J. Martha, L'archéologie étrusque et romaine, p
Après avoir retrouvé ce type pour son propre compte dans le « gardien colossal » des palais, qui a « le corps et les jambe? » du lion ou du taureau avec les ailes de l'aigle et la tête » de l'homme », l'art assyrien adopta aussi le sphinx pharaonique sous les Sargonides, par l'intermédiaire sans doute de l'art phénicien', tandis que l'Egypte, moins imitatrice assurément qu'on ne le pense quelquefois', n'a guère fait qu'une' exception connue en faveur du sphinx assyrien (XVIII® dynastie); la Judée copia soit l'un ou l'autre, soit l'un et l'autre des deux sphinx : les chéroubs du temple de Jérusalem qui ombrageaient l'Arche de leurs ailes, « à l'époque » de Salomon, c'étaient des sphinx », suivant M. Renan ^ ; le sphinx se rencontrait, avec le lion, sur les tumuli étrusques', comme, au temps d'Hérodote, le griffon avec le sphinx devant les palais des riverains du Borysthène'; plus tard même, guidés par des analogies de forme ou d'attitude, les anciens voyageurs crurent reconnaître dans certains singes de l'Ethiopie' et de l'Inde' une race de sphinx, animaux faciles à apprivoiser, disaient-ils, et utilisant leurs joues comme poches à provisions', ce qui est le propre du singe, par exemple du cynocéphale de l'Ethiopie et du Kordofan,
1. Perrot et Chipiez, II, ChalcUe et Assyrie, p. 81 et 584-585.