Juvénal, XII
6. Cf. Lieblein, Handcl and Scidjfahrt in aiten Zcitcn, p. 71.
330 UNE TRADITION AFRICAINE SUR l'iVOIRE
par l'animal ou sa tête le nom cV Abu ou Éléphantine' ; elTe indiquait de la sorte soit la limite du pays des éléphants, soit la route par laquelle l'ivoire arrivait de ces régions du Haut-Nil où, plus tard, les Ptolémëes firent chasser l'éléphant et explorer le pays des Éléphantomaques'.
L'Egypte n'appréciait pas l'éléphant pour lui-même; ses habitants le considéraient comme une curiosité' et pouvaient le chasser à l'occasion '', mais ils ne l'employaientni au transport ni à laguerre, au contrairedes derniers rois éthiopiens qui le domestiquaient ', le montaient'' etl'armaient^ La raison de ce méj^ris est bien simple : c'est que les riverains du Nil, qui d'ailleurs connaissaient mieux l'éléphant africain que l'éléphant asiatique, plus beau, plus intelligent et plus doux", tenaient ordinairement compte de la parenté de l'animal avec le porc et l'hippopotame, bêtes typhoniennes. Tandis qu'en Ethiopie ceux qui le mangeaient passaient pour impurs", en Egypte on le sacriliait au même titre que les autres pachydermes. Il est quelquefois remplacé par le pourceau ou par rhippo|)otame dans le nom d'Eléphantine "', et il se trouve" parmi les petites olïrandes votives en calcaire du temps des Saites, représentant des victimes. A Dendérah il reçoit les appellations malveillantes de kheb et de teb, qui