Argoiiautlr/ues, éd. Didot, p
4. Pindare, 1" Pythiquo ; cf. Firir/m. Idstof. grœc, éd. Didot, I, Phérécyde, fragment 14; Strabon, V, 4, 9 et XIII, 4, 6, etc.
songer aux a ruines foudroyées d'un palais de Titan o, ou « à l'entrée d'un cercle de l'Enfer de Dante' -).
2. — Il y a dans le récit de Pindare les traces d'une ancienne cérémonie restée plus en usage chez les Latins que chez les Grecs, de sorte C{ue c'est le rite des premiers qui explique la légende des seconds.
Les Latins, en fondant leurs villes, creusaient une fosse ronde, munclus, dans laquelle ils jetaient une poignée de terre apportée de la métropole, ou plusieurs poignées de terre si les fondateurs n'étaient pas de même origine. Région des mânes' et emplacement du foyer sacré, le mundus constituait, au point de vue religieux, la véritable raison d'être de la cité, et on retrouve aisément son symbolisme dans la fable d'Euphémos, qui peut être regardée comme contenant les di.y'ecta membra du vieux rite. En effet, la motte qu'il fallait jeter à l'entrée du Tartare, ou de l'enfer, ne diffère point de la terre qu'on déposait dans la fosse des mânes : elle représente de la même manière le pays auquel on en rattachait un autre par le plus intime des cultes, puisque la Libye s'offre par elle à un mundus grec.
Une prise de possession en principe peu différente se voit dans Hérodote. Un ancien roi de Macédoine veut payer ironiquement trois jeunes mercenaires, en leur accordant la place que le soleil éclaire sur le sol de sa maison par le conduit de la fumée : l'un d'eux circonscrit alors cet espace avec son couteau, recueille trois fois sur son sein les rayons du soleil, et devient roi par la suite '. Sans aucun doute, il avait acquis le sol du foyer royal, endroit sacré par excellence là comme chez les Scythes, pour qui le plus grand serment était de jurer par le foyer du roi'. Un autre fait