Dendérah, III, 9, a et b
Il y a donc lieu de conclure que le sphinx dérive du lion. « A l'origine, le sphinx a pu n'être qu'un lion chargé de » garder les portes des temples. Si, au corps du lion, on a » ajouté une tête d'homme, qui est invariablement celle d'un » roi, c'est sous l'influence d'idées dont le symbolisme s'ex- » plique aisément. Le roi lui-même, représenté sous le double » attribut de la force physique unie à la force intellectuelle', » garde le monument qu'il a fondé'. » Le Pharaon en effet, qui se comparait volontiers au lion, présente souvent aux dieux sa propre statuette faisant une offrande, tantôt sous la forme humaine, tantôt sous la forme du sphinx', laquelle, dans les hiéroglyphes, s'employa pour le mot maître à partir de l'époque saïte.
Les Égyptiens associaient facilement ces gardiens, le lion et le sphinx, comme on vient de le voir par l'exemple de la crypte n° 1 de Dendérah. Dans une des scènes du temple de Ramsès III, à Médinet-Abou, scène ([ui se retrouve ailleurs, (( le sphinx et le lion... sont debout près du trône, qu'ils )) semblent protéger », dit Champol lion \ Le Sphinx de Gizéh avait entre les pattes, quand le capitaine Caviglia le désensabla, un autel, un édicule, et un lion'. Les Assyriens aussi employaient en même temps le lion et le sphinx, comme bases de colonnes, ou comme «gardiens de la promenade » royale » \
MM. Chabas et de Bergmann ont bien reconnu le rôle de gardien donné au sphinx, qui devint un amulette pour les momies, comme le lion'. Dans sa dernière étude sur le Pa-