Chabas, Études sur l'Antiquité historique, p
3. l^ublié dans; les Pi-ocecdinc/s of ihe Soc. of Biblical Archœologi/, 1891, t. XIII, p. 191-195.
de Cara, dans un récent numéro de la Civiltà CattoUca: ({ Questa interpretazione non ci ha convinti e ci seiubra troppo 1) vaga e poco conforme alla psicologiadegli antichissimi po- 1) poli. Oltraccio ilcarattere umano di Osiride e la tradizione » non vi appariscono punto. »
Le savant critique envisage surtout les antécédents et les débuts de la fable osirienne, mais son blâme ne saurait complètement atteindre une étude prenant le mythe « à da- » ter de la fixation du nom ». Il y a là une limite posée, et quand un auteui-, loin d'empiéter sur le domaine d'autrui, prend soin de borner son sujet, ne serait-il pas juste de lui en tenir compte?
Une religion comme celle de l'Egypte, qui a duré de longs siècles, ne forme pas un tout si compact que les ditîérentes parties ne puissent en être isolées. Et, à ce propos, quelques observations générales auront peut-être leur utilité.
Si l'on envisage les trois ou quatre grandes conceptions dont se compose à l'ordinaire un développement religieux depuis !e fétichisme jusqu'au monothéisme, on verra aisément (pie leur ensemble obéit à un principe supérieur, mais que chacune d'elles a aussi sa loi propre, puisqu'elle a son existence particulière. On peut même dire (ju'elle s'oppose plutôt qu'elle ne s'adapte aux autres; elle les continue, mais en les contredisant et cela pour une raison bien simple, c'est (pi'elle se confondrait avec elles. si elle ne les contredisait pas. Dans cette espèce de concordia disco/'s, il y a liaison et lui te, descendance? et dissemblance.
Les périodes de transition restent (luehpicfois visibles, (3omine en Grèce, où certaines divinités présentent les traces d'une curieuse métamorphose, à ré[)oque de l'institution des mystères'. xMais ù rii;il)itude, l'iMifantfMiKMit terminé, les incompatibilités éclatent. L'Hermès des hymmes homériques et des fouilles d'Olympiene ressemble plus aux vieux Hermès
I. Cl. Icï^ Kuinùiûdcs frEscliylc et les HacckaïUcs d'Euripide.
grecs; le symbolisme final d'Atliénë, la raison, masque d'une façon presque co:nplète les caractères archaïques de la déesse. L'Hatlior égyptienne, devenue anciennement' la face ou la clarté solaire, puis la Beauté suprême, est bien loin, par son nom et par son rôle, de la crécelle et du bucrànc primitifs. Et Osiris, lorsque les prêtres voient en lui le souverain bien, n'est plus regardé par eux comme le dieu souterrain des enfers^ : son nom même d'Unnefer change de sens avec son mythe^ si bien que le Beau Lièvre devient l'Etre Bon.
La substance religieuse prend donc différentes formes, généralement opposées les unes aux autres, le dieu niant le fétiche, les divinités morales niant les divinités naturalistes, et le monothéisme niant le polythéisme.
Dans ces conditions, si nous trouvons (ju'en Egypte le dieu des morts, habitant l'Enfer ou entourant l'Enfer, est appelé d'un nom qui signifie Sépulcre ou Sépulcral , nous serons suffisamment fondés à voir, dans la généralisation ainsi formulée des tombes et des mânes, un progrès sur d'autres notions devenues par là-même inférieures, sinon contraires. De plus, ce nouveau stade du symbolisme demeurera tout aussi réel qu'un autre, pour n'être ni final ni initial, et rien certes n'empêchera d'y rattacher ad libitum, si on en a le désir ou la possibilité, des conceptions antérieures ou postérieures, soit les croyances sauvages qui admettent au reste des dieux infernaux, soit les théories évhéméristes faisant venir le premier égyptien de laChaldée, soit les raffinements de la dernière époque qui développèrent peu à peu le type du dieu bon pour en tirer celui du dieu suprême.
Ni un nom ni un mythe n'ont besoin d'être barbares pour avoir un sens. Vouloir à ce sujet maintenir sur la terre (et chez les sauvages), comme le demande AL l'abbé de Cara,