‹ Œuvres diversesChapitre 80 sur 460 · Champollion, Notices, II, p · texte numérisé non relu

Champollion, Notices, II, p

particulièrement aux étrangers, dont Kliem était le dieu : il est appelé dans le texte le maître des terres étrangères , le A/errï/ (l'aimé, le Pamylès de Plutarque), leniaîtredes Hanebou (les Grecs), et il est dit que les grands de la Nubie, les grands de Pount, les Anti-ou, et les Asiatiques arrivent avec leurs tributs (bak'), baisent la terre devant ses esprits et pratiquent leurs cérémonies (ar-ou) pour réjouir son cœur'' . Les étrangers se trouvaient ainsi, par l'intermédiaire d'un dieu mixte, initiés jusqu'à un certain point au culte égyptien; Khein, dans lequel la crédulité grecque retrouva Persée, leur servait de patron (ou d'ancêtre); Astarté, de même, adorée à Memphis dès le temps des Ramessides% protégeait spécialement les Phéniciens, et Tamehit, assimilée à Sekhet et à Hatlior\ les Libyens.

Cette communauté de culte, établie au moins sur quelques points, était nécessaire dans les anciennes sociétés, pour que des populations d'origine diverse pussent cohabiter sur le même territoire % et c'est là le motif pour lequel les Ptolémées imaginèrent le dieu égypto-grec Sérapis. Bien avant eux, déjà, les étrangers voisins ou habitants de l'Egypte avaient adopté plusieurs de ses coutumes, de gré ou de force, comme les Juifs qui connurent le culte du veau d'or, c'està-dire d'Apis ou d'Osiris, comme les Phéniciens qui vénéraient rOsiris d'Abydos" et l'Isis de Byblos, comme les Carions, qui se frappaient à la fête d'Osiris, mais à coups de couteau, montrant en cela qu'ils n'étaient pas indigènes', et comme les Libyens établis aux villes de Maréa et d'Apis^

1. Cf. Et. Quatremère, Mémoires stu- rÉyj/pic, t. II, p. 54 sqq.

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