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Papyrus de Sutirnès, II

14 LE CHAM ET l'aDAM ÉGYPTIENS

(1. 14), et : Je connais la tête du bassin {cf. le latin cap îi^ « source ») de Ma-ti. C'est Abydos, ou : c'est le chemin par'' lequel passe mon père Tum quand il se dirige vers la campagne d'Aalu pour arriver à la terre de l'horizon (1. 19, 20). Le bassin de justice, produit par la justice des hommes pieux, remplaçait pour eux les libations funéraires, et on en supposait la tête à Abydos, sorte de commencement de l'enfer, parce que la chaîne Libyque s'ouvre là comme une porte de sortie à l'Occident, vers l'Oasis appelée aujourd'hui El- Khargéh, c'est-à-dire « de la sortie ».

Le défunt prend donc le rôle de son père Tum, appelé parfois aussi le père Tum', pour s'en aller vers l'Occident.

Or, un des noms de l'homme était Tum, en copte Tjuie, et c'est ce nom qu'on employait quand on rattachait l'homme, comme fils, au dieu Tum ou Atum, et quand il s'agissait, dans les légendes, des hommes montés au ciel dans les parages du soleil" et de la lune^

Y a-t-il là un jeu de mots amené par une coïncidence fortuite? On pourrait le croire, et chercher ailleurs Tétymologie du nom d'Atum avec MM. de Rougé^ Brugsch ', etc., si les croyances relatives aux ancêtres de l'humanité, chez beaucoup de races, ne suggéraient invinciblement l'opinion qu'il n'y a là ni jeu de mots, ni coïncidence fortuite.

Ces peuples admettent généralement un premier homme divinisé" qui se confond d'ordinaire à sa mort avec le soleil disparaissant à l'Occident. Tylor dans sa Civilisation primitive cite plusieurs exemples du fait'. Le premier homme

1. E. de Rougé, Études sur le Rituel, p. 46-49; cf. Recueil, t. V, p. 197/

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