Suétone, Néron
4. Le Correspondant, 10 septembre 18TO, Félix Klein, Un Rni/aume de c/irrticns nèfjres dans l'Afrique è(/nntofiale, p. 890.
5. Labillardière, Relation du votjaije à la recherche de La Pérouse.
Une influence non moins propice paraissait résider dans la mamelle, ce qui a donné lieu à nombre de pratiques ou de croyances chez différents peuples. Un voyageur italien du XIIP siècle, Jean du Plan de Carpin, dit que, chez les Tartares, il y a de chaque côté de la porte deux idoles de feutre, et, sorte d'ébauche barbare d'une autre Diane d'Éphèse, « je ne sais quoi de même étoffe en forme de mamelles ; )) ils croient que c'est ce qui garde leurs troupeaux et qui )) leur donne du lait et des petits' ». A Rome, où l'on adorait la déesse de l'allaitement, Humilia ou Rumina', et où les noms de Romulus et de Rémus seraient venus de Ruma, selon Plutarque^ il y avait une chapelle de la Mère Mamelle, yî^dicula Matris Rumœ^ ; de plus, et par suite peut-être de quelque superstition analogue, les salles à manger dites Mammées, du nom de la mère d'Alexandre Sévère, Mammaea, devinrent pour le vulgaire les salles de la Mamelle, ad Mammam' . On se figurera assez bien la menât (placée sur le dos parce que l'influence protectrice s'exerçait souvent par \à)\ d'après l'amulette romain contre les fausses couches comprenant, dans une peau de gazelle portée au cou, la chair blanche de la poitrine de l'hyène, animal cru hermaphrodite, sept poils, et les parties génitales du cerf \
Pour les Égyptiens, la menât était donc, d'après son rôle et son nom, une sorte de talisman de la nutrition comme de la force, et son pouvoir était produit ou redoublé par celui qu'on prenait aux mamelles et aux testicules des victimes : l'influence mâle et femelle se trouvait réunie là, comme dans la coiwade.
1. Cf. Voi/age de Guillaume de Rubruquis à la Tartaric et à la Chine, ch. m.