DU VICONITE EMMANUEL DE ROUGÉ LXVII
is le Musée du X-ouvre était rempli de manuscrits, dont variantes devaient permettre de reconstituer un texte corrwt. Après quinze ans d'essais, en 1861, Rougé pensa que le ïnoment était venix de faire participer aux résultats de ses recherches non plvis seulement le public de l'Académie, WîiMv^ cil 1859, Tuais les savants de tous les pays, et tandis q\{\\ commençait la pviblication de Tun des plus beaux exemplaires Yiièratiquies du Louvre ^ il confia à la Revue archéologique un morceau de ses Études sur le Rituel funéraire des anciens Égyptiens*. Il débutait par des considérations générales sur la valeur du recueil, montrant par quoi \e titre de Rituel que Champollion lui avait imposé peut se défendre contre le terme moins large de Liore des Morts queL.epsius avait proposé. Il en passait ensuite en revue le contenu complet, traduisant les rubriques de tous les chapitres et en expliquant l'intention, puis il prenait l'un des plus caractéristiques d'entre eux, le xvii®, et.il en présentait la traduction française avec un commentaire. On sait aujourd'hui que ce chapitre offre la particularité, unique jusqu'à présent dans la littérature égyptienne, de se composer d'un texte et d'une série de scholies superposées. Le texte ne se rencontre que très rarement isolé et d'une seule venue, mais il est découpé en versets, dont chacun est accompagné d'une, deux, trois et parfois même quatre gloses séparées Tune de l'autre par des formules ; ces gloses procédaient de plusieurs écoles théologiques qui parfois s'accordaient si peu entre elles que l'une attribuait au dieu- Soleil une origine aqueuse quand l'autre le déclarait une forme du feu. Le commentaire de Rougé négligeait toutes les questions philologiques : il lui aurait fallu, pour les discuter efficacement, plus de signes hiéroglyphiques que
1. E. de Rougé, Rituel funéraire des anciens Égyptiens, Xexte complet en écriture hiératique, I-V, in-f, Paris, 1861-1854, Duprat et.¥ranc^.
2. Reçue archéologique, nouvelle série, 1860, t. I, p. 60-100, ^^0-^^^ 337-365; tirage à part, in-8% 83 p. et trois planches, chez Di<^i«^'
LXVni NOTICE BIOGRAPHIQUE
les règlements absurdes derimprimerie Impériale ne Tautorisaient à en prêter à des particuliers. Les faits religieux seuls y étaient expliqués avec une sûreté d'information qui ne laissait rien à désirer. Charapollion avait déjà indiqué le sens des parties maîtresses du chapitre cxxv, mais personne ne s'était encore hasardé à étudier si fort en détail un autre chapitre : Rougé enseigna comment on devait s'y prendre afin d'entamer ces documents et de leur arracher les notions qu'ils renferment. Il promettait pour l'avenir toute une série de mémoires analogues qui seraient consacrés aux autres portions du Rituel et qu'il insérerait dans sa Chrcsiomatliie; même, dans la séance du 27 mars 1861, il lut à l'Aciidémie la traduction du chapitre lxiv et un long commentaire dans lequel il démontrait la valeur de ce document; il l'annonçait comme devant paraître prochainement dans la Revue archéologique en suite de l'article sur le chapitre xvii*. L'analyse que nous en possédons fait regretter vivement qu'il ne lait pas publié, mais la multiplicité de ses occupations Tempècha toujours de mettre la dernière m:iin à ce beau travail. Ici encore, il se contenta d'indiquer la méthode à suivre et un premier exemple d'application de la méthode.
Cet exemple porta aussitôt ses fruits. Birch avait rédigé et imprimé une traduction complète du Livre des Morts, en appendice au dernier volume non publié encore de l'édition anglaise de l'ouvrage de Bunsen : il la retira de la circulation, sitôt qu'il eut lu l'article de Rougé, et il la remania entièrement*. D'autres égyptologues choisirent des chapitres isolés, et ils en préparèrent des éditions ou des
1. Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions^ 1861, t. V, séance du 27 mars; cf. Virey, Notice biographique de Horrack,
p. XII.
2. Notes manuscrites de E. de Rougé (1862). C*est la traduction qu'il avait annoncée à l'Académie, le 12 août 1859; cf. p. lu de cette Notice
biu(ji'aphique.