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Au chanoine Faiart.
n février 1682.
|^^Ç\ ST-CE, mon cher, que vous prétendriez [^^jlj^^'neme pas rendre un compte exact des JJ^il^îC noces de Mademoiselle votre cousine! lut-elle longtemps à dire ses sept psaumes? elle les trouvoit si beaux que l'on m'a mandé qu'elle vouloit les répéter; ce que c'est que d'une louable éducation ! Moi, par avance du beau récit que vous m'en ferez, je vous dirai un conte de M. de Birans, lils de M. de Koq. On porte présentement des manteaux (jui vont <(uasi jusqu'aux Inlrvn^ : tnu-^ 1». > ^p>|< (\r \^ roiu cp. ont d"
cette sorte. Ce jeune Monsieur, un jour qu'il y avoit un bal célèbre, se déshabille tout nu : j'entends qu'il ôta jusqu'à sa chemise, et ne garda que des bas de soie et des souliers; il prend son grand manteau, s'empaquette bien In dedans ; j'oubliois qu'il avoit encore une cravate . Le voilà allé au bal. La dame civile, Dieu sait! no manque pas de prier M. de Birans de vouloir danser: il la supplie fort modestement del'en vouloir dispenser et qu'il n'étoit point en état de cela. Le scélérat se tenoit bien envelopé dans son manteau : on le prie encore, il s'excuse : « Madame, vous ne me le pardonneriez passij'avois pris cette liberté. —Vraiment, Monsieur, non seulement je vous le pardonnerois, maisje vous en serois bien obUgée. — Madame, puisque vous mêle commandez, je m'en vais donc danser : et en même temps il jette en bas son manteau et parut à peu près comme Adam et Eve avant leur péché ; et femmede crier, filles de s'enfuir et de boucher leurs yeux! vous entendez bien, notre cher, en ouvrant un peu les doigts .—LaGa ité vous a rendu compte de notre voyage à Saint-Germain, mais elle ne vous a pas dit que je t-outins la foule qui auroitfort pressé Monseigneur le Chancelier. J'eus Thon-
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neur de le voir tout à mon aise ; il a le telrtt frais, Tœil vif et promet encore plusieurs année;? de vie. Le pauvre père Maimbourg a été chassé de chez les bons Pères ; le Roi ayant consenti que l'on donnât celte satisfaction au Pape : ce n'a pas été sans verser des larmes. Le Provincial ayant consulté l'affaire avec les principaux de la maison, on trouva à propos de lui signifier i[uil falloit sortir. « Oui, mes Pères, vous voulez que Je sorte, et moi je vous dis que je ne sortirai pas. » Cependant le sire ayant considéré que la résistance seroit vaine, a obéi ; cette obéissance lui coûte un peu plus qu'à un autre. Il sort d'une maison, à soixante-douze ans, dans laquelle son père a porté cent mille écus. Une affaire qui me vient de survenir m'empêche de vous en dire davantage, mais croyez que je suis toujoui-s à vous de tout mon cœur et que je ne perdrai jamais le souvenir des obligations que je \DUs ai. Adieu.
DE MAL CROIX. i31