I OH LETTRES
<|ue VOUS iiH* mandez, quelle.... un peu pour l'amour de... vraiment elle me fait trop de bien et d'honneur, j'en ai bien de la reconnaissance, faites un peu tout de votre mieux pour la remercier comme il faut; je vous constitue mon lieutenant général pour cette affaire. Mais il est bon de vous avertir de ne pas confier un secret à des lettres que l'on peut ouvrir, et que peut-être l'on ouvre, car que sait-on? Gardez- moi tout pour mon retour : faites un petit, un gros registre de divertissements : nous examinerons tout cela à noire retour : matière à plusieurs tours de préau! Vous croyez peut-être que je me divertis ici comme un compère, rien moins ! Je ne m'ennuie pas pourtant : cette assemblée donne tant de connoissances! Si on vouloit passer la journée en visites, on la passeroit et doucement : toujours nouveaux visages, honnêtes gens d'ailleurs, surtout fort civils, il ne s'y peut y ajouter; diantre .' vous me trouverez accru d'une merveilleuse dose d'honnêteté ! je n'en plairai que mieux à Mademoiselle de La Fr...., car elle est fort honnête et sait très bien vivre : comme elle verra que j'aurai un peu plus de rapport à son humeur ipip par le passé, je ne dout<^ pas qu'elle ne
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m'accoixleeiitin celte place dans sou cunir (|ue je lui demande inulilement hélas ! depuis si longtemps. Je veux causer là du déménagement, chut ! il faut surprendre les gens et ne point menacer avant l'eflel ! Vous l'avez vue, j'espère que vous me ferez la grâce de me dire ce qu'elle vous aura répondu : que sait-on ? les affaires poiuToient s'engager jusques à lui écrire; je ne réponds de rien : je sens un fonds d'estime pour elle qui veut dire quelque chose. Malgré tout le sérieux de la négociation, encore faut-il rire un peu ; cela me délasse merveilleusement l'esprit. Quand je serai sur le point de partir, je n'y suis pas encore, je songerai à faire l'emplette dont vous me parlez ; cette commission ici me pourra un peu remeubler. Dieu bénisse noire prélat ! Il n'est pas mauvais de s'approcher des grands seigneurs, leurs bonnes grâces ne sont pas inutiles, mais, ut ab ifjne, de peur de se brûler. — On croit la guerre en Champagne, mais ici Ton dit que tout s'apaise : Dieu le veuille ! ce n'est pas que la conquête de la Flandre ne me tente étrangement, lebeau morceau à coudre à notre royaume! Le bruit a couru que Madame laDauphine étoit
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grosse, puis ce bruit a cesse, puis il a recommencé ; comme c'est la chose du monde que le roi souhaite le plus, et la seule qui manque à son bonheur, on croit à tout moment f|ue cela est. Monsieur le Dauphin est gros et gras, se porte bien, paroit robuste : mais à qui est-ce que je le dis ? vous lavez vu depuis quatre jours. Adieu, mon cher, j'ai vu des gens qm se louent fort de Monsieur votre frère; ils disent qu'ils n'ont jamais vu un j)lus galant homme : mais pour achever de leur gagner le creur, qu'il s'ac({uitle dignement de la conunission (ju'ils lui ont donnée , on ne peut siujaginer le plaisir que l'on fait aux gens de leur envoyer de bon vin. — Adieu, el laites toujours bien.
DEMALCUOIX. ill
1 décc:i!?;r IGrîl.
ivi'me.
