Ilérodot-, IV. 6S
raconté par Pausanias', celui des Phocidiens fertilisant leurs terres et stérilisant celles des autres avec de la poussière prise sur un tombeau thébain, montre l'importance attribuée au sol consacré par les mânes. Dans le monde sémitique, la Bible' fournit un exemple de la communauté établie par la terre relativement au culte, non plus du foyer mais de la divinité, lorsqu'un grand de Damas se décide à adorer Jahvé au lieu de Rimmon, et fait charger en conséquence deux mulets avec de la terre israélite, qu'il emporte : par là, il ne se séparait pas de sa nouvelle patrie.
Le besoin d'une patrie et d'un culte, figurés par la terre ou le foyer, caractérise bien les temps antiques, alors qu'on pouvait considérer comme perdue toute cité privée de son culte par l'abandon de la terre et de l'eau', la dédition, ainsi que tout individu chassé de son foyer, c'est-à-dire privé du feu et de l'eau par l'exil grec ou l'exil latin, aussi terrible Tun et l'autre que le hikkavet sémitique.
Ce sont là de vieilles conce[)tions, en apparence bizarres, qui ont pourtant leurs racines au plus profond de l'âme humaine, puisqu'elles tiennent â l'amour du sol et du foyer,' aussi reparaissent-elles encore dans le cœur de l'Européen et dans la raison du Nègre, même de nos temps, sous une forme ou sous une autre, depuis la plainte si connue de Danton, qu'on n'emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers, jusqu'à cette objection du roi de Dahomey contre la guerre à lui faite, qu'il y a pourtant a assez de territoires » libres, sans foyers et sans ancêtres ».