‹ Œuvres diversesChapitre 111 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CCIII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CCIII

et l'abbé Lempereur ; mais ni Maucroix , ni cette fois -ci l'administration ne s'y étoient mépris; l'abbé Lempereur, et avec lui , les deux tiers de la ville avoient été pris pour dupes. La Dame-Inconnue, démasquée, se trouva n'être qu'une maîtresse intrigante, u)ie vagabonde, une débauchée , une effrontée publique ; ce sont les termes de l'arrêt du 12 janvier 1683, «qui condamne Marie-Magdeleine Gaulier, native de Villane, en Savoie, soi-disant dame de la Singe, marquise de Châtillon, après une heure de carcan, au marché au blé, à être battue et fustigée de verges au carrefour de la Pierre-au- Change et delà Coulure, et marquée d'un fer chaud, empreint de fleurs de lis, à l'épaule droite, pour ensuite être bannie pour neuf ans des baillages de Vermandois et Vitry. »

Vers ce temps, et, je crois, pendant le séjour de Maucroix à Paris, se passa encore à Reims un fait d'une haute gravité, qui fit pareillement scandale. Il intéressoit l'abbaye de Saint-Etienne que dirigeoit toujours madame de Rambouillet. Je veux parler de l'histoire du père Roche, dont les dangereuses doctrines furent sévèrement réprimées, et pour, le détail desquelles nous renvoyons à VAda^ mite ou le Jésuite insensible, Cologne , 1682, pamphlet fort rare, il est vrai, attendu le soin qu'on a pris d'en supprimer les exemplaires.

Ce fut en cette année que Maucroix se démit de son prieuré de Cressy : voici à quelle occasion. De-

puis longtemps, les bâtiments du séminaire, réunis à ceux du collège des Bons- Enfants, menaçoient ruine, et le nombre des sujets que l'établissement fournissoit annuellement étoit insuffisant aux besoins du diocèse. Charles- Maurice obtint des lettres patentes pour l'érection et fondation d'une nouvelle maison ; mais comme, outre sa cotisation personnelle, il falloit des fonds, le prélat imagina d'éteindre les titres des bénéfices simples de son diocèse, et d'unir leurs revenus à ceux de son nouveau séminaire. Il y eut, par arrêt du parlement, enquête de commodo et incommodo. Les lettres patentes prononçant l'union sont du 4 septembre 1679.

Il y eut, comme on pense bien, des murmures et des réclamations, et j'ai bien l'opinion que le dernier procès de Maucroix n'avoit d'autre objet que ses résistances à l'union pure et simple de son prieuré. Voici ce qu'il nous apprend dans ses Mémoires : « Le 20 mars (1684), je passai procuration par devant Daillier, notaire à Reims, pour l'union de mon prieuré de Cressy au séminaire de Reims, à condition de jouir des fruits, ma vie durant. Le 24 juin, je fus assigné par-devant Mgr l'archevêque de Reims, à la requête de M. J. Callou, intendant dudit séminaire, pour donner mon consentement à ladite union; ce que je fis. » Cette solution, en le mettant désormais à l'abri des procès, lui enleva les ennuis de la propriété, toujours grands pour un homme comme Maucroix.

L'amitié qui n'avoit cessé d'exister entre Mau-

Page 1