'^'^P^'^^oir.i noire assenihlée qui commence y ^^j^^ clieminer, et nous avons trouvé un.: §^M^ ouverture par où nous pouvons. Dieu aidant, sortir de toutes nos affaires! L/égiise per^ dra (pielq'je chose, elle regagnera d'un autr< côté; la inerte et le gain seront bien égaux, peutêtre même que le gain excédera la perte, au moins pour les églises de nos provinces . Je voudrois que toute cette négociation fût terminée, et que je pusse m'en retourner à notre bonne église. Quand la reverrai-je? quand irai -je attendre onze heures dans le benoît préau, et faire pai'ler des gens qui me contient bien des choses, et me font des romans en chair et en os !* Mon ami , la con-
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trainte n'est pas mon fait, je n'aime que la liberté! je ne l'ai pas haïe jusques ici, je l'aimerai à l'avenir encore davantage. J'apprends un peu de civilité : je ne sais si je la pratiijiierai. quand je serai en notre bonne ville ; je vous fais des révérences, il faut voir ! je dis des honnêtetés! jamais feu Bernard le chantre n'y fit œuvre. — Parlons d'affaires : Mademoiselle Poté. vous m'assurez qu'elle n'est pas morte! mais ne saura-t-elle pa? par vous, mon cher, que sa maladie m'a fait bien peur, car c'est une jolie fille, qui a bien du mérite pt qui a dit de fort plaisantes choses à M. Dernier ; je pense qiie Mademoiselle de Chambrecy a eu l'alarme bien chaude : car enfin voir sa l>onne amie en danger, sa chère, sa vie, son àraeî regardez un peu ce gue ce seroit, si Mademoiselle Poté n'eût point été une fille ! car ftieu en pouvoit faire un garçon ! en quel risque nauroit point été Mademoiselle de Chambrecy? car i'IIe l'auroit aimé. Qu'en eut dit le monde? ah! qu'en eût dit M. Larb...? tout étoit perdu. 11 auroit fallu racheter cela de bien des coups de diseipline ! mais c'est une fille, par la grâce de Dieu: ain«i la vertu de la belle nullement exposée. Tirons pays : je sais que vous avez fait votre
devoir auprès de Mademoiselle deLaFrainb..., je vous en remercie, faites-lui valoir un peu, s'il vous piail, que je ne vous écris fois que je ne lui fasse mes baisemains : tout de même, quand j'écris à M. B.... H est encore chargé de mille baisemains pour elle : je vous assure qu'elle est bien près de mon cœur, celte chère cousine, mais il ne faut pas qu'elle y entre, s'il lui plaît, car je ne veux plus de telles hôtesses qui mettent le feu à leur maison : à notre âge, j'entends au mien, mon cher . il faut songer à vivre doucement, à voir les belles choses sans désir, à aimer le repos, un peu le bon vin, mais guère : voilà tout ce que j'ai à vous dire pour aujourd'hui.— Notre assemblée ne verra point Pâques, dans toutes les apparences du monde ; il y a des gens ici qui voudroient qu'elle durât dix ans; ni le profit, ni l'honneur qui m'en reviennent, ne m'empêchent de songer à ma petite maison ! une maison comme cela ! quel jardin ! il sera propre , les allées toujours nettes , sablées comme celies de Versailles pour le moins. Je sais à qui j'ai obligation de tout cela. Je suis le tout vôtre, san^i façon.
LLTTIltS
Au ffifmr.
f^^^^ E mande à M. Rainssanl s'il y a quelijne ^^y^^ difficiiUé sur ma maison à îoucr, qu'il ^^5?) vous en parle ou à M. B.., cl que tout ce que vous ferez sera bien fait. Je tiens toujours pour les tapisseries, pour mes deux chambres et ma salle. Je parle bien insolemment mes, mes, c'est-à-dire qui sont à Monsieur votre cousin , et dont il a la bonté de m'accoinmoder. J'en voudrois savoir la hauteur et la largeur. J'ai ici une dame de mes amies, qui m'ajustera tout cela comme il faut.
