Hérodote, III
qu'Isis, cherchant Osii'is, parcourut les marais du Nil sur une barque de papyrus, et que depuis les crocodiles redoutaient les barques de ce genre'. Quant aux ombrelles qu'on voit sur les barques Sem, devant et derrière le naos central, elles avaient pu recevoir une signification mystique, comme les voiles que les anciens étendaient au midi des temples', mais leur rôle le plus ordinaire dut être simplement d'ombrager le naos; l'ombre était rare sur les barques, ce qui explique peut-être pourquoi l'ombrelle servit d'enseigne aux vaisseaux de guerre.
Outre les emblèmes, il y avait des formules pour la sauvegarde des barques. Lorsque la flotte qui accompagnait le dieu Horus prit la mer, Thoth récita les chapitres de protection de barque, afin d'apaiser la colère des flots'. Le même i)ersonnage était le grand protecteur de la barque d'Armachis* (Edfou), comme sa compagne', la déesse Safekh, était celle qui prononçait les formules protectrices (ut se-khou) de la barque divine^' (Saft-el-henneh). On a déjà vu qu'à Edfou le Pharaon priait pour le salut de VOutes nefer-ou du dieu local.
Le Papyrus magique Harris contient plusieurs conjurations contre les crocodiles, une, entre autres, qui était la propriété du Pharaon, et qui se récitait à l'avant de la barque, sur un œuf frais, l'œuf purifiant sans doute les eaux parce qu'il clarifie les liquides'. Un Livre pour protéger la barque existait dans la bibliothèque d'Edfou'. Un autre
\. De Is et Osir., 18. — Barques avec fleurs de lotus à la proue et à la proue dans Champollion, Notices, I, p. 850. A'. M.