SA VIE ET SES OUVRAGES. CCVII
fruits de nos veilles; comme il y a un volume sans poésies , et c'est le plus digne de vous être offert, j'ai cru que je devois vous confirmer ces hommages en une langue qui lui convient. Je vous offre donc encore une fois les traductions de mon ami, et au nom de leur auteur et au mien; car je dispose de ce qui est à lui comme s'il étoit à moi-même »
Le volume est en outre précédé d'un avertissement, et notre poète y revient sur sa publication en ces termes : « L'assemblage de ce recueil a quelque chose de peu ordinaire. Les critiques nous demanderont pourquoi nous n'avons pas fait imprimer k part des ouvrages si différents : c'est une ancienne amitié qui en est cause. Je ne justifierai donc point le dessein que nous avons eu.... »
En somme , le recueil comprenoit de La Fontaine des Fables, des Contes; PhiUmon et Baucis, les Filles de Minée, et une charmante idylle imitée de Tlîéocrite, intitulée Dciphnis et Alcimadure. De Maucroix : les Quatre Philippiques de Démosthénes, la Quatrième harangue de Cicéron contre Verres, et trois dialogues de Pialon : Eutipkron, Hippias et Euthydème.
A quelque temps de là, à travers les petits faits et les grands événements qui signalent cette époque (les démêlés de l'Académie et de La Fontaine avec Furelière, la révocation de l'édit de Nantes qui violente les consciences et qui réduit des Réaux à rabjuralion\ nous voyons Maucroix continuer son heureuse carrière semée d'incidents variés, de
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travaux sérieux et de piquantes distractions. Il conserve pour la société des femmes une passion qui, par le nombre de ses madrigaux et de ses épigrammes, nous sembleroit avoir été l'unique occupation de sa vie, et que, vu son âge , nous serions tentés de prendre pour de la folie. Mais cette galanterie, habituellement si peu convenable chez un vieillard, et qui cache parfois de si vilains défauts, n'a chez lui rien que d'aimable et de charmant, tant elle est restée de bon goût et le trait distinctif de ce caractère excellent.
« Est-ce là cette fille, écrit-il à mademoiselle Serment i, que l'on dit quia tant d'esprit? Mais si vous êtes si spirituelle, que ne deviniez-vous donc que je traduisois deux homélies, à la prière d'un de mes amis; que j'ai tout quitté pour cet ouvrage, et que voilà qui est fait! Au lieu de cela , je hâtis, vous avez bien trouvé votre bâtisseur ! » Puis se laissant entraîner à ses indiscrètes communications , notre homme s'en va dire de quelles profanes fantaisies il se distrait de la grave étude d'Astérius. « Voici, dit-il, une petite épigramme que j'ai faite cette nuit; elle est toute nouvelle, je vous en fais la première montre :
Pourquoi faire un si grand trophée De la conquête de Margot?
Vous n'êtes pas le premier sot Dont une sotte s'est coiffée !
« Vous me demanderez : Mais quelle part pre-
1 Le 10 septembre 1686.