Or ça, mon ami, sarhez (pie vous vivez en un îenq)Soù les beaux garçons nont qu'à se bien tenir. Un jeune garde du corps, fort bien fait de sa personne, sur les huit iK.'uns du soir est attaqué
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par trois hommes qui se jetteiit sur lui , lui ôtent son épée et le mettent dans un carrosse : ils s'y mettentavec lui : le carrosse marche. « Mais Messieurs, disoit le pauvre enlevé, que veut dire ceci, que me veut-on ? — Monsieur, n'ayez pas peur, on ne vous veut point faire de mal , ne vous inquiétez point, n'ayez pas peur enOn ! » On le tourne, on le vire par Paris , jusqu'à onze heures ou minuit ; enfin on arrive devant une petite porte, on le fait descendre, et toujours le refrain de la ballade : Monsieur, n'ayez pas peur. Ils ne craignoient autre chose, sinon que ce pauvre garçon eût peur. On le mène par des lieux obscurs; enfin il parvient dans une belle chambre : un lit de damas jaune, avec une crépine d'argent magnifique ! grand miroir î Une femme de chambre le reçoit : elle le prie de n'avoir pas peur, lui demande s'il ne veut pas souper : il dit que non; on ne laisse pas de lui apporter une perdrix, une bécasse, une bouteille de vin de R.... Il persiste à dire qu'il ne veut ni boir^^ ni manger. On lui dit : « Monsieur, puisque cela est ainsi, et qu'il est un peu lard, prenez la peine de vous coucher, le lit n'est pas mauvais, mais s'il vous plait n'ayez pas pe'.u* !» — 11 se couche, la
femme de chambre se retire et emporte les bougies : peu de temps après . voici une femme en robe de chambre qui vient, sans chandelle, vous entendez bien : elle s'approche du lit : « Eh bien. Monsieur, avez-vous bien peur? — Les dames ne me fout jamais peur, les belles surtout, et je crois que vous êtes de ce nombre. » — Croiriez- vous qu'elle eut la hardiesse de le prier de lui faire place; mais voici ce qui fait ilresser les cheveux de la tête : il la lui accorda ! la voilà couchée avec le cavalier. Je crois que leurs mauvais anges firent bien leurs orges cette nuit-là ! Quoi qu'il en soit , comme le pauvre cavalier pensoit dormir, sur les quatre heures du matin, il est à croire qu'il navoit pas dormi jusque-là , aussi cette fennue-là est une mauvaise coucheuse î à quatre heures du matin la dame se retire; les mêmes hommes qui s'ëtoient saisis du paladin le reprennent, et observant les mêmes cérémonies, le remettent au même endroit où ils l'avaient pris, et que plus y a mis, plus y a perdu. Par ma foi, je ne connois pas la dame , mais je vous assure qu'une de me> bonnes amies a entendu le cavalier faire lui-même le récit de son aventure. Il u'v a pas (juinze jours que cela est arrivé. En ce
misérable pays-ci les beaux hommes sont sujets à de lerribles infortimes ! Adieu, le tout vôtre. Tenez-vous gai ! n'oubliez pas de faire mes baisemains à Mademoiselle Poté, à Mademoiselle de Chambrecy : oui dà, à Mademoiselle de Chambrecy! croyez-vous que je n'oserais me souvenir d'une dévote, notre ami ? Adieu.
Au w^ifU'.
8 janvier I08î.
