Frarjin. historic. grœc, éd. Didot, t. II, p
point de vue, représenterait aussi bien que Cadet-Roussel un soleil très satisfaisant.
Il serait le soleil en personne, Phré, aveuglé, c'est-àdire privé de sa lumière, comme Horus, autre Dieu solaire de l'Egypte, que la légende montrait aveuglé par Typhon'. La diminution de la clarté et de la chaleur correspondrait à la montée du Nil qui commence en été et se prolonge jusqu'en automne : la crue pourrait, en conséquence, paraître amener l'hiver et causer une sorte de lutte entre le fleuve et l'Apollon égyptien. Le dieu ne serait guéri que par les déesses des pluies, des brises, des nuées ou des rosées printanières, rappelant les vaches ou les femmes célestes des mythes indo-européens. Il les brûlerait toutes dans le désert, « le pays rouge » suivant l'expression égyptienne, mais il épouserait la dernière, celle qui annonce le retour définitif de la belle saison, à peu près comme Lyneée épousant Hypermnestre dans hi légende des Danaïdes. L'Egypte aurait eu, suivant Mariette', une fête du printemps, le S/iam-en-nesiin actuel, qui se serait célébrée aux environs des jardins d'Héliopolis, la ville du Soleil, où Phéron éleva deux obélisques en reconnaissance de sa guérison, et où un texte hiéroglyphique dit qu'il naquit'. La légende est donc en tout cas héliopolitaine, ce qui expliquerait pourquoi la libératrice est une jardinière, car dans cette jardinière on retrouverait la déesse locale Hathor Neb-liotep, ou la « maîtresse de la campagne Hotep o d'Héliopolis.
Les explications de ce genre sont certainement admissibles si quelques circonstances caractéristiques les motivent, mais il ne saurait en être de môme ici, où l'analogie prouve (|ue celle de Phéi'on se classe parmi (-(.'lies dont la llèche de Nemrod est le type.
1. Plutarque, Traite d'Iah cl d'Osiris. .55. i. Ahf/dus, t. III, p. 171.
o. Cliaba.s, MiAonijca (•<j;/pf.o(o</i'/acs, 3' .Scric, t. II. j'. Hil.
f:t l'épreuve de la chasteté 27
Pourquoi le fils de Sésostris a-t-il été pris pour le héros de ce conte plutôt que le fils d'un autre Pharaon? Il y a tout lieu de croire, étant donné les procédés historiques de l'antiquité, que c'est à cause de la décadence retentissante, quoique partielle, qui suivit immédiatement le règne de Sésostris (Ramsès II), et qui laissa une trace si profonde non seulement dans les histoires grecques, mais encore dans la Bible et dans Manéthon.
D'après Manéthon, le fils de Ramsès II, Ménéptah I", voulut purifier les temples afin de voir les dieux, mais, ayant dans ce but chassé quelques prêtres lépreux, il en fut puni par un retour offensif des Pasteurs, et un exil de treize années en Ethiopie'.
D'après la Bible, Pharaon, c'est-à-dire Phéron, refusa de se soumettre aux ordres de Jéhovah et perdit son armée en poursuivant les Hébreux". Le récit le plus détaillé de ces faits, dont les monuments ne disent rien, est celui de Manéthon, que nous n'avons aucun motif de suspecter, et qui doit serrer la réalité d'assez près.
Les historiens grecs, au contraire, ne nous donnent qu'une approximation lointaine. Les malheurs du Pharaon, considérés comme le châtiment d'un orgueil supposé, avaient été encadrés par les dires populaires que les Grecs ont recueillis dans un de ces récits en quelque sorte allégoriques, qui peuvent s'adapter à tous les événements de même nature. C'est ainsi que la légende d'un prince élevé par quelque animal ou oiseau sauvage^ grâce à une sorte de prédestination et en dehors des conditions ordinaires de l'humanité, se racontait de plusieurs fondateurs de dynasties, comme Cyrus', Achéménès ', Ptolémée', etc.