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main gauche ^ que de se rendre : et que là droite leiir serçirait à mettre le feu à la ville ^ s'ils ne pouvaient résister au besoin. Baldès , qui commandait les troupes Kspagnoles , était déterminé à donner l'assaut à la place de Leyden. (Elle, ne pouvait résister ). Mais ayant remarqué la douleur profonde que cette résolution causait à une jeune personne, qu*il aimait éperdiunent, (elle se iiommait Madeleine Moons , ses parcns et ses amis étaient renfermés dans Ley den) , il renonça à son projet : il ne pouvait douter aussi que la disette ne le rendit bientôt maître de la place sans coup férir. Mais pendant qu'il se flattait de cet espoir , et que les assiégés étaient prêts de succomber à la fatalité de leur situation, dans la nuit, un ouragan soulève les flots,' et les pousse au loin dans les campagnes ; les Espagnols sont prêts [d'être submergés j profitant de leur effroi, les assiégés font une sortie et attaquent FennemL Les Espagnols ,, saisis d'une terreur panique, qui s'accroit encore par le fracas d'une immense muraille qui s'écroule, ftiyent de toutes parts , et échappent avant le jour , à la fureur des assiégés qui se disposaient à les poursuivre , quelqu'accablés qu'ils fussent par la fatigue et le besoin C'est ainsi que Leydeu
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fut délivrée le 3 Octobre 1674 > après un siège de cent vingt -neuf jours, heyden est délivrée i s'écriait-on dans tout le pays , Leyden est délivrée^ Dieu soit béni.
Le fanatisme était l'ennemi le plus fatal à la prospérité des Provinces-Unies j il' ne cessait de semer le trouble dans les cités • d'arrêter même le cours des triomphes de cette nation héroïque.
Cependant le prince d'Orange , qui venait de se marier avec Charlotte de Bourbon (gg) , ( union qui fournit à ses ennemis de nouveaux prétextes de calomnie) s'arrache à la tendresse d'une femme adorée et se rend en Zéelande , oii les royalistes se portaient pour lui ravir la supériorité de ses forces navales; son trajet est signalé par la destruction de douze navires ennemis , que sa flotte brûla. Mais il ne put arrêter la marche triomphante des Espagnols que le succès d'une expédition extraordinaire rendit encore plus entreprenans. Des royalistes Zéelandais indiquèrent à Requesens des moyens de pénétrer jusque dans l'îl^ de Duiveland, et de là dans celle de Schouv^en, en suivant des bancs de sables et
(ê'f) "^75 ; cette princesse était fille de Louis duc de Montpeusier.
traversant
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li^àversant le <îaiiaî éè -Zyp : Réfjuesens fit passer à Tholen , trente galères et plusieurs petits bâtimens , avec troisi mille hommes d'infanterie , dé la cavalerie et des piotmîers. Il choî^t quinze cents hommes , destinés avec les pionniers -à tenter le |)àssage^ il leur dcmnà déèi vivres {icàir trois jônîrs. lis 28 Septembre (M) a minuit; éclairés "par la lune alors 'sur son déclin, il5 commencèrent leur marche audacieuse,
défilant Serrés et deux à deux j la flottfe Zeelandaisc de quarante bâtimens se présente et va se placer ^ur leurs flancs ; quelques bateaux plats s'engravent dans les bancs de sables pour approcher de plus près Feniïemi. Une aurore boréale vient tout-à-coup éclairer ce spectacle extraordinaire. L'ennemi est à découvert, la flotte Zeélandaise dirige son feu sur les E^agnols, mai^ cette clarté excessive qui scintille sur les ondes, offusque la vue des pointeiurs, dont tous
les coups se perdent dans les flots Les £s^
pagnôls regardent te phénomène météorologique comme un signe miraculeux et leur intrépidité ne connait plus d'obstacles. Malgré les efforts des Zeelandais , le plus grand nombre aborda dans File. Mais l'arrière garde fiit surpriée par le retour de là
{h/i) iS'jB.
marée, et dix plonxûers seulement al)Ordèrent M rivage.
