Gréb^ut, Recueil de Tr((cai(x, VII, p
masculin', ce qui fait songer, en un sens, à la coutume qu'ont les poètes arabes de célébrer leur maîtresse comme si c'était un homme.
Qu'elle ait ou non supprimé ou annulé quelque frère, soit mari, soit pupille, comme Hatshopsu le fit pour ThotmèsII, ou quelque époux étranger, Khunaten aura été une auti'e Hatshepsu, la Sémiramis, la Cléopâtre ou la Chadjeret-ed- Dorr de l'époque. Bien que femme et habillée en femme, elle eut toujours les cartouches comme le langage d'un Pharaon, et, comme un Pharaon aussi, elle entretint un harem*, avec des concubines ', — un texte cunéiforme dit des concubins*, — et une reine', fait qui ne surprendra pas si l'on songe aux mariages contre nature de certains empereurs romains.
Le sexe de Khunaten se révèle aussi bien dans sa conduite que dans son costume, et la prééminence des femmes à sa cour, notamment, est caractéristique. Ses ilabellifères étaient, chose unique, des femmes", et parfois des femmes ayant la tête rasée^ à l'imitation des hommes; même la famille royale n'était jamais représentée dans les cérémonies que par la reine et les princesses, bien qu'il existcât très probablement des princes*. « Ce cortège présente un concours de femmes » qui n'est pas ordinaire dans les compositions de ce genre », dit Nestor L'Hôte". En outre, l'amour de l'éclat, du faste et du luxe, la dilapidation du trésor, les marques exagérées
1. Cf. Brugsch, Eipipt tindrr thc Pfiaraohs, I, p. 350 et 362; ChampoUion, Notices, I. p. 515; Rocucil de Traraux, X, p. 142, etc.