‹ Œuvres diversesChapitre 177 sur 460 · Pline, XXVIIl · texte numérisé non relu

Pline, XXVIIl

Le fait de porter l'objet au cou n'a rien que de naturel. Le collier, qui est adhérent et circulaire et qui sert facilement de support, a toujours semblé un des meilleurs agents possibles pour transmettre une action magique, comme l'ont bien remarqué les anciens'. D'après Valerius Flaccus', Médée dut sa passion pour Jason au collier de Vénus :

Quaque dédié teneros aurum furiale per artus^ Déficit.

Les Grecs disaient, après la guerre sacrée et le pillage du temple de Delphes, que la femme d'un chef Phocidien se prostitua parce qu'elle avait pris le collier d'Hélène, et qu'une autre fut brûlée parce qu'elle avait porté le collier d'Eriphile^ Lorsque Séréna iut étranglée, pendant le siège de Rome par Alaric, on crut que la mère des dieux la punissait par là de lui avoir jadis pris son collier ^ De nos jours, le général Daumas a observé en Algérie une croyance analogue, mais dans un sens favorable. Un marabout, faisant la paix entre deux tribus, « prit un chapelet qui lui vient )) de son père^ le passa au cou de chacun des assistants, et 1) appela sur eux, sur leurs biens et sur leurs familles, les » bénédictions de Dieu par des prières appelées ^/a^Aa. Il 1) termina par cette bénédiction : « Que Dieu vous fasse » téter à tous le téton de sa miséricorde' ».

Ainsi la menât contenait sous une double forme, mâle et femelle, la puissance vitale de Typhon émasculé, c'est-àdire de quelque animal sacrifié, comme le taureau. Le texte

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