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Lettre du vicomte J. de Rougé, en date du 18 août

pu VICOMTE EKlNf ANUEL DE ROUGÉ LXXVII

^wnal, et il comptait l>ea,\icoup sur l'appui de Rougé pour Jobtemr. Aussi, dès qvie celui-ci lui annonça son intention, dans les premiers jovirs de mai 1863, et lui demanda M renseignements néeessaires pour organiser l'expédition Hetéc, illui écrivit \ane longue lettre où il lui en témoi- ^mX'sa.'^cAe : u Mes ou^vriers, mon temps, ma personne, je i> me\s tout k votre disposition, et il ne dépendra pas de )) moi que votre voyage ne vous soit agréable et utile à la 0 science. Comptez donc sur mes services et sur mon dé- )) vouement sans bornes ; dans ma position, ici, je ne suis )) pas sans pouvoir quelque chose en ce qui regarde les \) antiquités, et dès lors vous pouvez être certain que l'Egypte » entière vous sera ouverte ; avec le personnel dont je dis- )) pose, il n'est pas un monument que vous désiriez voir Yi que nous ne puissions vous montrer. » Il lui expliquait que, sous le règne de Said, il lui aurait garanti à coup sûr le prêt d'un des yachts à vapeur du vice-roi, mais qu'à présent il ne répondiiit de rien ; il le renseignait sur le prix des dahabiéhs et sur le coût de la vie à bord, lui conseillait de louer un bateau à vapeur, et finissait en le priant de ne prendre aucune décision avant d'avoir reçu de ses nouvelles'. Un mois plus tard, il montrait la même bonne volonté dans une lettre adressée à Desjardins, a Je ferai » certainement pour M. de Rougé tout ce que je pourrai, » lui écrivit-il, et j'ai l'espoir qu'il s'en retournera en » France aussi satisfait de moi que de l'Egypte elle-même. » Si M. de Rougé veut s'en rapporter à mes bons soins, il » trouvera, en effet, ici, de quoi occuper son temps. Déjà, » d'ailleurs, j'ai parlé de lui au vice-roi^ et je ne désespère » pas de lui obtenir un bateau à vapeur, ce qui faciliterait » singulièrement ses courses. Quant aux monuments, V^^' » rai certainement, à cette époque, des hommes êl ma dis-

1. Lettre de Mariette à Rougé en date da 16 mai 1863, coxnmvim^^ par le vicomte J. de Rougé.

LXXVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE

» position, et vous me connaissez assez pour savoir que je » aérai tout le premier à lui déblayer et à lui (aire voir tous n ceux que je connais'. » Il avait même promis de faire venir les stèles du Gebel Barkal au Caire en temps utile pour qu'il pût les déchiffrer tout à l'aise, et, depuis lors, rien n'était venu démentir ces bonnes dispositions. Rougé pouvait donc croire que Mariette ne lui gardait pas rancune de l'échec qu'il venait de subir dans sa candidature. De fait Mariette l'accueillit fort bien, et lui ouvrit largement son Musée, mais il n'était pas assez en faveur pour faire davantage : le bateau et les ouvriers seraient demeurés probablement à l'état de promesses, si d'autres influences que la sienne n'étaient entrées en jeu.

Lorsque Rougé, présenté par le consul général de France, fut reçu en audience par Ismail Pacha, celui-ci l'étonna par sa cordialité : il lui accorda d'entrée de jeu l'un de ses bateaux les plus beaux, et ce qu'on appelait le sercice, c'està-dire l'entretien aux frais du trésor, pendant toute la durée du voyage. Rougé, un peu confus de tant de générosité, n'accepta qu'une partie de ce qu'on lui offrait : comme il tenait à conserver l'entière liberté de son temps et de ses mouvements, il pria qu'on lui donnât un des vieux bateaux^ et il refusa le service avec mille expressions de recon — naissance. Il craignait qu'une réserve si rare chez les hôte^ de l'Egypte ne refroidit les bonnes diapoaitiona qm *es manifestaient à son égard : il n'en fut rien pourtant mtt^ auMntraire, l'entourage du souverain \e combla à'atoUo<^^ et de prévenances dont il eut bientôt V A" • O^ difficultés sérieuses s'étaient élevées entr .fl^*^^*^™^- ^ /^ la Compagnie de Suez au sujet des ter ' ^^ ^g^çtieil canal d'eau douce, et le litige était ti '^^^^ ^^^^^^A^*^^ une commission d'arbitrage, dont jP?^^*^t ^V'à.t

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