Pausanias, II, 27, 2, et V
6. Darenberg et Saglio, Dictionnaire des Anti'jiiités grecques et romaines, p. 448.
UNE TRADITION AFRICAINE SUR l'iVOIRE 3^5
dite, contre lequel les ivoiriers employaient une colle de poisson inaltérable ^ ; en outre, les statues d'ivoiie suaient comme les autres, dans les temps de calamité.
Fa mcestum illacrymat templis ebur œraque audant^;
de nos jours même, Latnartine a dit :
Et mes yeux goutte à goutte ont imprimé leur trace Sur l'ivoire amolli ^
Mais la propriété absorbante de T ivoire, — la |)oudre d'ivoire fut un des astringents de notre vieille médecine, — passait aussi pour quelque chose de surnaturel. Entre plusieurs fables sur les éléphants, où se rencontre un épisode analogue au dernier voyage de Sindbad le marine Élien en rapporte une qu'il a sans doute empruntée aux ouvrages du roi Juba, car elle concerne, et la Mauritanie, où régnait Juba, et l'éléphant sur lequel Juba avait disserté : on y retrouve l'opinion de ce roi que les éléphants ont i\i?.^ cornes. Qunnt à la présence de l'éléphant en Maui-itanie, ]):\ys dont la frontière méridionale a dû être fort élastique, on se l'expliquera si l'on songe que les Romains chassaient encore dans les mêmes parages cet animaP, qui y portait un nom indigène, Cœsar\ et qui s'y trouvait depuis l'époque préhistorique : il est représenté dans les dessins rupestres de rAlgérie". Sa disparition actuelle n'iiilirme donc pas le