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CHAPITRE CINQUIÈME TEMPLES (suite

Pylônes. — Les Égyptiens avaient une tendance marquée à diviniser ou à individualiser les régions (depuis la Thébaïde jusqu'aux fermes), et à plus forte raison les édifices religieux, comme celui de Gournah disant à son fondateur : Je suis ta demeure et ta mère ; ils allèrent jusqu'à élever un temple à un temple, celui de Karnak, Apt, devenu la déesse Apt\ Ils personnifiaient aussi les parties d'édifice qui présentaient un caractère plus particulièrement défensif, si Ton peut dire^ Ainsi, dans la grande salle de l'enfer où les dieux jugaient les morts, toutes les parties de la porte avaient leur nom et leur individualité, à peu près comme chez les Romains certains dieux des Indigitamenta, Limentinus, Cardea, Forculus, etc. Toutes ces sections de porte interpellaient le défimt à son arrivée et ne le laissaient passer que s'il connaissait leurs noms\ Les grandes portes du temple d'Edfou écartaient les ennemis et son enceinte détournait les impies''. Ailleurs, un prêtre ptolémaïque était prophète des serrures, des portes, du lion et du serpent d'un même temple''.

La structure imposante des pylônes, de leurs obélisques, de leurs mâts et de leurs colosses, éveillait notamment une certaine idée de personnalité et de vigilance.

Les colosses de Ramsès II à Tanis avaient (comme à

1. Champollion, Xutices, I, p. 702 et 306, II, p. 64, 72 et 244-253.

2. A K.arnak, des fondations furent instituées en l'iionneur de quatre obélisques; on leur offrit des pains, des libations (E. de Rougé, Mèlan(jcs,Ul, p. 105). — A'. M.

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