Après cette expédition les lEspagiLolâ et ks royalistes s'emparèreust de pltisieu^rô places^ Ife perdirent Tun de Ifeurs meilleurs généraux, Cjbiappin Vitelli : et Je gouverneur Reque^sens fut emporté si subitement par -une^Çèvre aiguë qu'il n'evit pas le tepaps de désigner son successeur. Il succomba ^u chagrin ({ue lui causait, le déplorable état de son administration relativeniept aux finances. Le trésor rojal même était épuisé par la guerre que Philippe avait eu àr soutenir contre les Turcs* Les confédérés profitèrent de la mort du gouverneur pour renoua: leurs négociations en France et en Angleterre , afin d'obtenir un protecteur. Le choix en fut laissé au prince d'Orange. Le Conseil - d'Etat s'empara du gouvernement ^ . mais il n'avait ni assez de crédit, ni assez de îox^^ pour vi^inçre les obstacles sans cesse renaissans. Les Ltats*Généraux se rassemblèrent , et une pacification fut arrêtée. Mais ils mirent trop de lenteur dans leurs opérations j et Philippe , cédant enfin à la nécessité ^ envoya son frère pour régir les Pays-Bas. Don Juan
y arriva avec une présomption qui le perdit ; il
apprit qu'il n'était pas si facile d étouffer les Beiges
^Uins ieur hèurre y ainéî qu^il ie iliisait i)ar âllusion ati
mot connue du duc d^Albe. (u)Lés £tats*<j^é]%iux ar^
rêlerént de lui envoyer une députqtion. Le prince d'O
range leiw éciivit de Middelbour^ (AA) , pottr les f»^^
munir' contre la politique de ce n<Mà veau gouverneur î:
«r Vous, ne sauriez trc^ vous dé£er \ disait *^ii, dNme na-^
j» . tlon qui a toujours d&erthé à encknrniir Votre {Vru«-
» àsàce pour vous opprimer phis K&xfement. Vous ne
^ connaissez pas les princes : s^ils lie peuvent se faire
j» ^béiir en despotes y ils sse* vengent ^ en' tyraiis ; iàur
» dépit est yiirieua^i' leur vengeance' impiacabiet
» QnaaoA ils ne<Ia foât pas éclater ; ' c'est que le^ moyens
V {eur manquenti Le siang (f Egmont y dé Hoome , (9)
» et de tant d'autres iibmotés avedljaplus àti^ote periî*-
» die^ vous atteste cette terribi^e vémtéi..: Si^Voûs n'oses
» avoir recoure à rotre trouragè pouar'repousser la ty-
M rannie, efforceiî-vous d'y mettre* des bornes j exigez
» la tenue dé vr» assemblées; reckttiez enfin tous vos
j» privilèges; ....... CuiUaume ^n^ même-temps mit
tout en usage - pour découvrir les secrets du Pripce Don Juan. Celui^i , qui ne doutait nullement pouvoir subjuguer à son gré les Pays-Bas , méditait déjà
i4— ki
(i{) «J'ai sçu autrefois dompter un peuple cle fer, et je ne saorais pas réduire lin peuple dé beurre ?» ' (Ick) En ^576.
Jes.imoyens. de pafiâer »en iAnglçterre , pour brîs(»r les fer3 de Marie. Stuart ^ afin, de > 1 epoas» et de jouir de$ droits, que. cette princesse réclamait; Le pape Orégoire XIII avak promisr d'abandonné en £a* :V«ir ^ Don Juan les protentions du saint-siège sur le troue d'Anglfiterre;:: te. prince d'Orange découvrit toute cette tmme: à: Elisabeth.^ Don Juaxii S' empara ^ phi6ieuxsr.pia:bes «en (Belgt^e ; il envoya à An'vers une troi^ d'Allemands: pour, surpreatidiie* cet te ville ji mais ils haejit surprii: eux^ménkes t et :défmts. liés cris dçwoilàlesgueiiac^' les gueuzç yles ixurent e(t^ fuite.... A cette nouvelle ;Doà Juan» dem^gidA tme suspeùsion, d'armes àux:éiats juscfcr^àtce 'qccd le it>i l'eut fait remplacer. Xies^^UoHandaîs profitèisent de cet tnstant. pour, réparer leurs digues. Lepmiice 4rOrânge , ayecâon épouse, parcourut les villesr.pour y rétablir l'ordi^ 9 tous'les bâbiiaus l'jtceuèiUirent avec transport. Ib le noknmaieiit leur libérateur.; et dans ia West'Frisèr ou 1^. dottua lé nom . de Pèra , i que la postérité lui a ccmservé. Pèt^iGuillaume est -i;ei!U/ , disaient ces bons et braves citoyens:!..., Père 'Guillaume est venu ! Et leurs yeux brillaiGQt: téurà-tour d'une noble ardeur eriiô la plus dbucfe joie ! .... Tout le peuple lui décerna le titre de Père dé la Patrie , de Protecteur,* de Soutien des lois
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et de la liberté Belgique. On le proclama Ruward du Brabant.... ,
Les grands , jaloux de l'autorité et de Tascen*dant de Guillaume sur le peuple , appellèrent TarcHduc Mathias, pour gouverner ces contrées. Les états irrités d'une élection sur laquelle on ne les avait point .consultés, voulaient renvoyer l'archiduc, mais le prince d'Orange les engagea à le reconnaître.
