corrections qui peuvent satisfaire le cntique le plus difficile. Nous croyons devoir mettre sous les yeux des lecteurs la série des décans de la liste d'Héphsestion avec les noms égyptiens qui leur correspondent. M. Lepsius joint aux noms du zodiaque de Dendérah les séries antiques recueillies au Ramesséum, aux tombeaux de Séti P' et de Ramsës IV et sur un Mrcopbage du règne de Nectanébo. Je regrette que le caractère égyptien de l'Imprimerie Nationale ne soit pas assez complet pour me permettre de reproduire en entier ce beau tableau comparatif. Il fait voir que la liste d'HéphsBstion avait été dressée d'après de très bons documents, car, dans certaines parties, elle s'accorde mieux avec les séries antiques du tombeau de Séti I*' et du Ramesséum que le zodiaque de Dendérah lui-même.
EXAMBN DE l'oUVRAGE DE LEPSIUS
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