‹ Œuvres diverses (volume 2)Chapitre 15 sur 45 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Différend avec le Présidial.

E 7 octobre 1667, Messieurs du Pré- ^ 1^^ sidial, après avoir longtemps menacé Jij^^i»^ le chapitre, le firent enfin assigner au Parlement, au premier jour plaidoyable d'après

la Saint-Marlin, aux fins cVune commission obtenue en chancellerie le 31 août dernier. Ces fins sont d'avoir un nombre de places dans les hautes chaires, telles qu'il plaira à la cour d'arbitrer, pour assister au service divin, pour les premiers officiers et en leur absence de rang en rang ; qu'il sera permis à Messieurs du Présidial d'établir en la nef de l'église cathédrale un banc fermé pour entendre la prédication avec les ornements nécessaires de magistrature, et qu'enfin ils précéderont de particuher à particuher les chanoines dans les assemblées laïques, consentant que de corps à corps, et de députés à députés, les chanoines les précèdent sans que Messieurs du chapitre puissent se faire députer pour assister aux assemblées laïques.

Incidence. — Le 4 novembre, on bénit trois cloches; M. Lelarge, doyen, en fit la cérémonie. Madame Louise d'Angennes, abbesse de Saint- Etienne*, et lui furent les parrains de la grosse.

Le 25 novembre 1667, le chapitre fit assigner au grand conseil Messieurs du Présidial, pour

* Isabelle Louise d'Angennes, fille de la marquise de Rambouillet, abbesse depuis Tannée 1654. [Voir la notice.)

DE MAICROIX. 259

procéder sur la demande concernant la préséance et places par eux prétendues, au préjudice du droit de possession du chapitre de Reims ; on leur a donné copie notamment d'un arrêt obtenu au conseil privé par les agents généraux du clergé, aux termes desquels le Roi a gardé et maintenu les chanoines en la préséance, en toutes assemblées publiques et particulières, sur les offlciers des Présidiaux et Sénéchaux de corps à corps, de députés à députés et de particuUer à particuUer. L'exploit fut dressé par M. Josseteau, avocat du chapitre ; il fit la civilité au lieutenant-général ^ de l'aller voir et de le prier de trouver bon que le chapitre lui fît signifier la commission qu'il avoit obtenue du grand conseil pour y faire appeler Messieurs duPrésidial; il répondit qu'il le trouveroitbon, mais il demanda qu'il lui mît en mains la commission du grand conseil ; il la garda trois heures ; et parce que les copies des pièces dont le chapitre se vouloit servir n'étoient pas écrites de la même main, il fallut en faire faire d'autres copies, M. le heutenant-général ayant dit qu'il

* Henry Bachelier, sieur de la Fontaine, lieutenant de Reims de 1666 à 1669.

ne souffriroit pas qu'on lui signifiât ces copies en cette forme ; puis il voulut qu'on lui lût de mot à mot toutes ces copies pour voir si elles éloient fidèlement extraites. Après toutes ces pointilleries et ces minuties, pour ne rien dire de pire, il reçut l'exploit.

Le quinze décembre. Monsieur l'arcbevêque d'Embrun arriva à Reims , il descendit en l'abbaye de Saint-Remy, dont il étoit abbé *. Le chapitre lui députa les quatre sénéchaux et chanoines ; on lui présenta douze bouteilles de vin.

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