Todtenbuch, édition Naville, II, pi
LE
Les rois et les grands ont souvent admis dans leur intimité des gens grotesques, boutions, nains, bossus, ou nègres, dont la laideur et la bassesse servaient de repoussoir à leur* éclat et à leur élévation. C'est là une coutume presque aussi vieille que le monde. Si Madame du Barry avait son petit noir, Zaïnore, et si, d'après les lettres de la marquise de Villars, vers 1G79, il y avait encore «deux )) nains qui soutenaient toujours la conversation à la colla- )) tion de la reine d'Espagne », nous voyons de même en Egypte, cinq mille ans plus tôt, des nains remplir l'otFice de bouffons à la cour, sous l'Ancien Empire.
Les nains de ce genre se nommaient alors Tenka, forme allongée de teka, mot qui a tantôt l'oreille', tantôt l'œil' pour déterminatif, avec le sens fondamental d'écouter ou de regarder attentivement. On lit au Papyruti Anastasi IV^ : ton cœur palpite comme un oiseau, ton oreille est dressée (tenerka), tu es comme un âne qui reçoit des coups. L'oreille dressée indique l'esprit vigilant, de sorte que le nom du