‹ Œuvres diverses et inéditesChapitre 9 sur 46 · DU DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

DU DISCOURS PRÉLIMINAIRE

(i) Les armées de Philippe II, étaient commandées par Ferdinand Akarez , de Tolède , dtic d'Albe*, et Philibert, duc de Savoie , qui avaient tous les deux une grandie réputation militaire.

(q) Celte maxime sublime a inspiré à Voltaire ces beaux vers :

£t. périsse a jamais Tafireuse politique

Qui prétend sur les cœurs un, pouvoir despotique ,

Qui vent , le fer en main , convertir les mortels ,

Qui du sang hérétique arrose les autels ,

Et suivant un faux zèle , on l'intérêt pour guides ,

Ne Beri un Dieu de paix que par des homicides f

( Henriade. Chant 11. ) '

(3) Ignace de Loyola (Inigo) , né en- Biscaye, en i49i > ^^ da seigneur d'Ognez et de Loyol«, fut d'abord page de Ferdinand Y, roi d'Espagne > puis militaire. Dans sa jeunesse. iji se montra fort brave en face de l'ennemi et très-g9lant auprès des dames. Une blessure qu'il reçut k la jambe gauche et qui le &t boiter toute sa vie, Payant condamné long- temps au repos, son imagination ardente se livra aux contemplations religieuses. Dès que sa santé fut rétablie, il s'arma chevalier de la mère de Jésus* Christ , et se battit k outrance contre un Maure qui avait 6sé mettre en question la virginité de cette sainte mère. Un chevalier de la Vierge Marie ^ méritait bien de devenir un jour le général Jtis soldats du Pape, Après avoir fait un voyage en terre sainte , où il se livra aux plus dures mortifications, il vint à Paris, en i5a8 , entrii au collège

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de Montaîgu , oii il recommença ses humaniiés; deik il passd à Sainte-Barbe, puis aux Dominicains, où il fit successivement'. sa Philosophie , sa Théologie ; mais les humanités , ni la philoso^ phie scolastique , pas même la théologie, ne purent rendre son esprit à la raison. On eût tontes les peines da monde a Pempêchcp de se jetter par une des fenêtres de sa chanibre. Son génie , devenu plus calme , conçut Tidée d'un nouvel ordre religieux, et ce fut à Sainte-Barbe, qu'il s'associa avec François-Xavier , Badadilla , Lainez et quelques autres 'adeptes , pour- £bnder cet établissement catholique , apostolique et romaini. Lres premiers religieux de l'ordre se lièrent par des vœux> en i534i dans l'église de Montmartre, à Paris, Ils se rendirent ensuite a Rome , puis k Venise , où ils furent ordonnés prêtres ; ils prêchaient en place pubHque et rivali-^ saient avec les baladins et les saltimbanques, dont ils excitèrent Tenvie. Le père Bouhours et le père Fabre rapportent que l'extérieur et le langage de ces frères jésuites semblaient si étranges , qu'ils excitaient les éclats du peuple. Le P. Fabre ajoute : «c mais ceux qui n'étaient arrêté que pour nre , s'en allaient » en pleurant leurs péchés. » Ignace retourna k Rome , en i539 , pour faire, approuver rétablissement de son' ordre* Le pape fit d'abord quelques difficultés , mais Ignace ayant îsi^outé aux vœux de pauvreté > de cbaAeté ; et ' d'obéissance , nn quatrième vœù tT obéissance absolue au, saint - siège, Paul III confirma cet institut , en i54o , sous le titre de tompagnie de Jésus ^ a laquella on donna l'église de Jésus à Rome. Le 2a Avril i54i 9 Ignace fut nommé général de cette nouvelle milice , qui prit le nom de jésuites, Jules III , en. succédant a Paul, confirma cette société py sa bulle du 22 Juillet i55o« Ce bref atteste quelle importance la cour de Rome attachait k l'institution des jésuites. Le saint -père y dît textuellement, « qu'ayant appris par son prédécesseur le )i grand avantage qu'/g/iace de Lojrola et ses compagnons » procuraient a Téglise , par leurs prédications , leur vie » exemplaire , leur charité , et leur dévouement entier aus )> successeurs de Saiut-Pierre^ il confirme leur institut et

