Revillout, Mélanges d'Archéologie, VIII, p
Faust, en des termes où les dieux transparaissent sous les substances, tout comme dans Olympiodore et dans le Rig- Véda : a il mariait dans un bain tiède, le lion rouge (le )) soufre), amant sauvage, à la Jleui' de li/s (le mercure), ») puis avec un feu ardent il les faisait passer d'un creuset à » l'autre. La Jeune reine (leur ])roduit, l'enfant philoso- )) phiqiie) apparaissait alors dans un verre », etc. A peu de temps de là, un professeur, Trautevetter de Mittau, allait jusqu'à v<nr dans les Niebehuifien un traité de chimie.
Si le i)etit monde fermé des alchimistes, qui se comparaitMit à Prométhée', avait par hasard mis la main sur (piehpi'uno (\q,<' grandes découvertes uKKlernes, il aui'ait sans doute pris plus au sérieux qu'il ne l'a fait le mysticisme de ses mi'daphores : peut-être même en aurait-il ct)mposé une religion analogue sur bien des points à celle des Védas, au cas toutefois où il aurait eu le loisir de se développer avec indépendance. Mais la liberté lui manqua autant que la sciences et c'est l'Inde seule qui aui'a pu, au cours de sa longue vie historique, offrir le singulier spectacle d'une religion devenant athée.
De cela, le motif n'est pas introuvable, car telle ou telle conception l'euiiporte, suivant les circonstances, dans telle ou telle religion : la Chine, par exemple, finit par adorer spécialemcmt les ancêtres, laChaldée les planètes, etl'l^^gypte le soleil, tandis que la Grèce aboutissait aux mythes et aux mystères, connue Tltalie à l'aruspicine et à l'auguration. Quant, à l'Inde, il semblerait, à en juger d'aj^rès Bergaigne, qu'elle fut jet()e dans une voie spéciale par l'cixtrème subtilit('; de son esprit, (pu lui aurait inspiré deux sentiments connexes, l'un d'admiration pour sa propre ingéniosité, l'autre d(> mépris pour les dieux que l'homme s'assujettit
1. L). Pei'iieLy, JJicliunnfiir-r ini/Z/io/irmir/ii/iic, article ProniHItèc , et Eug. Thomas, Rrcuoil des Mrmoirrs (h- l' Acttdrniif di- Montpflllc r 1854, p. 80',». Df'.s' DIJJcrcntes laierprctaliuns du Pi-oinèthée d'Eschi/lr, cités dans Patin, Las Trauiqucs grecs : Eschyle, p. 256.
DANS l'iNDE et en EGYPTE 417
avec le feu qui les anime tous. L'Hindou aurait compris que ces dieux impai'fait.s dont il se jouait à sa fantaisie, sua Claque deus fît dira cupido, étaient au^si bien le produit de son cerveau que l'allumage du feu l'était de sa main et que la vertu du sacrifice l'était de sa parole; toutefois il n'en serait pas venu là d'emblée et sans un long travail préparatoire. Aussi le Rig-Véda présente-t-il encore une sorte de nébuleuse où l'adoration hésite entre la divinité et la magie, entre le feu qu'évoque la formule et la formule qui évoque le feu. Cette confusion ne se dissipe qu'au moment où la pensée iranienne se sépare de la pensée védique, la première tendant à voir son dieu dans le feu, et la seconde dans la formule :
Hic mare et terras vides, Ferrurnque et ignés, et deos et fulmina\
Qu'une recrudescence de la mythologie se soit produite dans l'Inde avec les Brâhmanas', entre le Rig-Véda et le Boudhisme, par suite du jeu de bascule qui semble régir les choses humaines, multa renascuntur quœ Jam cecidere, c'est le penda^it de ce qui s'est produit en Perse, où se manifesta « un retour vers le naturalisme antique et le culte des )) génies »". C'est aussi l'analogue de ce qui s'est [)assé en Grèce au sujet des mânes : d'abord dominante à une époque qui a laissé son empreinte dans le.s offrandes et les sacrifices funéraires, l'idée d'une survivance de 1 àme faiblit vers le temps des poèmes homériques où la beauté de la vie terrestre avait tout son prix, et re[)arait plus tard avec le développement des mystères.
De pareilles alternances sont inévitables quand des éléments opposés entrent en conflit, mais il faut bien que le