SA VIE ET SES OUVRAGES. CCIX
nez-vous à celle Margol? Petite, moins que rieii ! Je ne suis pourtant pas fâché d'avoir égraligné ses amours ; c'est une sotte encore une fois ; elle pouvoit mieux choisir. Je lui trouvois de l'esprit, elle est de belle taille, bien faite ; vous avez beau dire, c'est une sotte, je vous assure ; ne m'en parlez plus, car je n'en veux plus entendre parler. »
Puis Maucroix cherche à s'excuser de son penchant pour les plaisirs mondains, et comme vaincu à l'avance par les reproches qu'il redoute, il s'écrie : « Vous me faites mourir, vous autres prudes! Vous purifiez trop toutes choses! Vous voulez que le bon vin soit sans lie! Mais je ne vous réformerai pas ! » — Ne sembleroit-il pas, à ces paroles, qu'il s'adressât à un dragon de vertu. Or, mademoiselle Serment (Louise-Anastasie) , sorte de bel- esprit du Dauphiné, étoit la muse dont s'inspiroit le sensuel Quinault. On raconte d'elle qu'en proie, quoique jeune encore, à de douloureuses infirmités, elle invoquoit la mort et s'éteignit en improvisant celte épigramme latine:
Neclare clausa suo
Dignum tantorum prelium lulit illa laborum.
Le poète Pavillon, qui la vit dans les derniers moments, lui laissa ce quatrain :
Ta muse, la personne, au delà l'onde noire, Éterniseront la mémoire:
L'amour en a fait le serment, Puisque Quinault est ton amant.
De la publication qu'il avoit faite en commun