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p avertît qtie toa$ ceux qui voivdront entrer dans «ette «om- » pagDÎe , doivent y combattre «ous rëtendart de la croix de » J. - C.^ obéir au souverain pontife , son vicaire sur la terre » » -se persuader qu'ils > deviennent membres d'une société qui » n'est établie q«e pour- ravancemeni des* âmes dans la vie » chrétienne , pour prêcher , instruire et pour remplir tons les » exercices spirituels >; pour enseigner les éleveraens de la re* » ligionaux enfanset toux, peuples >. écouter les fidèles. en .con« » fession, leur administrer les sacremens , consoler, le^. affliw gés , reconcilier, eeugc qui. iant dmsés ; visiter les prison- » niers, les pauvres > yet exercer tcfutes les ceuvces. de cha* V rilé qui concourent k la gloire de Dieu et au bien pu- » blic. etc. , etc. » . ^ .,

Jacques ' Lainez , Espagnol , l'un des premiers compagnons à' Ignace y lui succéda dans le.généralat, en i558. Ce fut lui qui dans la vingt - troisième session du concile de Trente ( le .i5 Juillet i565 ) , soutint que la hiérarchie était renfermée dans la personne du pape ; que J.-G. n'avait donné 99 mission qu'à St. - Pierre , de qui les autres apôtres avaient reçu la leur , et que le tribunal du pape sur la terre est le même que celui de J,'C, dans le ciel.

Théophile Bajrnaud lui attribue /e5 constitutions des jésuites tï la déclaration sur les constitutions ; qui , au jugement du Jésuite Alégambe , n^ont pas été écrites par une industrie humaine , mais inspirées par la divinité.

Les serviteurs du pape y que Ton appella les grenadiers de religion chrétienne , formaient au 17"'. siècle , une espèce d'armée composée de plus de vingt mille jésuites , répandu» dans toutes les parties du monde. Cette société née en France , eût beaucoup de peine a s'y établir. La Sorbonne elle-> même déclara en i55/^ , que les jésuites étaient plutôt institués pour la ruine , que pour Védijication des fidèles^

Chassés de la France en i594) ils n'y rentrèrent que dix ans. après y malgré les remontrances du parlement. Ce fut Henri IV qui les rappella. On les accusa d'avoir contribué k la «ons-

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piration ourdie cofttre Joseph I". > foi' de Portugal ; d'où ifs (tirent remoyés k celle époque ^ 1759. Louis XV, cédant aux voeux de toute la France , ^ les eit expulsa en iy65. En 1767 et 1768', les^/rois d'Espagne et • de Naples , le duc de Parme et le grand maître de Melthe «les rejavoyèrent aussi ; et enfin le .spirituel et sage Clément ]!&iy>par un bref du 31 Juillet 1773 , supprima l'ordre des jésuites. Qn mit alors dans la bouche de Pasquin ces 'pardes : et dis>ites dimisit inanes. Lés jésuites furetft "criblés' d'épigrammes: Nous ne rap«porterons que la suivante y extraite d'une histoire manuscrite du temps ; elle* a au- moins- le mérite de la concision :

Par un arrêt bien cimenté

Ils spnt fichus les hoos apôtres y

Et c'est justice en vérité

Car ils en qnt bien ^chu d'antres. ,

Pie yil, par une bulle du 7 Mars' 1801 , permit leur introduction en Russie 011 ils n'ont pu se maintenir. Aujonr« d'hui , on en menace encore la France ! Ce qui a fiiit dire il une muse Parisienne.

c( Des fils de Loyola le triomphe s'avance ; Chassés de la Russie, on les appelle en France; Mais Paris, aujourd'hui, ne peut subir leurs lois:..,; Us furent les soutiens de l'amour socratique \ Leurs voyages savans , leur zèle apostolique Apprirent, nous dit-on, aux Français autrefois, A nourrir les dindons , k poignarder les rois. »

(4) Philippe II déclara , par un édit du 26 Mars x58a , que tous ceux qui iraient a l'académie de Leyden (c'es-k-dîre k l'université fondée par Guillaume, en 1675 ) seraient regardés comme hérétiques et déchus du privilège de pouvoir aspirer \ aucune charge. ( Twede Placaat B. Van Vlaanderem ).

