Chabas, Les Maximes du scribe Ani, 55, p
9. Pcpi II, 1. 1229; Texte de la Destruction des hommes, 1. 8 et 84-85; Wallis Budge, Procecdinr/s, novembre 1885, p. 25; l^lutarque, D'Isis et d'Osiris, 36; Diodore, I, 12; etc.
au feu ou à l'eau, les deux principes constitutifs de l'Univers aux yeux des Égyptiens. Les uns faisaient du Nu, les Eaux, le père des dieux, et les autres faisaient de Ptah le fabricateur des choses. De même la déesse de l'Eau Céleste, Nut ou le Ciel, était tantôt la mère du feu', tantôt la fille du couple Shu-Tefnut' ; Tefnut elle-même était regardée tantôt comme le feu', tantôt comme l'eau \ A cette question posée par un texte cosmogonique, « qui est le dieu grand existant » par lui même? » les rédactions thébaines du Livre des Morts répondaient : « C'est l'eau, c'est le Nu, père des dieux ; « autrement dit : c'est le soleil qui fait de tous ses noms des » dieux \ » L'espèce de transaction assimilant le feu à l'eau se trouve dans une forme bien connue du dieu mempliitique, Ptab-Nu, et c'est elle qui en définitive l'a emporté avec la conception éclectique de l'âme à quatre têtes figurant les quatre éléments.
Egypte. — Le feu et la magie
L'idée de faire du feu ou de son dieu un démiurge, un artisan du monde, ne pouvait manquer de se produire : d'im côté la chaleur est essentielle à la vie, d'un autre côté le feu est le principal auxiliaire des arts. Aussi Ptah passait-il à la fois pour le créateur des choses, et, comme H(''phaistos et Vulcain, pour le dieu des artistes. Son grand
1. Dcn/.niàler, IV, pL 46, A, et Wallis Budge, Sarcophar/r d'Ankhesraneferdh, 1. 7; cf. F. Lenormant, Éludes accadiennes, III, 1" fascicule, p. 33.
2. Oiincncp/(i/i, pi. lô, \. 25-26, et Pi-occcdinf/s, novembre 1886, p. 16. :'. Pierret, h'Uidcs (•;/i/pio/o;/i(/iii's, I, p. 32; Chabas, Le Papj/nis
iiifi'/iriuo Ifarris, pi. 1, 1. 4-5; etc.
4. Todtcnburh, chap. ci.vii, 1.7, et Wr\\g?>c\\, Zritschrift, 1868, p. 123.
5. Todicnbuc/i, édit. Naville, II, chap. xvii, pi. 33-34; cf. Brugsch, ReUfjion tind Mythologie der altcn yEijijpicr, p. 22, et Die jEgi/ptologic, p. 188.
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prêtre à Memphis est le chef des œuvres d'art : de plus, son nom de Ptah signitiait «sculpter, sculpteur», ce qui rappelle bien la légende grecque de Prométliée et la légende sémitique de Pygmalion. Une des formes de l'Agni védique était de même celle de Tvashtri, le charpentier, terme analogue au nom neter des dieux égyptiens, qui, figuré par la hache, est identique lui-même au mot nedjer, charpentier, menuisier, le naggar des Arabes, menuisier et parfois sorcier.
Voilà donc le feu devenu tout-puissant, et il y avait peu de chose à faire pour voir en lui la divinité suprême, ce que l'ont cru d'ailleurs, outre les Perses, les Stoïciens, avec leur feu artiste, ignis artijîciosus', -jp iv/y./.vr. Une particularité remarquable est que Simon le magicien pensait de même aux débuts du gnosticisme'.
A ce point de vue de la création et de l'industrie, que le feu ou la chaleur semble produire un effet vivant ou un effet artistique, son acte conserve en tout cas quelque chose d'inexpliqué et de mystérieux; il tient par là de la magie, dont le nom ne dérive pas sans motif de celui des mages, les adorateurs du feu^ C'est pourquoi la déesse de la flamme était chez les Égyptiens « la grande magicienne, » Ur-hekau, titre donné spécialement à l'œil, à l'urieus, à la lionne, à Bast et à Sekhet', « la plus terrible des divinités dont se » préoccupait la magie" ». C'est pourquoi aussi le nom des dieux de la flamme avait une vertu formidable; celui de Shu prononcé sur l'eau la consumait, et sur la terre y