Cf. Sainte-Beuve, Port-Royal, 4' édition, t. IV, p
de Ra, repoussei'a cet impie de la Barque, et détruira cet ennemi. C'est excellent pour Osiris et c'est excellent pour la personne. C'est la sauvegarde de la Barque divine'.
II est impossible de ne pas faire remarquer, en terminant, combien étaient fréquentes la personnification et la divinisation des barques et de leurs parties, aussi bien que des temples et de leurs divisions. Ces faits dérivent de la grande illusion, à peu près universelle dans l'antiquité, qui consistait à prendre plus ou moins au sérieux les métaphores qu'éveille le jeu ou l'action des choses, et qui a, par suite, fait munir de tant de phylactères les édifices comme les édicules de l'Egypte ; l'état d'esprit qu'elle comporte se révèle avec plus de clarté peut-être que partout ailleurs dans les documents hiéroglyphiques, comme on en jugera facilement d'après un hymne d'Edfou. Là, l'espèce de vie prêtée au gréement du vaisseau d'Horus apparaît dès le début dans l'identification de la barque portant son dieu avec une nourrice tenant son nourrisson, et s'exprime ensuite dans une multitude de métaphores : un degré de plus, et ces comparaisons, en s'accentuant, seraient devenues des personnifications^ suivant le procédé qui a changé en dieux les agrès du vaisseau solaire, et qui, dans le texte même d'Edfou, fait une véritable nourrice de la barque d'Horus', tandis qu'ailleurs, à Dendérah, le navire d'Osiris n'est encore que le lit de la nourrice divine\ Voici cet hymne, sorte de chant de triomphe mis dans la bouche d'isis' :
Victoire à ta barque de r/uerre, mon cher fils Horus, à la mère nourrice d'Horus sur l'eau. ' L'obscurité de l'ébène (meri, proprement l'acacia noir''), cache ses dispositions ;