Brugsch, Egijpt iindor ilw Pharaohs, t, II, p
plaine de Billancourt, près du pont de Sèvres, le premier écuyer du roi, Beringhen, et aurait pu s'emparer du duc d'Orléans, « dont ils méprisèrent le carrosse » ; quelques-uns même, déguisés, « eurent la hardiesse d'aller voir souper le » Roi à Versailles » '.
D'autre part, le long règne antérieur à l'Exode peut se retrouver dans ceux de Thotmès III ou d'Aménophis III aussi bien que dans celui de Ramsès II, puisque la durée de ce long règne n'est pas précisée dans la Bible.
Enfin, la construction par les Hébreux de villes nommées Ramsès et Pithom ne prouve pas que ces villes datent des Ramessides. La Bible nomme, comme on le sait, pays de Ramsès la contrée que les Hébreux occupèrent bien avant rExode% c'est-à-dire au temps de Joseph et des Pasteurs. Ce fait montre qu'une certaine ville, ou région, avait pris d'une manière rétrospective le nom du plus célèbre des rois égyptiens, et que ce nom passa dans la rédaction de la Genèse : de même, en poésie, nous intervertissons parfois les noms de Lutèce et de Paris, ou de Byzance et de Constantinople. Quant à Pithom, où dominent les monuments de Ramsès II, c'est sans doute que cette ville frontière, dont le site n'est pas entièrement fouillé encore et où l'on a trouvé un sphinx de la XIP dynastie, a sul)i le sort des villes frontières, sujettes à être détruites et rebâties plusieurs fois.
Ces conclusions laissent toute sa valeur à un renseignement qu'on peut considérer comme capital, la date de l'Exode fournie par le Livi'e des Rois : les grandes dates populaires
1. Saint-Simon, édition Clieruel et licgnier fils, t. V, chap. ix, p. 159-162.
2. Ge.nÙHP, xlvii. 11 ; cl. Lieblein, Rodicrchcs sur la C/ironologîp èçiypiionno, ]). 137-138.
établies comme celle-là, sur place, et d'après des documents que nous n'avons plus, méritent sans doute une tout autre confiance que nos calculs hypothétiques.
Selon le Livre des Rois, il se serait écoulé 480 ans entre l'Exode et la fondation du temple par Salomon\ ce cjui reporte l'Exode vers leX^'^ siècle av. J.-C, sous laXVIIP dynastie, et rend à la période des Juges son développement normal. Placer Moïse après Ramsès II, qui régna au XIIP siècle, comme les plus récents travaux de l'égyptologie permettent de le constater, c'est à la fois rejeter la date du Livre des Rois et diminuer de moitié le temps des Juges. Aussi voit-on certains savants hésiter inconsciemment devant cette conclusion, et tantôt l'admettre, tantôt la contredire. Renan, dans son Histoire du peuple d Israël, dit que (.( Moïse est antérieur de quatorze à quinze cents ans à » Jésus' 1), puis il fait débuter vers 1300 le règne de Ramsès II, après lequel il place l'Exode sous Séti II ', comme le voulait Osburn. De même, dans la nouvelle édition de la Bible d'Oxford, l'Exode est daté de l'an 1469' et présenté comme postérieur au règne de Ramsès II, 1330 ans av. J.-C'
Tout s'éclaircirait cependant si l'on tenait compte de la manière dont Manéthon raconti? l'Expulsion des Pasteurs, qu'il associe intimement aux Hébreux d'après Josèphe. L'historien national de l'Egypte montre les Pasteurs défaits et chassés â quatre ou cinq reprises différentes, c'est-à-dire sous Amosis (Ahmès P""), sous un Tliotmès, fils de Misphragmouthosis (Thotmès IV, petit-fils de Thotmès III), sous les hérétiques désignés par le nom générique d'Akhenkhérès ou Khérès, le Cenchrée de nos vieux chroniqueurs eun>-