^^'«fÇ ouvENEz-vous, s'il VOUS plaît, mon petit H^^lè^ cher, que vous m avez promis les me- ^^'^^ sures de nos chambres : quand il vous plaira, vous me les enverrez, mais sans vous fatiguer là-dessus, car rien ne presse. Notre assemblée ne tn*e pas encore à la fin : on ne croit pas qu'elle voie Pâques,, mais elle n'en ira guère loin. La paresse ennuie : nous ne faisons rien. L'on
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attenil la répons.- àe Sa MajesU;, mais les grandes affaires marchent lentement : que faire pendant ce temps de repos ? un peu de nuisiqu*', conversation douce ! vous seriez ici ])ien à votre aise , notre cher, si vous étiez à ma place! — Une de mes anciennes amies, notez ancienne, je n'en ai plus d'autres, m'a (ait connoilre de belles et jeunes personnes, enjouées, brillantes, bouche de corail, perles au lieu de dents, rien n'y manque ! de l'esprit , on n'en peut pas avoir davantage. Un homme d'esprit, un habile de ce siècle, honnête barbon, disoit la bonne aventure à une fort johe OUe : j'y étois^ j'en sais bien mieux le conte! c'est un de ces savants qui savent tout; la physionomie, la chiromancie, etc. — « Çà, Monsieur, dites-moi donc ma bonne aventure î seraije mariée? sera-ce bientôt? (car en ce pays on aime à précipiter les choses.) — Oui, vous serez mariée, vous n'aurez que deux enfants. — Tant mieux î y aura-t-il bien des gens qui m'aimeront?— Sans doute. — Y a-t-il des signes qui marquent si une fille est aimante?— Mademoiselle, toute fdle qui a la gorge ferme a le cœur tendre. » —A ces mots, vodà la pauvre lille arrêtée; car de soutenir qu't'lle avoit le cœur dur, cétoit avouer que sa
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gargp ne létoil pas et l'on n'est pas lroj> aise de. tomber tl'acconl tle cette vérité ! d'avouer aussi une grande tendresse de coeur, elle n'osoit s'en vanter. L'embarras de la demoiselle me réjouit lui peu, je me mis aussi de la partie, j'entrepris de continuer la bonne aventure après le départ du bon faiseur. Je lui dis : « Cet homme se moque de dire que vous aurez des enfants, vous n'en aurez jamais! — Ah ! si je le sa vois, s'écria la belle! ... » et nous de rire ! et honni soit qui mal y pense! Mais en vérité, on n'est pas si retenu eg ce pays qu'au vôtre , et l'on y trouve autant d'honnêtes personnes : il y en a aussi qui s'émancipent un peu, mais qu'y feroit-on ? II faut bien que jeunesse se passe ! Pour la magnificence, elle est en un point qu'il ne s'y peut plus rien ajouter; le luxe, le jeu, les carrosses, les habîts des femmes , leur oisiveté , sont les sources de la corruption du siècle, et les pauvres prédicateurs et tous les dévots s'en prennent aux opéras et aux comédies : ils n'y sont pas les bonnes gens ! Vous vous attendiez , mon cher, à quelque histoire joyeuse et voilà un bout de sermon ; mais, mon dieu, oublierai-je toujours à vous demander des nouvelles du mariage de
Jî20 LL'HhKS
M. Monache G car on m'a assuré qu'il se
marioil, et qu'ii étoit brouillé avec sa belie-sœur et sou époux. Cela est-il? apprenez-moi un peu tout cela ; mandez-moi aussi qui est une jeune
personne qui va chez M. B et qui s'est mise
depuis peu de la belle société ? Satisfaites à tout cela, et me croyez tout à vous.
«bjativirr !(«•».
j AMBASSADEUR de Maroc a une tigresse ^apprivoisée; on lapatme.on la tlatte,elle cîl^î^^Juesl la plus jolie du monde, elle gronde toujours et vous jette de petits regards furieux , qu'on diroitquelle va vous sauter à la gorge ; on trouve cela le plus plaisant du monde : vous ne sauriez croire combien ce bon ambassadeur maroquin plaint l'aveuglemeiit où nous sonnues.
