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ODE

A M. PAÏRU.

Maintenanl que l'hiver désole les campaj^nes, Que la neige blanchil prés, forêls el monlagnes Et cache au laboureur l'espoir de ses moissons, Que les fleuves gelés sont durs comme des marbres,

Et qu'on voit aux branches des arbres

Pendre le cristal des glaçons,

N'épargne point le bois, et bien clos dans la chambre D'un feu continuel fais la guerro à Décembre. Oublie un peu la gloire et les soins de Thémis Assez de fois, Patru, ta fameuse éloquence

A sauvé la foible innocence

Des pièges de ses ennemis.

Pour moi, près d'un foy< r étinceîant de braise, Je lâche à composer une œuvre qui te plaise; C'est ce qu'à mes travaux je propose de prix : Mais aussi quelquefois ma fidèle mémoire

Eait céder tout penser de gloire

Au doux penser de mon Iris.

Elle occupe en mou cœur toujours la même piace ; Pour loutc aulre beauté mon cœur est lout de gîace, Mon Iris est toujours ce que j'aime ie mieux. Je me soumets sans peine au joug de eetle belle !

Patru, je ne puis aimer qu'elle ;

Elle seule plail à mes yeux.

Malheureux que je suis! pourq'.ioi i'ai-jc perdue? Que fais-je dans ces lieux, éloign-j de sa vue ; Que traîner à regret des jours pleins de langueurs? Qu'un amant est heureux, quelque mal qui ie presse,

Quand il meurt pour une maltresse,

Et lui peut dire : je me meurs ^ !

1 Dans ce triste séjour éloigné de sa vue, Du bien que j'ai perdu le souvenir me tue. Qu'il m'a déjà coûté de soupirs et de pleurs ! Ne dois-je jamais voir la fin de mon martyre ? Mourrai-je sans pouvoir te dire :

Iris, c'est pour toi que je meurs?

(Variante du Ms. de Reims.)

Gi

ÉPIGRAMME

Oui, c'est trop consulter sur un flessein fidèle,

Courons où le sort nous appelle;

El (lussions-nous perdre le jour,

Suivons dans ce péril extrême

L'ordre fatal de mon amour Qui m'attache à ses lois et m'arrache à moi-même.

STANCES

J'espérois d'en guérir, et qu'enfin la raison, Avec l'aide dn temps, chasseroil le poison

Dont la rigueur me tue; Mais, par un malheur sans égal, Plus contre ma douleur ma raison s'éverlue,

Plus s'irrite mon mal.

Héla^! combien encor dureront mrs ennuis r Combien dois-je passer encor de tristes nuits

DE MAICROIX. C5

î'ji ces cruels supplices?

Amour, que lu fais acheter Les plaisirs iuquiels et les courtes délices Que lu nous fais goûter 1

Pourquoi vous rendiez- vous sensible à mes soupirs ? Pourquoi de vos faveurs enivrer mes désirs, Pour être si volage?

Vos yeux, que j'éprouvai si doux, Mainlenanl si cruels, m'ont ôté le courage De soupirer pour vous.

AUTRE

Je ne suis pas grand astronome, Mais si Cloris sait son métier, J'ose assurer que le bonhomme Ne mourra point sans héritier.

AUTRE

Quoique je hante les saints lieux, Que je marche en baissant les yeux,

Comme un vrai lierceiettVapôlre, Si iiivoiilois, belle Psyché, Faire la moitié du péci:é.

Que de bon cœur je ferois l'aulreî

ÉPITRE '

A ASTIBEL.

Cher Aslibe], c'est fait de moi, L'archiduc est près de Rocroi, Qui jette partout l'épouvante Et mange nos chapons de rente.

On n'entend que battre tambours; Le guet est au haut de nos tours, Et ne vient piéton ni gendarme Qui ne fasse sonner l'alarme ; Nos bourgeois qui font les méchants, Sont tous armés jusques aux dents

l M. Walckenaer a,°je ne sais pourquoi, cousu cette épître à celle de Cassandre qui suit, dont elle est tout à fait distincte. A ce nom d'Astibel, le ms. de Reims porte en note les mots suivants : <•< Astibel, sage enchanteur, favorable à Amadis. » C'est le nom qu'à l'hôtel Rambouillet l'on donnoit à Tallemant. (Voir notre notice et celle de M. de Monmerqué, t. 10, p. 265.)

D'armes qui n'ont vn la lumière Depuis que sur notre frontière Mansfeld vint faire en tapinois Si belle peur aux Champenois.

Ces bourgeois pourtant, en parole, Sont résolus comme Barthole Et disent qu'il ne fuiroient pas Pour Jean de Vert et pour Galas.

Mais malgré toute leur vaillance, Je trouve, ma foi, que la France, Pour !e moins de ce côté-ci, N'est guère loin de Laiidrecy.

Heureux qui ne craint les saillies De Léopold ni de Garcies, Et qui n'a de quoi s'attrister Si l'on ne fait rien à Munster!

A quoi bon aussi celle guerre, Qu'à mettre tant de gens par terre, Que l'on envoie en paradis, Sans un pauvre de prof midis ?

Aussi liens-je quasi pour bêle Tout homme qui n'a qu'une tête, Et va l'exposer au canon.

Pour avoir quelque peu de nom ; Nom. qui ne sert pas de grand' chose, Quand on a la paupière close.

Et qu'on dor' en un méchant lit Que l'on appelle un ici-yît.

68 roÉsiES

ÉPITRE

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