‹ Œuvres diverses et inéditesChapitre 11 sur 46 · Au nom de Liberté descendront sur vos pas · texte numérisé non relu

Au nom de Liberté descendront sur vos pas

» Le héros Béarnais soutient votre espérance;

» Accaurus à sa voix des cités de la France,

» Ses amis dans vos rangs combattent aujourd'hui.

» Plus puissant quelque jour il sera votre appui:

y> Elisabeth vous doit son alliance auguste;

» Car elle hait PhiKppe, et sa haine est trop juste!

» Unis à vos drapeaux , les guerriers d'Albion

» Viendront du Castillan punir rambition,

'■» Et, le laissant régner aux rives âa Mexiqi>e/ ' , .

31 Briseront sur nos mers ^on trident despotique.

31 Marchez ^ que vous importe un impuissant courroux?

» Marchez^ encore un pas, ia victoire est à^vous.

» Alors à vos enfans vous léguere% la gloire^ ;

* Des travaux, des exploits, des vertus à l'histoire j .

p Aux rois ambitieux un cuisant souvenir, .

V Un exemple immoriel aux peupW.à venhr. «

Il se tait; mais long-tes^ps son éloquence ajitii^ro Retentit dans les cœurs de Vassemblée entière^. Lalain menteur une fois ranimant sa tiédeur, Lumay, de ses transpcyrts laissant calmer l'ardeur ^ Etonnés d'être unis, par un commun hommage , Au VQçu de Ba^nevelt ont donné leur suffitige^ Tel un. fleuve opulent, cher aux cultivateurs,. En déployant l'^ur de ses flots bienfaiteurs. Attire le ruisseau , qui sur l'aride plaine Epanche une eau dçrmante et lentement se traîne ^ Et le fou'^ueux torrent, qui ^ du sommet des monts Tombe et retombe au loin de vallons en vallojis : Et baignant avec lui des campagnes fécondes; Le ruisseau^ le torreut , viennent grossir ses ouâes^ Bientôt dans les remparts d'une riche cîté^^ Vont porter Tabondance et la prospérité.

Les décrets sont rendus ; la Batavia antîquo Ay^ç orgueil ç'élève au rang de Républiq^ue ;

On abjure PliîKppe ; on renonce à des roîs ; Du peuple souverain le nom préside aux lois; Les Etats réunis, du peuple mandataires , De son pouvoir sacré sont les dépositaires; Ou élit, pour régler les communs intérêts , * Par des soins assidus, vigilans et secrets, Nassau, chef des guerriers dont il est le modèle, Barnevelt à la gloire, à son pays fidèle^ Maurice et Chatillon^ rivaux dans les combats,' Boizot , vaillant comme eux, comme eux cher aux soldats^ Au sein de Rotterdam, et bientôt dans l'armée , De ces grands changemens la nouVeHe est seinëe : Les membres des États mêlés aux citoyens.

Sont de la Liberté proclamés les soutiens :

Tout s'ébranle; et déjà, sous Feffolft ûDanitae De ces républicains, que ta vengeance auim^> Sous des miniers de bras, parla Mine pottssés , Sous les pesans marteaux frappant à coups pressés , Du monarque déchu tombent les armoiries ,.

Les titres anrachés , les images flétries ; Ces symboles d'empire^ et ces signes nautets> ^

Avec pompe étalés sur le front des palaîs> *

Au ifidîeû des combats survivaient à Yem^ite t Tant avec le pouvoir l'habitude conspiré;.

Tant sous le joug royal îes peuples abattus , Sont lents à ressaisir leurs droits et leurs vertus !

Par Taîrain belliqueux une fête aunoncée Daus la cité paisible est bientôt çominencée ;, Un bal a rassemblé guerriers et villageois ; Le son bruyant du fifre au doux son du hautbois ^ Là^ s'unit en, cadence-, ici^ sous les portiques ,

Sur les quais opulens , dans les places publiques , Mille joyeux festins^ que raniment les chants^ Par degrés dans ]a nuit sont prolongés longtemps ; Et d'innombrables feux la ville au loin parée , Des rayons d'un jour pur semble encore éclairée. La Liberté^ présente aux jeux des citoyens^ A d'un peuple d'amis resserré les liens; Dans les banquets^ où régne une aimable franchise > Près de la pauvreté la richesse est assise ; Chacun donne et reçoit ^ et partout sont offerts Les tributs des forêts et les tributs des mers , La douce Malvoisie^ et les vins de la France^ Et le nectar qui coule au Cap de l'Espérance. Une coupe i la main^ Chatillon le premier Dit: au Peuple Batave : il est sage et guerrier. Une coupe à la m^in , Maurice lui réplique :

Aux Chevaliers Français , au courage héroïque I Aux États , dit Bolzot ; ils nous rendent nos droits. Que ce jour soit béni ! que du temple des lois Jamais un souffle impur n'empoisonne Tencéintel Nassau se lève ^ et crie: à la Liberté sainte ^

A l'empire du peuple^ unique souverain !

Et Barnevelt ajoute : aux droits du genre humain !

Si de vieu^ pré)ugés|^lui font toujours la guerre ,

Sur eux et sur les rois reconquérant la terre ,

Qu'il pense ^ et qu'il soit libre, afin qu'il soit heureux!

Ia raison triomphante, à ces cris généreux,

Fait au sommet des airs , en déployant ses ailes,

De son divin flambeau jaillir trois étincelles r

Aux hords de la Gironde, en <les vallons fleuris/

L'une alla de Montaigne échauffer les écrits ;

La seconde à Floredce éclaira Galilée ;

Sur le rivage anglais la troisième envolée

Brillait devant Bacon dans le nouveau chemin

Où ce profond penseur guida l'esprit humaiué

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