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et quelle bénédiction il dit que ce seroit. si nous pouvions nous résoudre à croire à Mahomet ! quelle pitié de voir un si beau royaume dans un si fatal aveuglement ! Notre saint Prophète, éclairez-les de vos lumières! ...» La comtesse de Gramont le fut voir par curiosité : « Madame, lui dit-il, notre loi nous permet d'avoir plusieurs femmes, mais si j'en avois une qui vous ressemblât, je m'en contenterois et n'en voudrois pas davantage. »
Un homme, un cavalier épouse une femme jolie, bien faite : il ne l'aimoit pourtant pas, mais en récompense, la belle avoit un cousin qui l'aimoit fort, et qui chercha si bien les moyens de lui plaire qu'enfin il lui plut un peu trop; de sorte que le mari fut bien et dûment enregistré, il ne s'en soucioit pas, car il avoit une autre amourette qui l'occupoit fort et où on ne le iraitoit pas trop mal ; la Dame qu'il aimoit n'étoit pas aussi jolie que son épouse, il s'en falloit beaucoup. Enfin il ouvrit les yeux, fil justice à sa femme : l'en voilà amoureux. Une nuit qu'ils étoient ensemble, après bien des caresses, il lui demande pardon du passé, lui avoue de bonne foi qu'il lui avoit fait des infi-
Ï21 LETIKEI»
déiiléë, aaun qut; jjnuais il o*y itUHWutnùi^ et qu'il vouioit laimer lidèlenieut touitsa vie. « h crois bien, liil-il. que tu ne ten es pas ir^ souciée, et que M. nu tel ta aidée à te consoler de mes trahisons, car je nie suis bien aperçu de ^s assiduités, et je ne doute pas qu'il n'ait été fort bien avec toi! Tu peux me l'avouer, ma chère, car par avance, je te déclare que je le pardonne de bonne loi et de tout uaon c<eur. — Vraiment. Monsieur, vous vous moquez ! je ne sais ce que vous voulez dire. — Mon dieu ! c'est que tu es honteuse; mais, va, prends courage, et avoue-lemoi : sur mon honneur ! il n'en sera jatatif parlé, et je teiepardoone. — llny a pointa pardonner à cela, je n'y ai jamais songé. — M(m «lieu si! dis-le-moiî donne-moi cette satisfaction, luon petit cœur : ne vois-tu pas que je t'en ai avoué autant! — Là, il est vrai qu'il m'airaoit, mais jamais.,. — Je te dis que si î que sert de le nier? puisque je t'assure que je ne m'en fâcherai point. — Eh bien! mon dieu, quest-ce que vous me vuiilez faire dire !" — Achève, ma petite chère. dis-moi tout, ma mignonne. — J'étois mi jour «lansmou cabinet avec ma sœur; il entra : quelque irjiips aprèh ma sœur sortit : si vous savii^
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tomme il est fort ! — Eb Lieu '! -^ M^ âuiui revint, et puis elle sortit encore î — Diantre '. —Dame! il fallut encore, eai' il est d'une force... Une autre fois à la campagne... — Eh bien, à la campagne? — 11 m'attrapa sous un berceau....» La dame ayant achevé sa confession ; voilà le mari qui saute en chemise à la ruelle de son lit : <- Ah morbleu! il est donc vrai que je suis c... — Eh oui, répond l'épouse, vous Tète^. — Je
suis c...! — Eh oui, mon cher » Toute la
maison retentissoit des clameurs du pauvre homme et des lamentations de sa feimne qui h consoloit toujours par ses : eh oui: — « Eh bien! je te l'ai dit, je te le pardonne, jamais je ne m'en ressentirai contre toi.» Il se recoucha, ne dormit pas trop bien, à ce que l'on tient, mais ce sont peut - être de mauvaises langues qui le disent ainsi. Le lendemain, il envoie un cartel au cousin, et lui dit qu'il lui a fait le dernier outrage, et qu'il veut le voir i'épée à la main. Le cousin hii répond qu'il est un fol, qu'il est son serviteur ; que volontiers il le verra le verre à la main, mais que pour l'èpée, assurément, il ne la tirera pas contre lui, et qu'il ne sait ce qu'il lui veut dire. Le mari ne se contente pas :
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voilà un deuxième cartel en campagne : il portoit : « 11 ne vous sert de rien de le nier : la complice me l'a avoué. >■> Le cousin poiu' réponse met an bas du cartel : • Elle en a menti. *» L'époux le montre à sa fcnmie: — « Comment, il est bien si hardi que de le nier! c'est un impudent ! je vous ai dit la vérité ; en tel endroit, et puis là, et piiis là. Voyez un peu l'elTronterie ! il me veut faire passer pour une menteuse !» — Le mari voulut faire encore le fier-à-bras, mais l'amant continua à se moquer de lui : — Au renard! il croit être c... et il ne l'est pas..... — C'est de la Dame même que celui qui m'a conté l'histoire Ta apprise : car elle n'en demeura pas là, et se rendit avec le temps assez experte. Au commencement on dit qu'elle étoit simple et qu'effectivement elle fut comme enli'vée de force; avec le temps elle se perfectionna et se fit honnêtement habile.
