XXVI II MAUCROIX
mable enfant, à qui notre poêle étoit chargé d'enseigner les belles choses : j'entends l'art de lire les auteurs et de les comprendre. « Elle avoil de l'esprit, ditTallemant , chanloit joliment, étoit de la plus fine taille qu'on pût voir, avoit les yenx admir rablement beaux. Avec tout cela ce n'étoit pas une grande beauté, mais à tout prendre, on ne pouvoit guère trouver une plus aimable personne. Elle n'avoit que quatorze ans, quand Maucroix , alors jeune avocat, suivant ou voulant suivré'le barreau , sentit qu'il avoit de l'inclination pour elle, et comme ce garçon est bien fait, a beaucoup de douceur et beaucoup d'esprit, et fait aussi bien des vers et des lettres que personne, à quinze ans, elle eut de l'inclination pour lui. »
Il nous reste un grand nombre de poésies de Maucroix qui portent l'empreinte de ce premier amour. La franchise que se sont toujours attribuée les poètes et dont, en particulier, jouissoit le jeune jurisconsulte dans la maison de Joyeuse, explique jusqu'à un certain point la liberté d'expression de quelques-unes de ces pièces. D'ailleurs il n'est pas bien certain que Maucroix fit la confidence au salon des inspirations qu'il puisoit dans les beaux yeux d'Henriette, ni surtout qu'il poussât l'ingénuité jusqu'à les livrer dans leur entier et telles qu'il les composoit. Voici par exemple deux couplets (sous la
1 Talleniant écrivoitceci en 1657; à cette date, Maucroix avoit trente-neuf ans; mais au temps qu'il rappelle (1640), Maucroix n'avoit que vingt-deux à vingt-trois ans.