Alors ^les états déclai^èrent Don Juan ennemi de la patrie, conclurent une imion bien remarquable entre le^ catholiques et les protestans , qui yi/rèrent de se secourir mutuellement; ils dictèrent ensuite des conditions à l'archiduc ^ et , se réservant la souveraineté , il lui confièrent le pouvoir exécutif. L'archiduc qui accepta toutes ces conditions, nomma
le prince d'Orange lieutenant-général du gouverneur. Gijiillaume était revêtu d'un pouvoir* que son génie rendait infini. Mais environné de haines , de défiances, et d'intérêts contraires, ne pouvant mi^ttriser tqus les partis se ^heurtans sans cesse , le prince d'Orange eût à vaincre desobstacles sans nombre. Vainement il pressa les états de se préparer à la guerre , et de cliasser Don Juan , avant qu'il ne lui arriva, des secours. Le célèbre Alexandre Famèse, prince de Parme , dont nous ayons déjà parlé , fils de Mar-
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guérite autrefois gouvernante , arriva dans les Pays^ Bas , avec les vieilles bandes espagnoles et italiennes , xpi reunies à diverses troupes «allemandes et Iranigaises formèrent une année de plus de vingt mille bonunes. Ce prince avait fait peindre une croix sur son étendard, avec cette devise : sous ce signe fai imincu les Turcs; sous ce signe fe afain-
crai les hérétiques... Le pape avait déclaré dans
une bulle que tous les soldats qui périraient dans i::ette nouvelle croisade , iraient au ciel ! . . . Le^ confédérés firmes se retirèrent dans le Brabant; •leur retraite fut périlleuse. Six nulle des lem^ res-. tèrent sur le champ de bataille. La jalousie qufe Félé- Tation de Guillaume avait excitée parmi les grands, seigneurs du pays, fiit la cause de cette défaite.
Amsterdcan envoya aux états wte pleine adhésion ^ tout ce qui serait fait pour le salut conamun. De sages dispositions farept prises , mais les sectes et les partis sef désolèrent toujours enir'eux. Le prince d'Qrsgige lui* même ne put échapper à la calomnie qui l'attaqua vainement. Son ame ét^it inaccessible aux traits de l'envie , comme à ceux du sort. Les obstacles mêmes sem})laient encore ajouter à la force ^e son génie } \i^ V*P^PÇ& des éU^s aiik nombre ^ dis mill^.
hommes, étaient campées à Rimenant; elles avaient à leur tête le comte Bossu, et pour maréchal-decamp le* brave et honnête de la Noue. Son livre , intitulé : Commentaires politiques et militaires ^ appelle la Bible du soldat, ajoutait encore à tous ses titres de gloire : son nom valait ime armée. l«es confédérés furent attaqués à plusiem*s reprises , par les troupes de Don Juan, mais toujours sans succès. Les négociations entamées avec le duc cT-^/zjfbw venaient enfin d'être conclues, et les français arrivèrent avec un renfort considérable. Le duc d'Anjou, sous le titre dç protecteur, s'engagea à entretenir pendant trois mois un corps de dix mille hommes au service des états. Ce corps d'armée réuni aux confédérés , forma \m ensemble de cincpiante mille hommes au moins , ce cpx surpassait de beaucoup les forces de Don Juan^ Mais fe pays livré à de contmuelles dissentions et épuisé par des sacrifices sans nombre, ne p^t subvenir à tous les besoins de Tarméc , qui se licencia peu à peu- d^elle-même.
Heureusement que les forces Espagnoles s'évanouirent aussi. Don Juan , abandonné à lui-même ,. accablé par les revers > désespéré de n'avoir pu accomplir ses projets ambitieux» et sans doute aussi, victime d'un frère ombrageux et jaloux , consumé
par une maladie de langueur, ou p^^Ie pQÎ^on., mou*' rut à l'âge de 35 ans j il était ne à R^tisbonne en A.J^ lemagne. Ou disait aussi gue par ,^a mère ^ il te-r nait encore au sang Autrichien; on prétend c[ue Charles-Quint , pour cacher la naissance incestueuse de Don Juan , avait engagé une danie , nommée Barbe Blombergue, à se déclarer pour sa naère.
Le gouvernement du fils naturel de Charles-Quxjcit dans les Pays-Bas , fut une nouvelle occasipn ppw^ le prince d'Orange , de développer son adxnii;^£r^ ble politique et toutes Iqs ressources de songé-r nie. Que ne lui était - il possible d'obtenii^ sur Iq fanatisme , les avantages qu'il sçut remporter sur lu tyrannie ? On ne peut se faire une idée des sottises, de toutes. les infanues^ qu^ les disputes de ^•eligicai enfantèrent. Le crime et le scandale ,y présidaient tour-à-tour. Ici (//) l'on poursuit des Cordeliers accusés et convaincus de pédérastie. L'un deux , Cor: iieille Adriaanzoon , né à Dort , orateur barbare et fougueux j, prêcha contre l'union conjugale , et les dangers des plaisirs de cette union, y il subjugua un grand nombre de consciences timorées , et parvînt a inspirer aux femmes mariées de vives allarme^
(//) A Gacd et k 6ruj>es,