Maxime Ducamp, Le Nil, p
les caveaux funéraires renfermaient des tètes de bœuf, et sans doute, comme celui de Mentouhotep dont Lepsius a publié les textes, la cuisse du bœuf sacrifié ^ A la XIX^ dynastie, il y avait une momie de bœuf dans la tombe de Sëti P'^% la momification de l'animal ayant là pour Init de perpétuer le sacrifice et l'offrande. Le sacrifice du bœuf est encore usité en Egypte, aux grands enterrements, comme expiation des péchés véniels du défunt'.
Si le bœuf devait nourrir le mort, il devait aussi le défendre : le crâne du bœuf immolé a eu ici le même rôle de gardien que la tête humaine, mais on n'en retrouve plus, comme pour celle-ci, que des traces plus ou moins indirectes.
A la V® dynastie, le naos funéraire d'un Apis représenté dans son cercueil est entouré de colonnettes que terminent des têtes de taureau' d'une forme tout à fait analogue à celle qu'a le bucrâne aux textes des Pyramides, comme déterminatif du mot ouvrir'' . La châsse du dieu de Crocodilopolis était surmontée d'une tête tantôt de taureau et tantôt de gazelle, plantée au bout d'un bâton : le même emblème, qui figure dans la devise d'enseigne d'un Amenemha, se rencontre avec la tête de taureau au temple de Sëti l^^ à Abydos'. Passalacqua a retrouvé dans la tombe de Mentouhotep, qui date du Moyen Empire, le bâton à deux cornes qu'on voit porté par des prêtres, dit-il, aux convois funèbres de plusieurs tombes thébaines", et qui a la forme primitive du caducée oriental".