Au chanoine F...
4 février*
(^^^L y a lougtems, mon cher, que Je vous ^*y^ dois une réponse, mais j'espère que ^ÇjL^ vous pardonnerez aux occupations du secrétariat. Ce fut hier une rude journée pour nous ; soir et matin nous fumes assemblés et tout cela dura près de huit heures ; notre prélat harangua très magnifiquement, une bonne heure entière : ensuite il lut une lettre qu'il a écrite au pape, au nom de l'asseoiblée ; et puis un acte par lequel le clergé consent que la régale soifr^ntroduite dans toutes les églises du royaume. Tout cela fut extrêmement applaudi, et puis. Dieu aidant, vous verrez un jour que ce n'est point sans raibon. Monseigneur Tarchevéque de Reiras
a sans doute acquis beaucoup de gloire. Ma foi, le Toilà à la tfHe du clergé, sans contredit : d'autres peuvent avoir encore des partisans, mais la foule est pour nous : nous, c'est-à-dire, Monseigneur, notre archevêque. Il est habile sans doute , homme vif, d'un esprit pénétrant et droit et d'un grand travail ; je l'ai vu quelquefois enfermé dix et douze heures ; sa peine n'a point été perdue, il en a recueilli des fruits fort déhcieux. — Je crois que vendredi prochain nous irons en corps saluer sa Majesté. Dieu sait comme je le regarderai ! au reste, il est dans une gaîté étrange : cela fait croire que tout va bien. — Mais il n'est pas question de cela ; il faut résolument savoir de quel cru est le vin que M. votre frère à envoyé à Puimoren? : tous les connoisseurâ disent que c'est le meilleur vin qu'on ait bu à Paris. Je le tiens pour du Taissy, et du meilleur !
Oh! mon petit cher, quel livre court secrètement par Paris ! VÉcGle des Filles , bagatelle ! Arétin , livre honnête ^ il n'y a point de vestale, je len défie, fut elle vestale mille fois, qui puisse tenir contre, qui ne rompe son tœu et en dili^ îenre encore! U eslérrit en latin. *l autrefois on
l'a vu à Reims. Jon'oserois en dire le nom, ]•! lien? que c'est un blasphème!— Parlons d'autre chose: Savez vous qui se plaint de moi ? Mademoiselle de la Framboisière ! elle m'appelle paresseux î il ne faut pas qu'elle ie nie, gens de bien et dhonueur m'en ont assuré : sans cela je serois un assez bon garçon. Eh, mon ami ! bien des choses me manquent pour être seulement passable ; la seule quahté par où je pourrois plaire au beau sexe, c'est que je le trouve toujours fort aimable. Aujourd'hui, de fraîche date, je me suis trouvé en un lieu où j'ai vu vingt femmes, belles • omme des anges : il y a longtemps que je n'en vis un si gros monceau. De retour chez moi, je vous assure, mon cher, que je me trouve extrênement maître de moi-même, et que toutes ces eautés ne m'empêcheront pas de retourner <:gréablement à Reims, jouir de la tranquillité ie la province. N'oubliez rien î vous avez tant i mine de laisser échapper quelque chose ! ■•crivez sur un morceau de papier, un mut fait aleviner loutle reste. —Réau, un valet dechaïubre 'î M. le président de Mesmes, a volé les pierreries » Madame sa femme ; il v en a bien pour dix ou ' '|'7:p mille écus. — Adieu:, mon frc5<h<'r. "^lai^
ne voyez-vous pas Mademoiselle Poté et Mademoiselle deChambrecy. sa bonne amie? faitesleur, s'il vous plait, mes baisemains. Adieu . le tout vôtre, mon cher.