I»IS
As-tu bien l'impudence De parler de pardon après ton insolence ?
Mais l'amour
IRIS
Mais l'amour ne sauroil l'excuser.
TIRCIS
Eh qnoi! mon repentir ne peut-il t'apaiser? J'embrasse tes genoux.
IRIS
Laisse-moi ; ton audace N'esl pas de ces forfails qu'un repentir efface.
TIRCIS
Eh bien ! puisqu'on ne peut émouvoir ta pitié, Je ne survivrai point à Ion peu d'amitié ; Je vais dans ce canal mettre fin à ma peine. Heureux, si mon trépas peut apaiser ta haine !
IRIS
Où vas-tu?
TIRCIS
Je m'en vais mourir et vous venger.
IRIS
Écoute Mais aussi falloit-il m'outrager?
Promets-moi de m'aimer d'une amitié plus sage. N'en fais-je pas assez? que veux-tu davantage? Je laisse en la faveur sommeiller mon devoir. Et je ferme les yeux de crainte de trop voir.
Iris, ma chère Iris, ma divine bergère, Que je me veux de mal d'avoir pu te déplaire ! Pardonne à mon transport ; je le donne ma foi Que jamais la vertu ne se plaindra de moi.
IRIS
Souviens-toi donc, berger, de garder la promesse, Et, si je te suis chère, épargne ma (oiblesse.
Voudrois-lu m'exposer aux mortels déplaisirs De m'êlre foUemenl livrée à les désirs? Ton respect me liera d'une chaîne plus forte, Et croîtra, s'il se peut, l'amour que je te porte. Levons-nous; un amant, le silence et les bois Sont trois grands ennemis à combattre à la fois.
TIRC1S.
Que crains-lu ? n'as-tu pas ma parole pour gage?
IRIS
Pour plus de sûreté, sortons de ce bocage.
ÉLÉGIE