‹ Œuvres diversesChapitre 105 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXXIX · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXXXIX

que je ferai cela comme un angel Pesle!— Celte commission, vous vous en acquitterez à merveille. Diantre soitl serois-je bien devenu habile sans y penser ! — Voici le fin , mon ami : nous autres gens du deuxième ordre, nous n'avons pas le mot à dire; nous avons des prélats habiles, intelligents, ([ui dirigent tout, et nous sommes là pour opiner doctement du bonnet. Sans vanité, je tiens là ma place aussi capable qu'un autre. Il y a pourtant parmi ce deuxième ordre des gens terriblement savants ! Mais revenons à nos cousines!... »

C'est que les jolies cousines de Reims et de Paris tiennent toujours une grande place dans la pensée de Monsieur le Secrétaire-général; mais sa participation aux attaques contre l'infaillibilité du Pape l'expose , il le sait , à quelques brouilles avec les dévotes : « Encore, pourvu que je ne sois pas aussi noir que charbon ! Patience ! nos cousines y prendront-elles garde de si près ? Elles voient bien des huguenots, des juifs , des turcs ; pensez que nous ne serons pas pis que tous ces gens-là ! Pour un peu d'excommunication, les voilà bien alarmées ! »

Puis dans cette petite correspondance, tous les propos se croisent: la Régale, les femmes, la politique, les spectacles et la littérature. Après un bruit de guerre qui menace nos frontières et qui seroit si fâcheuse pour nos bons chanoines de Reims, « qui auroient encore le déplaisir de voir ravager leurs dixmes, » le bon secrétaire ajoute : « Le Père Mainbourg , jadis jésuite , s'appelle maintenant M. Mainbourg : il a un grand chapeau, un beau

collet, manteau de drap de Hollande , long dMci à demain. Il le fait porter par un laquais jusque dans la chambre de Monsieur de Paris. Il vint hier présenter son dernier ouvrage à Monsieur de Reims. En vérité, son laquais lui prit la queue en descendant les degrés. — Voilà pour monsieur Pinguenet. »

Mais outre le regret de Reims, les ennuis de son procès et les fatigues du secrétariat, le séjour de Maucroix à Paris fut troublé par plusieurs rudes épreuves. Au premier rang, je mettrai la mort de Patru, que depuis sa jeunesse il aimoit presque à l'égal de La Fontaine et de Tallemant, et avec lequel il n'avoit cessé d'entretenir de très-intimes relations. On le sait, Patru avoit été le guide des premiers pas de Maucroix dans la carrière du barreau, et il n'avoit point tenu à cet illustre maître que notre auteur ne se fit une belle renommée au Palais.

Une tache cependant obscurcit sa gloire de fin appréciateur : on sait que Patru dissuada Boileau d'entreprendre VArt poétique , et La Fontaine de composer des fables. Malgré cette double erreur, qui auroit pu coûter à notre littérature deux de ses plus beaux monuments , Patru n'en conserva pas moins l'estime et la considération publiques. Richelet nous apprend une parlicularilé de sa vieillesse, qui peint la simplicité , la modération des goûts de Patru, et fait infiniment d'honneur à l'auteur du Lutrin. « Quand, à l'exemple du célèbre

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