(5) Au démembrement de TËmpire de Charlemagne , les grands officiers obtinrent en partage des fie&j dont les uns

relevaient

televaient de la France et les autres de rJUlemsgne : c'est ainsi qùe^ soas la protection de l'Empire Germanique , les Proylnce^r Unies furent partagées en quatre fiefs principaux : la Gueldre , la Hollande , Tévêché d'Utrecht et la Frise. Ces princes , si magnifiquement et si arbitrairement récompensés par les successeurs de Gharlemagne, introduisirent le système féodal. — En S68 , un comte Frison , nommé Théodorich , obtint du Toi Louis , l'entière propriété de divers territoires. Les comtes de Hollande en jouirent ensuite par héritage ; et ces peuples , pour garantir la jouissance de leurs droits personnels , sacrifièrent une partie de leur indépendance. (Yojez Thistoire de Charles-Quint > par Robertson. )

(6) Philippe regardait la religion catholique > apostolique et romaine > comme le plus ferme soutien de son pouvoir. Le cardinal Bentivoglio rapporte ce qu'il disait a ce sujet : J?«nd^ndo il maggior servitio che posso a dio , rendo in consen» quenza il maggior ventaggio che posso alla mia corona*

(7) On attribue aussi k Philippe de Mamix , içigneur dd Sainte Aldegonde , le chant national de Guillaume , qui parut vers la fin de i568. A cette époque les persécutions contre la liberté religieuse se multipliaient, la patrie était dans le plus grand danger et l'espoir de secouer le joug s'évanouissait chaque jour : alors le prince d'Orange était retiré en Allemagne. C'est Guillaume lui-mên^e qui est censé parler. Chaque stance commence par une des lettres du nom de Guillaume de Nassau ; ( Willem Van Nassau }.

(8) Le poëme intitulé les Gueux est divisé par strophes > à la manière des Italiens et des Espagnols. L'auteur, Onno Zwier Van Haren , le publia en 1762. Depuis, Mlff. Bilderdjk et Fejrth , les deux meilleurs poètes hollandais viyans , en ont donné une seconde édition, avec des corrections relativement au stjle , qui était par fois dur et incorrect. Ce poème natio«* nal ne laisse plus rien k désirer dans son ensemble. Voici les titres des deux éditions dont nous Tenons de parler :

Db Geusen door JonkheâP Onno Zwier P^an Haren Friei edelman. ( Avec cette épigraphe. ) .

D Non tu divinam henriada tenta , ^

9 Sed longe sequere , et vestigia semper adora ».

( Stage lib* xii. ) Te Zwolle 176a , in-8».

Dé Geuzen Vaderlandsch Dichtstuk,

Amsterdam , 1785 , în-8*.

Dans sa première strophe , Tune des pias belles > le poète compare les révolutions de son pays aux révolutions du Nil y dont Içs flots s'élèvent , inondent les campagnes , et semblent détruire pour jamais Fespoir même d'une récolte ; mais le fleuve se retire et laisse sur le soi un limon bienfaisant : le soleil luit sur cet engrais fécondant 9 qui à son tour échauffe et fertilise la terre ; elle se pare de verdure , et bientôt une riche moisson dore la plaine, et répand la Joie et le honheur dans toute la contrée. Ainsi de Texcès des horreurs et des maux qui désolèrent la patrie 9 naquirent l'indépendance et la prospérité nationale.

(9) Le sang d'Egmond et de Uoome , etc.

Ce douloureux souvenir a été célébré par les poètes de la nation ; et le prix oflert par la société académique de la lau* gue et de la poésie pour ce sujet a été mérité et obtenu par M. Tollens. Son ouvrage en Hollandais a été publié en 1806, sous le titre de Poëme sur la mort des comtes d^Egmond et Hoorne y etc.

(10) Cette réforme du calendrier, proposée par Grégoire XIIT, est due 2i Lelio , citoyen de Venise.

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