‹ Œuvres diversesChapitre 210 sur 218 · SHO · texte numérisé non relu

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Cette restauration du tableau des décans est une très importante conquête pour l'archéologie égyptienne, et en même temps une remarquable épreuve, subie avec bonheur par la méthode fondée par Champollion, et que M. Lepsius sait si bien appliquer et développer. Ce n'est point, en effet, par de nouvelles valeurs que ces noms sont obtenus, mais par l'emploi des lectures ordinaires de signes déjà connus à très peu d'exceptions près. Parmi ces exceptions nous

citerons le décan m ^ dont la lecture seket nous semble

avoir besoin de meilleures preuves. Le caractère u figurait

jusqu'ici dans les alphabets publiés par MM. Lepsius, Bunsen et Birch, avec la valeur syllabique at. On n'avait pas, à ma connaissance, publié de preuve suflSsante pour cette première lecture, mais M. Lepsius ne justifie pas non plus la valeur ket et la liste d'Héphsestion a malheureusement subi trop d'altérations pour servir à elle seule à fonder une lecture nouvelle. Si l'on pouvait accorder quelque confiance à l'exactitude des légendes qui accompagnent les douze heures du jour à Edfou dans les planches de Rosellini ',

la variante fl = I M rendrait inadmissible la lecture

ket de M. Lepsius et ne laisserait le choix qu'entre at et sat ou set. Sexk devrait alors être corrigé et lu Séset. Cette réserve que nous faisons pour un seul décan n'empêche pas que la transcription de cette liste ne soit incontestable dans son ensemble.

Ce premier fait une fois admis que la série des décans astrologiques, disposés régulièrement sous leurs signes du zodiaque respectifs dans le planisphère de Dendérah, est bien authentiquement une série antique, usitée dès l'époque de Séti P', on se demande quel rôle ces personnages célestes pouvaient jouer sur les anciens monuments. Le zodiaque étant étranger à l'Egypte antique, à plus forte raison la di-

1. Monitm. del Culio^ pi. XI et suiv. Cf. Iloras, VII, ix*-x.

314 EXAMEN DE l'oUVRAGE DE LEPSIUS

vision de chaque signe en trois décans devaît-elle être moderne en ce pays. En comparant les différentes listes monixraentales , on remarque au premier coup d'œîl que de grands changements avaient lieu entre les positions et les valeurs relatives des divers personnages célestes qui les composaient. Les variations sont de telle sorte qu'il parait impossible de supposer qu'à cette époque la série ait pu représenter une division d'un cercle céleste en trente-six parties égales d'une manière quelque peu scientifique.

C'est là une conséquence sur laquelle je crois devoir insister plus fortement que ne Ta fait M. Lepsius, en signalant ces différences. Tels personnages qui occupaient deux divisions sur les premiers monuments, comme Toum et Smat, n'en ont plus qu'une seule dans les listes plus récentes; tels autres se dédoublent au contraire, comme Choou et ^eou, et remplissent deux décans. Fent n'occupe plus à I>endérah qu'une seule division au lieu de trois ; Beschtibkati est également la réunion de deux divisions antiques. ^® personnage ^^^ ^* Lepsius nomme Sek (?) et dans lequel Champalli^^ *\^\* pensé reconnaître Orion, varie entre quatre et <^^^^ divisions. Enfin, ce qui est peut-être plus grave, le dé>^^^ Reouo est déplacé à Dendérah de quatre divisions entière^- ^^ ^^^*® ^^ monument de Ramsès II présente déjà d^ graves différences avec celle du tombeau de Séti I« son V^^^' ^^^^^^ ^^ différences eussent été impossibles chez 1^^ Égyptiens, peuple si scrupuleux, s'il se fût agi (J'^J^ç di vîsî^^ du ciel en parties égales scientifiquement et hiératia^^^^"* ^^^^' ^® P^"^' ^^ ^^^^® ^" tombeau de Ramsès IV O^^P*® trente-sept noms bien distincts.

