‹ Œuvres diversesChapitre 2 sur 460 · Du Papyrus Anastasi IV, p. 10, 1. 8 sqq · texte numérisé non relu

Du Papyrus Anastasi IV, p. 10, 1. 8 sqq

BiBL. ÉGYPT. T. XXXV. 1

2 SUR LES « TEKTANA ))

quelque ruse orientale, en les invitant ;\ dîner par exemple, le texte n'en dit rien mais il parait bien que l'on comptait absolument sur la diplomatie de Taui. Une ébauche de traduction dans mon sens vous fera d'ailleurs mieux comprendre ma pensée :

« On t'apporte cet ordre royal, à savoir : Qu'est-ce que les » hommes qui sont avec toi? Les Tektana du pays d'Ut; et n tu as à faire partir le scribe Taui à cause de la crainte » (qu'on a) de leurs brigands ! Si pareille chose a lieu, en » réalité, ni Rà ni Ptah (le ciel) ne font rien entendre au- )) dessus des murmures qu'on entendra (contre toi). Tu es le )) chef, envoie (donc)! à savoir : « Prends les Tektana qui » sont les trouble-fêtes ». Combien (vaux)-tu? Tu es un tiers » (d'homme). Qu'est-ce qui t'est tombé sur le crâne comme » un tas de sable? On t'a pris, on t'a livré aux Tektana par )) peur, comme l'autre.

1) Faute énorme, énorme, que tu as commise, au moment » où tu avais à faire partir le Pharaon pour aller à Héliopolis, )) et tu n'avais pas fait amener les munitions du camp, » comme un traître à ton maître. Ce que tu as commis là est )) un acte (digne) de la peine capitale. Et pourquoi ? Tu l'as » empêché de passer (le roi). Est-ce que tu n'avais pas été » mis à la place d'autres intendants du trésor qui devaient .)) rejoindre les Tektana d'Ut à cause de sa crainte pour leurs » brigands ?

0 Relève toi (donc) ! Quand cet ordre du Pharaon t'ari ivera, » tu feras une lettre pour le scribe Taui, que tu enverras (le » scribe) au pays d'Ut, à savoir : « N'hésite pas à rejoindre » les Tektana jiour en amener les hommes (qu'il faut) un à » un, ou bien on te trouvera un criminel digne de mort ». » Tu remettras ta lettre dans la main d'un domestique de 0 Taui, et tu le feras partir avec la {)lus gi'ande célérité. »

Le mot capital du texte, à mon sens, ^^^ ^, '^ î ^ ^, a été bien expliqué par Chabas dans le Voyaijc, p. 141. Le sens primitif Qi^i palpiter, tressaillir, d'où tressaillir de joie

SUR LES (( TEKTANA ))

OU de peur : la phrase citée par Chabas. [M ^ r ^■"'^^

^ ^ ^ '^.r^ii A liJni I I

(( palpitants de terreur à leur place », me paraît décisive.

Teftu-f est donc la peur du roi.

, je traduis comme vous. Je rattacherais

volontiers le mot ^ f^ v\^^, ruine. ^ serait explétif,

comme il l'est dans S^^r^^n! ^^^ tous cas il est bien cer-

tain que ^^ ^=^ i n'est pas autre chose qu'un pronom

démonstratif.

Sur ®(](1, valant pareil, égal, voir la Chrestomathie de M. de Rougé. Vous dites que kairkaiu n'a pas de correspondant sémitique : ce ne serait pas certain s'il fallait rattacher le mot à la racine ker, kerker, rouler (cf. kera, l'orage), et nous disons aussi le roulement du tonnerre et du tambour. Quant à ^^r^ 1^ ^^5:7 ^ , que je rends mot à mot par troubler lafête, j'y vois un composé de T ^ à l'impulsif (avec orthographe capricieuse), nuire à, et de ^^s:^,fête, avec le déterminatif tout naturel QAi.

La règle sur armau me semble douteuse.

Ce que je vous soumets est une première impression ; mais il faut revoir bien des fois ces maudits textes hiératiques avant de se fixer. Je n'ai donc pas la prétention de vous convaincre. En tous cas, comme je sors vendredi, je tâcherai de vous rapporter votre mémoire à l'heure que m'indiquait votre lettre d'hier, et je vous serai reconnaissant si vous voulez bien vous venger de mes critiques sur mon Diodore.

Tout à vous, E. Lefébure.

41, rue Laugier.

Le dixième chapitre de la Genèse a été si souvent étudié, qu'on hésite à revenir sur les questions ethnographiques qu'il soulève. Néanmoins le sujet n'est pas épuisé, et l'égyptologue contribuera peut-être, pour sa part, à montrer dans quelle mesure les grands ancêtres désignés par ce chapitre étaient connus des races dont l'origine leur est attribuée. La question, à vrai dire, n'existe que pour Cham et Japhet, Sem appartenant auv propres traditions du peuple à qui l'on doit la Genèse.

En ce qui concerne Japhet, il est bien vraisemblable que ce personnage répond au lapet des traditions grecques, mentionné comme un Titan par Homère, et par Hésiode comme un Titan époux d'Asie, de qui il eut Prométhée', l'auteur' et le protecteur' de l'humanité, audax lapeti gémis. On a reconnu depuis longtemps que le rôle ethnographique du vieux Titan remonte aux premiers temps de la Grèce', de sorte que le renseignement qui le concerne dans la Genèse semble presque entièrement confirmé dès maintenant.

1. Publié dans les Transactions ofthe Society ofBiblical Archœoloijy, vol. IX, 1887 ; tirage à part in-8° de vingt-cinq exemplaires.

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