‹ Œuvres diversesChapitre 402 sur 460 · Cf. Harlez, Journal asiatique, mars-avril 1879, p · texte numérisé non relu

Cf. Harlez, Journal asiatique, mars-avril 1879, p

BiBL. ÉGYPT., T. XXXV. 27

plus fort l'empoi'te à la longue. La renaissance des dieux, dans les Brâhmanas, n'a donc point empêché les prêtres de s'exagérer comme auparavant, et plus qu'auparavant, la puissance des formules. Pour eux, la récitation du mantra a remplacé le sacrifice V, la prière % et même les lettres de la mystérieuse syllabe om sont devenues la divinité suprême % puis cette divinité elle-même a disparu dans la philosophie védantique et dans la religion boudhique, dépossédée de toute raison d'être par la valeur intrinsèque des actes sacramentels. Par là, le religieux ou le prêtre s'est à la longue substitué au dieu, et par là, aussi s'explique la persistance et la solidité du pouvoir des brahmanes, faits que l'antiquité classique n'a point ignorés. Philostrate rapporte en effet que les brahmanes, gardés par leurs prestiges, s'étaient réunis sur le mont des Sages, un ùesfort-hills de l'Inde, où les rois venaient humblement les consulter * . Les gymnosophistes éthiopiens auraient formé aussi veis la même époque une congrégation semblable ^ ce qui rappelle assez le château des Assassins, et mômes diverses utopies comtemporaines. Parmi celles-ci, ou peut citer l'idée du surhomme, Uebermensch, imaginée par Nietzsche, et ce rêve bizarre que caressait Renan, un peu comme Voltaire, d'un mandarinat d'académiciens pourvus de secrets foudroyants", mode nouveau et inattendu de l'exploitation des naïfs par les habiles au nom de l'idéal, en d'autres termes, forme sociale où l'on verrait « l'humanité presque tout entière sacrifiée à une

1. Regnaud, Les Prcinicrrs formes de la bclujiori. p. ll.^i, et Lois de Manon, traduction Strehly, II, 85 et 87.

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