Toutes o r\l^^^^^^^^^ s'éclaircissent lorsqu'on reconnait ;ivAP. TVvf ^ ^s a ^ ces personnages célestes étai^nf: nnfi^^-

avec Af fois les

5 OAC CX.*-*^ '-'^w******. w

T. • ^ 'ï^^ ^^ personnages célestes étaient autre- '"'s les x>^^?^"* j-otecteurs des trente-six décades de l'année. Mais dan«^'®^ ^ï^née de trois cent soixante-cinq jours, les cinq jou^^ "°® jéinentaires exigeaient une demi-décade de V^'^s- Léo ^™^£>nts prouvent que l'on continuait à compter

les décades sans interruption et sans s'arrêter à cette difficulté ; en sorte que les décades de deux années successives commençaient alternativement le 1*', le 11 et le 21 de chaque mois, ou le 6, le 16 et le 26. Les génies étant protecteurs du premier jour de la décade, dans les années de la première espèce, il y avait trente-sept premiers jours de décade. Dans une année où les décades commençaient les 6, 16 et 26 de chaque mois, il n'y avait que trente-six premiers jours ; aussi au tombeau de Ramsès IV, où une pareille année est représentée, les trente-sept personnages n'ont que trente-six dates différentes, les deux décans Beschti et Bekati ayant chacun séparément la même date. Voilà, si je ne me trompe, la raison de ce nombre de trente-sept que M. Lepsius n'explique pas.

On comprendra facilement qu'une série de trente-six ou trente-sept personnages célestes, protecteurs des trente-six décades et demie d'une année vague, ne pouvait pas concorder avec une division d'un cercle céleste en trente-six parties égales. Les deux rôles distincts de cette série sont représentés au Pronaos de Dendérah. Nos personnages y apparaissent deux fois. Dans la rangée inférieure ils ont, suivant toute probabilité, leur nouveau caractère de décans zodiacaux. Comme dieux de la décade, ils escortent à Edfou les dieux des jours, des heures et des mois, et c'est au même titre qu'ils accompagnent sur le plafond du Ramesséum la représentation de l'année.

J'ajouterai qu'un passage des légendes de ce plafond me semble bien préciser leur caractère. Les dieux du ciel du midi disent à Ramsès II que le dieu Phré lui accorde de briller comme la céleste Sothis, laquelle lui départira de nombreuses périodes et des inondations abondantes. La légende continue ainsi :

nu

^XAMEN

DE l'ouvrage 1>E LEPSIUS

issentàtoi les dieuos célestes au premier jour

éM^^ jiAcade pour rendre prospère Vannée tous les

Q^^^^f^>^^ ru essentiel d'établir très nettement cecarac-

'' ^^^^^^^^-^ ^'' ^des constellations ou parties de constellations

os. *^ -tii^l^^ la list® des décans zodiacaux, pour qu'on ne

vce *^ ^ *^^ rinséqnences erronées de leur présence sur les

'o^^^^ A^^ Vjaraoniqvies . On voit qu'elle n'implique ni la

x^ ^ <a^^*^ ^^'une division mathématique du ciel en trois

^^^ \^&^^^ degrés, ni à plus forte raison l'usage du

^\^c¥^®- eve^ir au planisphère de Dendérah, cette

^ ^ow^ ®^ ti<>^ ^^^* vidée, M. Lepsius recherche sur ce

eta^^^® ^^ planètes qui doivent s'y trouver suivant toute

^ otivvï^^^* ^ J: le zodiaque connu sous le nom de Bianchini

^patetxce- ^^^p d'analogie avec celui de Dendérah, les

^\ki ^ heauco ^ ^^^ par des bustes inscrits dans des

^laiifetes ^^^.gposés derrière les décans en commençant

^^i-clôS et T^ occupetit la place de ce que les astrologues

.-^a^r îAars. 1 s .^^^^ exerçant leur influence sur les signes

appelaient ^®® \itnites. M. Lepsius ne retrouve, il est vrai,

lac*^^*^^!^ l^le à t>^^**^^^' mais il reconnaît les planètes

Z^ioti desem ^^^g^t^nages qui marchent paisiblement le

^^j\B • ^^f^ ^^ ïxjain. Cette circonstance rappelle le titre ^o^P*^^ î» • était donné aux planètes par les Égyptiens ':^^^^'tuetUaBte d'Apollonius.

^xx^^ l 1 série des décans, ces personnages sont les seuls ^pres ^^^^pagnés de leurs noms. Les planètes donnent ^^jiî ^?^^^ d'abord ^ ^^® observation fondamentale, c'est ix^^ ' pas voulu reproduire à Dendérah le fameux thème d^^^^^ monàe comme sur les médailles de la huitième t%^^^. d'Antonin, car leur position est ici complètement a.i^2érente; on peut soupçonner, au contraire, que la position S^^ planètes est en rapport avec la date du planisphère, car, S^^ iQ pronaos qui est d'une autre époque, elles sont dans s^^^ ordre différent. Ceci confirme encore leurs rôles de

planètes, car les autres personnages célestes ont conservé leurs positions relatives. Le tableau suivant fera embrasser ces changements d'un seul coup d'œil :

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