‹ Œuvres diversesChapitre 107 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CXCIII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CXCIII

les sentiments de la plus vive affection. Mais grâce à son tempérament , vigoureusement trempé, Maucroix sortit de cette crise. La sérénité de son âme au milieu du danger et la résignation avec laquelle il avoil envisagé sa fui, n'enleva rien aux élans de sa joie, aux approches de la convalescence. Il avoit vu la mort sans effroi, il se remit avec transport à la vie. Les premières lettres qu'il écrit sont empreintes de ce double sentiment; mais la joie Temporle, et, avec le danger, s'évanouissent une à une les belles et saintes résolutions. « Mon cher, écrit-il le 24 mars à son ami Favart, le bon Dieu n'a point encore voulu de moi. Il me semble pourtant que j'étois bien résolu à faire le grand voyage. Je le prie, ce seigneur et maître de la vie et de la mort , quand ce sera tout de bon , car il faut que cela arrive , et le terme n'en sauroit êlre trop long, qu'il m'accorde les mêmes consolations que j'ai trouvées dans ce dernier péril. »

Puis dans une autre : « Je m'avance languissamment auprès de mon feu. Je vous écris pour avoir de la joie. Diriez-vous que la vanité ne m'a point quitté! en ce misérable état j'ai eu la hardiesse de me mirer! mais j'en ai été bien puni! Quel visage ! un nez effilé , les livrées de la mort sur toute la face! Hélas! mon cher, ce n'éloit pas la peine! Il faudra recommencer, et je n'avois plus besoin que d'un coup d'éperon pour êlre au but!... »

Mais ce qui montre la liberté d'esprit dont jouissoit notre poète au plus lorl de ses souffrances,

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