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à ma place!...» Vient alors le récit des distraclioiis aux affaires, et cette partie de la correspondance n'est pas la moins curieuse. — Mais à tant d'occupations, graves et frivoles tour à tour, se sont ajoutées d'autres plus fastidieuses. Maucroix n'en a pas fini avec son procès. Lequel? je ne sais, mais vraisemblablement à propos de son prieuré de Cressy : (16 janvier) « Peste, si je gagne mon procès, que je serai aise ! et que je passerai bien mon temps ! Bientôt j'en aurai le cœur éclairci. On me donne de fort bonnes espérances: c'est toujours quelque chose ! »
Voici maintenant quelques nouveaux détails des travaux de l'assemblée, car elle est loin d'en avoir fini. Louis XIV avoit accepté la solution donnée par les évêques à la question de la Régale, par un édit du mois de janvier, que les prélats avoient signé et adressé au Pape avec une lettre respectueuse. Celle lettre, qui eut un si grand succès parmi les gallicans , étoit l'œuvre de l'archevêque de Reims, ou peut-être bien de Maucroix lui-même. Ecoutons le témoignage de celui-ci, la gloire de Charles-Maurice n'y perdra pas : (4 février) « Ce fut hier une rude journée pour nous; soir et malin nous fûmes assemblés, et tout cela dura près de huit heures. Notre prélat harangua très-magnifiquement une bonne heure entière, ensuite il lut une lettre qu'il a écrite au Pape au nom de l'assemblée, et puis un acte par lequel le clergé consent que la Régale soit introduite dans toutes les églises du royaume; tout cela fut extrêmement applaudi, et. Dieu aidant,
SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXXVIl
VOUS verrez un jour que ce n'est pas sans raison. Monseigneur l'archevêque de Reims a sans doute acquis beaucoup de gloire : ma foi ! le voilà à la têle du clergé sans couLredit ; d'autres peuvent avoir encore des partisans, mais la foule est pour nous ; nous! c'est-à-dire monseigneur notre Archevêque. Il est habile, sans doute, homme vif, d'un esprit pénétrant et droit, et d'un grand travail ; je l'ai vu quelquefois enfermé dix à douze heures. Sa peine n'a point été perdue, il en a recueilli les fruits fort délicieux!... »
Ces laborieuses séances avoient pour Maucroix quelques heures de répit , qu'il employoit , comme vous le devinez , avec une joie d'enfant : « J'ai campo! et ne fais œuvre de mes dix doigts! Je n'ai qu'à mettre ce qu'on a dit en bataille. C'est de l'ouvrage. Monsieur! Je retournerai tout cousu de pistoles : se sera la plus grande pitié du monde ! Dieu me pardonne, je pense que je reporterai des flambeaux d'argent ! ».... « Ah! elles me plumeront, ce dites-vous ! Eh bien, voilà pourtant, dès qu'on sait qu'un pauvre homme a quatre deniers, conjurations delous côtés contre sa bourse! Eh bien, il est vrai , j'ai mis ensemble quelque peu de monnoie : ne l'ai-je pas bien gagné ? et ne le gagné-jepas bien tous les jours ? Travailler soir et matin, toujours griffonner liélas ! On ne sait pas ce que l'argent coûte! à peine l'a-t-on, il y a de méchantes âmes qui ne pensent qu'à vous l'enlever ! Vous qui êtes de mes amis, trouvons un peu quelque tempérament à cela : n'y a-l-il pas moyen
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qu'elles se contentent de plumer mes canards , d'écailler mes brochets? Morbleu! j'apporterai une bourse à double cadenas, puis je me moquerai des traîtresses! »
Mais la réponse de Rome à l'acte du clergé gallican n'arrivoit point ; les impatients du parti poussoient aux violences. «La querelle des franchises, » dit Voltaire (justifiant ici la citation du testament Colbert), fit penser enfin que le temps étoit venu d'établir en France une Église catholique, apostolique, qui ne seroit pas romaine. Le procureur de Harlay et l'avocat-général Talon le firent assez entendre! » Ecoutons maintenant Maucroix, rendant compte à sa manière de la part qu'il prend à ces délibérations passionnées :
« Hier on donna trois nouvelles commissions, trois nouveaux bureaux établis, l'un pour la religion, le deuxième pour les mœurs, le troisième pour les réguliers. La morale s'en va être secouée comme il faut ! Adieu la probabilité ! j'ai pour ma part un moine sur l'assiette tous les jours! Dire que ce sera moi qui leur remettrai la tête dans leur capuchon !... Or ça, mettez la main à la conscience: quand vous me voyez pestant, reniflant, hélas! eussiez-vous cru que j'eusse su tant bien faire ? Ma foi, si l'on ne voit les gens en face, on ne sait ce qu'ils valent ! Tenez, je n'ai jamais cru cela non plus ; mais ils me disent : vous ferez bien ceci ! vous ferez bien cela ! Je dis comme cet homme à qui on vouloit persuader qu'il avoit fait de si belles cures : Vous dites, Messieurs , pour vos raisons,